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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2103672

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2103672

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2103672
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantSCP GOSSARD - BOLLIET - MELIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Bolliet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la commune de Fretoy le Château de réaliser toute mesure provisoire indispensable à la mise en sécurité sans délai du mur en briques édifié en limite séparative de sa propriété et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de 15 jours à compter la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fretoy le Château une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée dès lors que le lierre implanté sur le terrain communal contigu du sien, exerce une poussée sur le mur séparatif de sa propriété qui menace de s'effondrer ;

- il convient de prévenir un tel dommage, dont il ne peut être sérieusement contesté qu'il sera imputable à l'absence d'entretien par la commune d'une plantation sur son terrain, en ordonnant à la commune de procéder à des travaux confortatifs de ce mur qui seront de nature à assurer la mise en sécurité.

Par un mémoire enregistré le 13 décembre 2021, la commune de Fretoy le Château, représentée par Me Gillet Hauquier, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le caractère d'urgence n'est pas avéré, dès lors que le déversement dont le mur est atteint depuis plusieurs années n'a connu aucune évolution, qu'il n'est pas établi par la seule expertise insuffisamment probante réalisée en 2018 que le lierre implanté sur sa propriété, et qui est régulièrement entretenu, aurait à lui seul un effet dommageable sur la stabilité du mur et que la reconstruction à l'identique du mur n'est pas au nombre des mesures conservatoires susceptibles d'être ordonnées en vertu de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En particulier le juge des référés, saisi dans ce cadre, peut pour prévenir ou faire cesser un dommage dont l'imputabilité à des travaux publics ou à un ouvrage public ne se heurte à aucune contestation sérieuse, enjoindre au responsable du dommage de prendre des mesures conservatoires destinées à faire échec ou mettre un terme à des dangers immédiats.

2. Pour demander au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la commune de Fretoy le Château de réaliser des travaux de mise en sécurité sur le mur de clôture dont il est propriétaire, M. B soutient que le déversement dont cet ouvrage en briques, situé à proximité de son habitation, est atteint sur six travées menace sa stabilité et qu'il est imputable au délitement de ses joints depuis plusieurs années par le lierre, implanté sur la propriété communale, qui s'y adosse. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, au regard des photographies versées au dossier et des constats du rapport de l'expertise amiable diligentée en 2018 au contradictoire de la commune dont le requérant se prévaut, et il est contesté, que le déversement frappant ce mur présenterait un caractère évolutif et serait susceptible de conduire à court terme à son effondrement, alors que la commune fait valoir en défense, sans être contredite, qu'elle assure périodiquement l'entretien et l'arrachement de cette plantation pour éviter sa prolifération. Par suite, M. B ne justifie pas que la situation qu'il invoque présente un caractère d'urgence. Au surplus, le requérant, qui a saisi la commune de demandes tendant à ce qu'elle prenne à sa charge le coût de la reconstruction de ce mur à l'identique, ce qu'il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner au regard de son office rappelé au point 1, ne précise pas les travaux d'une autre nature que ceux d'entretien et d'arrachage déjà effectués par la commune, qu'il entendrait voir réaliser à titre seulement confortatif pour prévenir, le cas échéant, l'aggravation des désordres.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, sans préjudice pour M. B de saisir de nouveau le juge des référés, s'il s'y croit fondé, en cas d'aggravation des désordres dont il se plaint.

4. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge de la commune de Fretoy le Château, qui n'est pas la partie perdante à l'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B le versement de la somme que la commune de Fretoy le Château demande au titre des mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fretoy le Château au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Fretoy le Château.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le juge des référés,

Signé :

C. Binand

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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