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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2502871

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2502871

mercredi 9 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2502871
TypeDécision
Avocat requérantFERHAT NAWEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de la société Lyon Urban Concept FL et de la SELARLU Martin qui demandaient d’enjoindre à l’Etablissement public foncier Ile-de-France (EPFIF) de signer l’acte de vente d’un bien immobilier préempté. Le juge retient l’incompétence de la juridiction administrative, estimant que le contrat de vente en cause, portant sur un bien du domaine privé, relève du droit privé et ne comporte pas de clauses exorbitantes ou d’objet de service public. En conséquence, la requête est rejetée, sans application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2025, et un mémoire complémentaire enregistré le 5 avril 2025, la société par actions simplifiée Lyon Urban Concept FL et la SELARLU Martin, représentées par Me Ferhat, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à l'Etablissement public foncier Ile-de-France (EPFIF) de signer l'acte authentique de vente suivant la décision de préemption du 13 décembre 2023, dans un délai de 15 jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'EPFIF la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative, et particulièrement le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est compétente pour connaître du présent litige ;

- les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies, en raison notamment de la situation financière de la société Lyon Urban Concept ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2025, l'Etablissement public foncier Ile-de-France, représenté par Me Moghrani (SELARL Centaure Avocats), conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des sociétés requérantes la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il oppose, à titre principal, l'irrecevabilité de la requête tirée de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du litige et soutient à titre subsidiaire que la mesure sollicitée se heurte manifestement à une contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 7 avril 2025, tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, Mme Marc a lu son rapport et entendu les observations de Me Malrin, substituant Me Ferhat, représentant les sociétés requérantes, qui persistent en leurs conclusions et moyens, et les observations de Me Lacoeuilhe, substituant Me Moghrani, représentant l'EPFIF, qui persiste en ses conclusions et moyens.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience publique, à 11 heures 47.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. L'Etablissement Public Foncier Ile-de-France (l'EPFIF) a reçu délégation, par la commune de Chilly-Mazarin, de l'exercice du droit de préemption urbain. Il a exercé son droit de préemption à la suite du dépôt par la société Lyon Urban Concept d'une déclaration d'intention d'aliéner auprès des services de la commune, par acte de commissaire de justice du 10 novembre 2023, concernant un bien immobilier situé au 82 Ter, rue de Gravigny, sur le territoire de cette commune. Toutefois, l'opération en cause n'a pas été suivie de la conclusion d'un contrat de vente avec la société Lyon Urban Concept FL, en dépit de la consignation de la somme convenue. Par suite, la société Lyon Urban Concept FL et la SELARLU Martin demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'EPFIF de procéder à la signature de l'acte de vente du bien immobilier ayant fait l'objet de l'exercice du droit de préemption.

3. Le contrat par lequel l'EPFIF est susceptible d'acquérir le bien immobilier en cause, lequel fait partie du domaine privé, constitue un contrat de droit privé alors même que ce contrat serait conclu à la suite de l'exercice, par ce dernier, du droit de préemption. A cet égard, il ne résulte d'ailleurs pas de l'instruction, et n'est ni établi ni même allégué, que le contrat en cause aurait pour objet l'exécution d'un service public ou comporterait des clauses qui, notamment par les prérogatives reconnues à la personne publique contractante dans l'exécution du contrat, impliqueraient, dans l'intérêt général, qu'il relève du régime exorbitant des contrats administratifs.

4. Le litige n'est pas, dès lors, au nombre de ceux qu'il appartient à la juridiction administrative de connaître, et notamment pas au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, la requête doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés requérantes la somme que demande l'EPFIF au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par la société par actions simplifiée Lyon Urban Concept FL et par la SELARLU Martin est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'EPFIF sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Lyon Urban Concept FL, à la SELARLU Martin et à l'Etablissement public foncier Ile-de-France.

Fait à Versailles, le 9 avril 2025.

La juge des référés,

signé

E. Marc

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2502871

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