mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201225 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI MIEL MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2022, M. C B, représenté par
Me Moreau, demande au juge des référés :
1°) de prescrire une expertise sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en présence de la commune de Crépy et du Syndicat du bassin versant de la Serre Aval en vue de déterminer la nature et la cause des désordres affectant sa propriété et les moyens d'y remédier ;
2°) de condamner la commune de Crépy aux entiers dépens, en application de l'article
R. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner la commune de Crépy à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est propriétaire des parcelles 947, 648 et 927 sises 30 rue Paul Dangenne à Crépy (02870) ;
- un fossé profond de plusieurs mètres dans lequel devrait couler le ru dénommé " La Buzelle ", identifié comme cours d'eau par le syndicat de gestion de la serre aval se trouve sur la parcelle 0001 attenante et appartenant à la commune de Crépy ;
- la commune de Crépy est propriétaire des deux rives ;
- les jours de fortes précipitations le niveau des eaux monte considérablement et une pollution récurrente (eau de lessive) y est également présente ; ces eaux ruisselant directement vers le " fossé " ont provoqué l'effondrement partiel de la berge et déstabilisent son mur de clôture ;
- la situation se dégrade d'année en année, faute de travaux de consolidation des berges, malgré les quelques aménagements communaux qui sont demeurés inefficaces voire ont aggravé le dommage ;
- le mur de sa clôture s'affaisse, se fissure et menace ruine de sorte que son basculement dans son intégralité est à craindre ;
- il résulte de ce qui précède que la mesure d'expertise s'avère nécessaire pour déterminer la nature et l'origine des désordres relevés, les moyens d'y remédier et les préjudices subis.
Par un mémoire, enregistré le 20 avril 2022, le Syndicat du bassin versant de la Serre Aval, fait valoir qu'en qualité de riverain du cours d'eau la Buzelle, lequel est un cours d'eau non domanial, le requérant supporte une obligation d'entretien tant du lit et de la berge de ce cours d'eau en vertu de l'article L. 215-4 du code de l'environnement. Toutefois, afin de remédier aux insuffisances d'entretien imputables aux riverains, un programme d'action d'intérêt général est en cours d'élaboration.
Par un mémoire, enregistré le 14 juin 2022, la commune de Crépy représentée par
la SCP Cottignies Cahitte Desmet, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves, de débouter M. B de sa demande présentée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner le requérant aux dépens.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Christophe Binand, vice-président pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Les mesures d'expertise demandées par M. B entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux demandes présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les dépens :
5. Dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au président du tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-3 du code de justice administrative. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : M. A D exerçant 8 rue Pasteur à Villers-Côtterets (02600) est désigné en qualité d'expert et a pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux, à savoir 30 rue Paul Dangenne à Crépy (02870) après avoir convoqué les parties dans les conditions définies par l'article R. 621-7 du code de justice administrative ;
2°) se faire communiquer tous documents qu'il jugera nécessaires à l'accomplissement de sa mission et entendre tout sachant ;
3°) décrire les désordres affectant le mur de la propriété de M. B sise 30 rue Paul Dangenne à Crépy (02870) ;
4°) rechercher l'origine, l'étendue et la cause desdits désordres ;
5°) évaluer le coût des travaux de reprise propres à remédier aux désordres et à l'ensemble des préjudices subis par le requérant ;
6°) fournir tous les éléments permettant au juge du fond ultérieurement saisi de se prononcer.
Article 2 : L'expert, qui pourra s'adjoindre un ou plusieurs sapiteurs, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toutes les opérations, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert avertira les parties par lettre recommandée avec accusé de réception quatre jours au moins avant les opérations d'expertise.
Article 5 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe du tribunal en deux exemplaires dont un par voie électronique au plus tard pour le 31 mai 2023. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la commune de Crépy, au Syndicat du bassin versant de la Serre Aval et à M. A D, expert.
Fait à Amiens, le 21 septembre 2022.
Le juge des référés,
Signé :
C. BINAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201225