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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2504221

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2504221

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2504221
TypeOrdonnance
Avocat requérantPETIT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé suspension de M. B A, ressortissant colombien, qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la demande de titre de séjour, déposée via la plateforme "démarches simplifiées", était toujours en cours d'instruction et que le silence de l'administration n'avait pas fait naître une décision implicite de rejet. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir était irrecevable, rendant également irrecevable la demande de suspension fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête a été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions indemnitaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2025, M. C B A, représenté par Me Petit, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, ou tout autre autorité compétente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B A, né en 2006, de nationalité colombienne, est entré sur le territoire français le 10 octobre 2018 selon ses déclarations. Il a déposé une demande de titre de séjour le 19 juillet 2024. Par la présente requête, M. B A demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de l'Essonne sur sa demande de titre de séjour.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

5. Enfin, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ". Et aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B A a déposé une demande de titre de séjour le 19 juillet 2024 via la plateforme " démarches simplifiées ". Il ressort également de l'attestation de dépôt générée par cette plateforme que son dossier est "en construction ". Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B A aurait été mis en possession d'un récépissé, le silence de la préfète de l'Essonne sur sa demande de titre de séjour présentée le 19 juillet 2024 n'a pu avoir pour effet de faire naître une décision implicite de refus de titre de séjour pouvant être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir passé un délai de quatre mois à compter de sa demande en application des dispositions précitées au point 5. Il s'ensuit que le recours pour excès de pouvoir formé contre une telle décision, qui est inexistante, n'est pas recevable et que, par voie de conséquence, les présentes conclusions aux fins de suspension et d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B A ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.

Fait à Versailles, le 17 avril 2025.

La juge des référés,

signé

N. Boukheloua

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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