jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2002679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MONTIGNY DOYEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 20 août 2020, 22 mars et 12 mai 2022, M. C D et Mme A B épouse D, représentés par Me Doyen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2020 par lequel le maire de Soissons a interdit l'arrêt et le stationnement sur cinq mètres au droit du n°E ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Soissons une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué, dont la signature est par ailleurs illisible, de sorte que rien ne justifie qu'il s'agit de celle de l'adjoint au maire mentionné dans cet arrêté ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que l'interdiction d'arrêt et de stationnement est injustifiée et ne répond ni aux nécessités de la circulation, ni à la protection de l'environnement ;
- l'interdiction est discriminatoire ;
- l'arrêté attaqué n'est pas respecté par de nombreux riverains qui se garent à l'emplacement concerné.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 17 septembre 2020 et 8 avril 2022, la commune de Soissons conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Un mémoire présenté par M. et Mme D a été enregistré le 25 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Smyth, substituant Me Doyen, représentant M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 février 2020, le maire de la commune de Soissons a interdit sur cinq mètres l'arrêt et le stationnement au droit du E. Le 28 février 2020, M. et Mme D ont formé un recours gracieux contre cette décision. Par courrier du 13 mars 2020, un conseiller municipal délégué leur a indiqué que la ville entendait maintenir ce marquage au sol. Par la présente requête, M. et Mme D demandent l'annulation de l'arrêté du 20 février 2020.
Sur l'intérêt à agir de M. et Mme D :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D sont propriétaires de l'immeuble d'habitation, situé au F, devant lequel l'arrêté attaqué interdit l'arrêt et le stationnement sur une longueur de cinq mètres. Il ressort des pièces du dossier que cet arrêté n'a pas pour objet ou pour effet de réduire ou de faire obstacle à l'accès à la propriété de M. et Mme D. En outre, les requérants ne peuvent se prévaloir d'aucun droit à stationner sur la voie publique devant leur domicile. En se bornant à faire valoir qu'il est plus difficile de stationner devant leur résidence et qu'ils peuvent moins facilement procéder à des opérations de chargement ou de déchargement de leur véhicule, les requérants qui, au demeurant possèdent un garage et affirment dans leur recours gracieux qu'ils garent rarement leur véhicule devant leur domicile, ne font valoir aucune circonstance particulière de nature à leur conférer un intérêt à agir pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Soissons tirée du défaut d'intérêt à agir de M. et Mme D doit être accueillie. Leur requête doit donc être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Soissons, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. et Mme D de la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
4. La présente instance n'ayant pas entraîné de dépens, les conclusions en ce sens présentées par M. et Mme D ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme A B épouse D et à la commune de Soissons.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
L. Bazin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
T. Petr
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026