jeudi 17 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2503039 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 18 mars 2025 et le 8 avril 2025, Mme B C représentée par Me Gall, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2025 par lequel la préfète de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande de protection internationale ;
2°) de l'admettre, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
3°) d'enjoindre à la préfète territorialement compétent de l'autoriser à solliciter l'asile en France et de lui délivrer un récépissé en qualité de demandeur d'asile dans les trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir et à titre subsidiaire, de prescrire à la préfète territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de cet examen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1500 euros HT en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de la décision litigieuse n'est pas établie ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 a été méconnu ;
- l'administration doit apporter la preuve du respect des règles fixées par l'article 5 du même règlement ;
- l'administration doit démontrer la réalité de la saisine des autorités espagnoles et de leur acceptation au regard des articles 18 et suivants du règlement 604/2013/UE du 26 juin 2013 ;
- la décision attaquée a méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
La requête a été transmise à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces au dossier le 10 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance de Villers-Cotterêts du 25 août 1539 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- la loi 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. G pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2025 :
- le rapport de M. G,
- les observations de Me Collet, avocat substituant Me Gall, représentant Mme B, assisté de M. E, interprète en langue peul. Il conclut aux mêmes fins que la requête. La preuve de la réception de la saisine des autorités espagnoles repose sur un document rédigé en langue anglaise et qui ne peut être exploité devant une juridiction française, en application de l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Il soutient que la préfète n'a pas pris en compte la situation personnelle et familiale de la requérante et que son arrêté porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Mme B apporte la preuve de sa vulnérabilité et de la présence régulière de son père et de ses frères et sœurs en France. La décision est ainsi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison du refus du préfet de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue par les dispositions du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
- la préfète de l'Essonne n'a été ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante mauritanienne, née le 4 avril 1994, a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, le 7 janvier 2025, auprès de la préfecture de l'Essonne. Dans le cadre de l'instruction de cette demande, la comparaison des empreintes digitales de l'intéressée au moyen du système " Eurodac " a révélé que l'intéressée avait franchi irrégulièrement les frontières espagnoles le 19 décembre 2024. Sollicitées par la préfète de l'Essonne d'une demande de prise en charge de Mme B le 9 janvier 2025, les autorités espagnoles ont donné leur accord le 7 mars 2025. Par un arrêté du 12 mars 2025, la préfète de l'Essonne a décidé de transférer l'intéressée à ces dernières. Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté du 12 mars 2025 du préfet de l'Essonne :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-PREF-DCPPAT-BCA-143 du 2 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 076 du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. A F, adjoint au chef du bureau de l'asile, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté
5. L'arrêté litigieux vise les textes dont il fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale de Mme B, ainsi que les éléments sur lesquels la préfète s'est fondé pour estimer que l'examen de sa demande de protection internationale relevait de la responsabilité de l'Espagne. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où la préfète est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment d'une attestation qu'elle a signée le 7 janvier 2025, que Mme D s'est vue délivrer, lors d'un entretien individuel réalisé le même jour, les deux brochures d'information dites " A " (" J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande d'asile ' ") et " B " (" Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie ' "). Ces documents constituent la brochure commune visée au paragraphe 3 de l'article 4 du règlement précité et contiennent l'intégralité des informations prévues au paragraphe 1 de cet article. Il ressort des mentions de l'attestation que les deux brochures lui ont été remises en langue française et dont le contenu a été porté à sa connaissance par un interprète de la société AFT-COM en langue peule que l'intéressée maitrise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement n°604/2013 doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé.
9. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a bénéficié d'un entretien individuel le 7 janvier 2025 conduit par un agent instructeur de la préfecture de l'Essonne. Le résumé de cet entretien, versé au dossier par la préfète de l'Essonne, retranscrit les déclarations de l'intéressée, notamment, sur sa situation de famille et son itinéraire et il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions dans lesquelles il s'est déroulé auraient privé l'intéressée de la possibilité de faire valoir toute observation utile ou n'auraient pas permis d'en assurer la confidentialité. Enfin, cet entretien a été conduit avec l'assistance d'un interprète de la société AFT-COM en langue peule que l'intéressée a reconnu comprendre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
10. Le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, a notamment créé un réseau de transmissions électroniques entre les Etats membres de l'Union européenne ainsi que l'Islande et la Norvège, dénommé " Dublinet ", afin de faciliter les échanges d'information entre les Etats, en particulier pour le traitement des requêtes de prise en charge ou de reprise en charge des demandeurs d'asile. Selon l'article 19 de ce règlement, chaque Etat dispose d'un unique " point d'accès national ", responsable pour ce pays du traitement des données entrantes et de la transmission des données sortantes et qui délivre un accusé de réception à l'émetteur pour toute transmission entrante. Selon l'article 15 de ce règlement : " Les requêtes et les réponses, ainsi que toutes les correspondances écrites entre Etats membres visant à l'application du règlement (UE) n° 604/2013, sont, autant que possible, transmises via le réseau de communication électronique " DubliNet " établi au titre II du présent règlement (). / 2. Toute requête, réponse ou correspondance émanant d'un point d'accès national () est réputée authentique. / 3. L'accusé de réception émis par le système fait foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse ".
11. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la réponse d'acceptation du ministère de l'intérieur espagnol en date du 7 mars 2025 que la France a saisi les autorités espagnoles selon la procédure exposée au point 10 le 9 janvier 2025 sous la référence 9930999912-50. Si ce document est rédigé en langue anglaise, le juge a la faculté et non l'obligation d'en exiger la traduction. Il peut dès lors, s'il s'en estime capable, se fonder directement sur les informations contenues dans un document écrit en langue anglaise. Par suite, il n'y a pas lieu d'écarter la correspondance rédigée en langue anglaise du 7 mars 2025 susmentionnée et de soutenir que la preuve de la saisine des autorités espagnoles et de leur acceptation de la prise en charge de Mme B n'était pas valablement rapportée.
12. Aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement n° 604/2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ". En vertu de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () " et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il résulte des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
14. Si Mme B soutient être affectée d'un stress post traumatique en raison de ses conditions de voyage et de sa rétention en Espagne, les éléments versés au dossier ne permettent toutefois pas d'établir qu'elle présenterait une situation de vulnérabilité exceptionnelle. Elle ne justifie pas davantage qu'elle ne pourrait pas bénéficier en Espagne d'une prise en charge et d'un suivi médical adaptés à son état de santé. Dans ces circonstances, la présence de son père et deux membres de sa fratrie, en situation régulière, en France n'apparaît pas nécessaire à son rétablissement, la requérante ayant par ailleurs indiqué que son époux et ses deux enfants résident dans son pays d'origine. Par suite, la préfète de l'Essonne n'a pas, en ne faisant pas usage de la possibilité, prévue par les dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 de faire examiner par la France la demande d'asile de Mme B, commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions. Pour les mêmes motifs, il n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 12 mars 2025 doivent être rejetées, ainsi que celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.
Le magistrat désigné,
signé
M. G Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503074
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A B, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 octobre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé. Il a également jugé que la décision ne méconnaissait pas les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2503029
Le Tribunal Administratif de VERSAILLES a rejeté la requête de M. D, ressortissant afghan, qui contestait un arrêté préfectoral du 31 janvier 2025 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens soulevés, notamment l'incompétence de la signataire, le défaut de motivation et le défaut d'examen de sa situation personnelle. Il a également jugé que la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'était pas applicable aux décisions d'obligation de quitter le territoire français, régies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme a été rejeté, le requérant n'apportant pas d'éléments suffisants démontrant un risque réel de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Afghanistan.
30/06/2025
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502884
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C, ressortissant malien, qui contestait l'arrêté du préfet des Yvelines refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen, estimant que l'arrêté était régulier et fondé sur les textes applicables, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de M. C, confirmant la légalité des décisions préfectorales.
30/06/2025