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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2503520

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2503520

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2503520
TypeOrdonnance
Avocat requérantSELARL CABINET D'AVOCATS N & N

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision d'invalidation du permis de conduire de M. B, prise par le ministre de l'intérieur le 30 janvier 2025. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier suffisamment de son activité professionnelle actuelle et de l'impact de la décision sur sa situation familiale. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2025, M. A B représenté par Me Nemeri demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions portant retraits de points sur son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 19 juillet 2024 et 20 mai 2024, ainsi que de la décision 48 SI du 30 janvier 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidation de son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car il est père d'enfants en bas âge qu'il doit transporter en voiture et coursier de formation et ne peut donc poursuivre son activité sans permis ;

- les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du Code de la route et L. 211-2 du code des relations entre l'administration et le public ainsi que celui tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur des infractions compte tenu de la cession de son véhicule sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 31 mars 2025 sous le numéro 2503519 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jauffret, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions portant retraits de points sur son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 19 juillet 2024 et 20 mai 2024, ainsi que de la décision 48 SI du 30 janvier 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidation de son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence, M. B fait valoir que l'exécution de la décision d'invalidation de son permis de conduire préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation dès lors qu'il est père d'enfants en bas âge qu'il doit transporter en voiture et coursier de formation et ne peut donc poursuivre son activité sans permis. Il se borne toutefois, pour justifier de sa profession, à produire un bulletin de salaire en tant que chauffeur livreur de 2022, lequel n'est pas susceptible d'attester de son activité professionnelle actuelle. Par ailleurs, il ne justifie pas de la situation familiale dont il se prévaut, ni, en tout état de cause, de ce que l'accompagnement de ses enfants imposerait l'utilisation d'un véhicule. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas d'une situation d'urgence de nature à justifier la suspension de la décision en litige, eu égard en particulier à la nécessité pour le juge des référés de tenir compte de l'intérêt public et en l'espèce des exigences liées à la protection de la sécurité routière. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu de rejeter la requête de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 1er avril 2025.

Le juge des référés,

signé

E. Jauffret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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