mercredi 12 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2502691 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SAIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Saidi, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui restituer son passeport dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est entrée en France le 31 octobre 2018 et s'est pacsée avec un ressortissant français le 4 août 2020 ; elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 4 juillet 2022 dont la légalité a été reconnue par le tribunal administratif de Versailles le 8 novembre 2022 ; elle est désormais parent d'un enfant français ; elle a déposé sur le site de l'ANEF le 17 octobre 2023 une demande de titre de séjour mais son compte est bloqué ; lors de sa convocation, son passeport lui a été confisqué et elle a fait l'objet d'une assignation à résidence ;
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que la rétention de ces documents la prive de toute possibilité de régularisation et la prive de tous ses droits ;
- la mesure est utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Mme A B, ressortissante marocaine née le 3 août 1990, est entrée en France le 31 octobre 2018 et s'est pacsée avec un ressortissant français le 4 août 2020. Mme B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 4 juillet 2022 dont la légalité a été reconnue par le tribunal administratif de Versailles le 8 novembre 2022. Elle a déposé sur le site de l'ANEF le 17 octobre 2023 une demande de titre de séjour mais son compte est bloqué et lors de sa convocation, son passeport lui a été confisqué par décision du 4 juillet 2024 et elle a fait l'objet d'une assignation à résidence qui a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Versailles en date du 12 juillet 2024.
4. Il résulte de l'instruction que si la mesure d'assignation à résidence du 4 juillet 2024 prononcée par la préfète de l'Essonne a été annulée le 12 juillet 2024, la magistrate désignée n'a toutefois prononcée aucune mesure d'injonction à l'endroit de l'administration. Dans ces conditions, la demande de restitution soumise au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ferait obstacle, si la mesure sollicitée était prononcée, à l'exécution de la décision par laquelle la préfète de l'Essonne a exigé la remise à l'autorité administrative des documents d'identité et le passeport de la requérante. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, à la préfète de l'Essonne de mettre fin à la mesure de rétention des documents d'identité et de voyage de Mme B et de procéder à leur restitution ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au profit de Mme A.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Versailles, le 12 mars 2025.
Le juge des référés
signé
P. Fraisseix
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.