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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2201364

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2201364

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2201364
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantDORMIEU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2022, M. D B A, représenté par Me Dormieu, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision d'un montant de 2 576,93 euros au titre des arriérés de salaires dus pour ses emplois au centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin puis de Laon ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les salaires perçus au titre de la période comprise du mois d'août 2016 à décembre 2016, de janvier 2017, de mars à avril 2017, de juin 2017, de septembre 2017, de novembre 2017, de janvier à avril 2018, de juillet à août 2018, d'août 2019 à septembre 2019, de janvier à mars 2020, de juin à septembre 2020 et de septembre 2021 sont erronés ;

- sa créance est non sérieusement contestable.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut à ce qu'une somme de 2 267,27 euros soit versée à M. B A et au rejet du surplus de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de sécurité sociale ;

- l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

- le décret n° 2019-1534 du 30 décembre 2019 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 576,93 euros, à titre de provision. Il soutient qu'au titre de son activité professionnelle aux centres pénitentiaires de de Lille-Loos-Sequedin puis de Laon au titre de la période comprise du mois d'août 2016 à décembre 2016, de janvier 2017, de mars à avril 2017, de juin 2017, de septembre 2017, de novembre 2017, de janvier à avril 2018, de juillet à août 2018, d'août 2019 à septembre 2019, de janvier à mars 2020, de juin à septembre 2020 et de septembre 2021, il a été rémunéré à un taux inférieur à celui prévu par les dispositions du code de procédure pénale et que les cotisations sociales prélevées sur ses revenus d'activité ont été calculées de manière erronée.

Sur les conclusions tendant à l'octroi d'une provision :

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

3. D'une part, aux termes de l'article 717-3 du code de procédure pénale, applicable au litige : " () La rémunération du travail des personnes détenues ne peut être inférieure à un taux horaire fixé par décret et indexé sur le salaire minimum de croissance défini à l'article L. 3231-2 du code du travail. Ce taux peut varier en fonction du régime sous lequel les personnes détenues sont employées. ". Aux termes de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale : " Hors les cas visés à la seconde phrase du troisième alinéa de l'article 717-3, la rémunération du travail effectué au sein des établissements pénitentiaires par les personnes détenues ne peut être inférieure au taux horaire suivant : / 45 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les activités de production ; / 33 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour le service général, classe I ; / 25 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour le service général, classe II ; / 20 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour le service général, classe III. Un arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, détermine la répartition des emplois entre les différentes classes en fonction du niveau de qualification qu'exige leur exécution.() ".

4. D'autre part, aux termes de l'article D. 433-4 du code de procédure pénale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les rémunérations pour tout travail effectué par une personne détenue sont versées, sous réserve des dispositions de l'article D. 121, à l'administration qui opère le reversement des cotisations sociales aux organismes de recouvrement et procède ensuite à l'inscription et à la répartition de la rémunération nette sur le compte nominatif des personnes détenues, conformément aux dispositions de l'article D. 434. / Ces rémunérations sont soumises à cotisations patronales et ouvrières selon les modalités fixées, pour les assurances maladie, maternité et vieillesse, par les articles R. 381-97 à R. 381-109 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article R. 381-104 du code de la sécurité sociale : " Les cotisations, salariale et patronale, sont fixées au taux de droit commun du régime général. Elles sont assises sur le total des rémunérations brutes des détenus. ". Le taux de cotisation pour l'assurance vieillesse est fixée par l'article D. 242-4 dudit code. L'article R. 381-105 du même code précise que : " Lorsque le travail est effectué pour le compte de l'administration et rémunéré sur les crédits affectés au fonctionnement des services généraux, les cotisations, salariale et patronale, sont intégralement prises en charge par l'administration. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 381-107 du même code : " La part de cotisation à la charge du détenu est précomptée sur sa rémunération lors de chaque paie, sous réserve de l'application de l'article R. 381-105 ".

5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que lorsque le travail est effectué au titre des services généraux de l'établissement pénitentiaire, tant la cotisation pour l'assurance maladie et maternité que les cotisations, salariale et patronale, pour l'assurance vieillesse sont prises en charge par l'employeur. En revanche, lorsque le travail est effectué au titre d'une activité dite de production, seule la cotisation d'assurance maladie et maternité et la cotisation patronale pour l'assurance vieillesse sont prises en charge par l'employeur, à l'exclusion de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse qui reste à la charge de la personne détenue. La part salariale du taux de cotisation des assurances vieillesse et veuvage est fixée en application de l'article

D. 242-4 du code de la sécurité sociale à 6,90 % de la rémunération dans la limite du plafond prévu au premier alinéa de l'article L. 241-3, et à 0,35 % sur la totalité de la rémunération en ce qui concerne l'année 2016, et 0,40 % sur la totalité de la rémunération depuis le 1er janvier 2017.

6. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale : " Il est institué une contribution sociale sur les revenus d'activité et sur les revenus de remplacement à laquelle sont assujettis : 1° Les personnes physiques qui sont à la fois considérées comme domiciliées en France pour l'établissement de l'impôt sur le revenu et à la charge, à quelque titre que ce soit, d'un régime obligatoire français d'assurance maladie ; () ". Aux termes de l'article L. 136-2 du même code, dans sa rédaction applicable de l'année 2016 au 31 août 2018 : " I.- La contribution est assise sur le montant brut des traitements, indemnités, émoluments, salaires () Sur le montant brut inférieur à quatre fois la valeur du plafond mentionné à l'article L. 241-3 des traitements, () salaires, (), il est opéré une réduction représentative de frais professionnels forfaitairement fixée à 1,75 % de ce montant. () ". Aux termes de ce même article dans sa rédaction applicable à compter du 1er septembre 2018 : " I.-Pour le calcul de l'assiette de la contribution prévue à l'article L. 136-1 du présent code, les revenus bruts suivants bénéficient d'une réduction représentative de frais professionnels fixée à 1,75 % pour leur montant inférieur à quatre fois la valeur du plafond mentionné à l'article L. 241-3:/ 1° Les revenus d'activité, () II.-La contribution est établie sur l'assiette correspondant aux cotisations forfaitaires applicables aux catégories de salariés ou assimilés visées par les décrets pris en application de l'article L. 242-4-4, dans leur rédaction en vigueur à la date de publication de la dernière loi de financement de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article 14 de l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale, dans sa version applicable à compter du 1er septembre 2019 : " I.-Il est institué une contribution assise sur les revenus d'activité et de remplacement mentionnés à la section 1 du chapitre 4 du titre 3 du livre 1 du code de la sécurité sociale perçus par les personnes physiques désignées à ce même article. Cette contribution est soumise aux conditions prévues aux articles L. 136-1-1 à L. 136-4 du même code. () ". Ces dispositions sont rendues applicables aux rémunérations dues, sur le fondement des dispositions susmentionnées du code de procédure pénale, aux personnes détenues en contrepartie du travail qu'elles effectuent, par les articles 717-3, D. 366, et D. 433-4 du code de procédure pénale.

7. Enfin, en application des dispositions des articles L. 136-1-1, L. 136-2, L. 136-8 et

D. 242-2-1 du code de la sécurité sociale, la contribution sociale mentionnée à l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale s'élève pour les années 2016 et 2017 à 7,5%, et à compter du 1er janvier 2018, à 9,2% du montant brut des rémunérations, préalablement réduit de 1,75%, et, depuis le 1er janvier 2020, après exclusion de l'assiette de la contribution de 38 % des revenus concernés. Et en application des dispositions des articles 14 et 19 de l'ordonnance n° 96-50, la contribution prévue par l'article 14 de l'ordonnance n° 96-50 s'élève à 0,5% de ce montant, préalablement réduit de 1,75%.

8. Il résulte de l'instruction qu'au titre de la période comprise du mois d'août 2016 au mois de septembre 2020, M. B A a été affecté aux ateliers du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin et au centre pénitentiaire de Laon concernant le mois de septembre 2021. Conformément aux dispositions mentionnées ci-dessus de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale, sa rémunération brute ne pouvait être inférieure à 45% du taux horaire du salaire minimum interprofessionnel de croissance, lequel était en brut de 9,67 euros par heure en 2016, 9,76 euros par heure en 2017, 9,88 euros par heure en 2018, 10,03 euros par heure en 2019, 10,15 euros par heure en 2020 et de 10,25 euros par heure en 2021 pendant la période concernée. En application de l'ensemble des dispositions précitées du code de la sécurité sociale, du code de procédure pénale et de l'ordonnance du 24 janvier 1996, devaient être déduites de sa rémunération brute la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) selon les modalités et les taux indiqués précédemment, auxquelles s'ajoute, s'agissant d'un emploi aux ateliers, la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse.

En ce qui concerne l'année 2016 :

9. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant les mois d'août à décembre 2016, compte tenu du nombre d'heures travaillées tel qu'il résulte de bulletins de salaire, le salaire brut de l'intéressé, calculé sur la base d'un taux horaire égal à 45% du SMIC horaire brut, s'élevait pour les mois d'août à décembre de l'année 2016 respectivement à 139,2 euros, 461,1 euros 113,1 euros et 156,6 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé aux points 4 à 7, M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme de 118,17 euros en août 2016, 391,43 euros en septembre 2016, 244,97 euros en octobre 2016, 96,01 euros en novembre 2016 et 132,94 euros en décembre 2016. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de ces périodes, la somme totale qui lui était due pour l'ensemble des mois en litige pour l'année 2016 s'élève à 1 100,43 euros, au lieu de la somme de 766,70 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2016 s'élève à 333,73 euros.

En ce qui concerne l'année 2017 :

10. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant les mois de janvier, mars et avril, juin, septembre et novembre 2017, M. B A aurait dû percevoir une rémunération calculée sur la base d'un taux horaire au moins égal à 45 % du SMIC horaire brut, soit un taux horaire de 4,39 euros pour l'année 2017. Ainsi, compte tenu du nombre d'heures travaillées, le salaire brut de l'intéressé s'élevait pour les mois janvier, mars et avril, juin, septembre et novembre 2017, respectivement à 465,34, 430,22, 368,76, 263,4, 544,36 et 430,22 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé au point 4, M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme de 394,79 euros en janvier 2017, 365 euros en mars 2017, 312,86 euros en avril 2017, 223,47 euros en juin 2017, 461,84 euros en septembre 2017 et 365 euros en novembre 2017. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de ces périodes, la somme totale qui lui était due pour l'ensemble des mois en litige s'élève à 2 122,95 euros, au lieu de la somme de 1 090,92 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2017 s'élève à 1 032,03 euros.

En ce qui concerne l'année 2018 :

11. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant les mois de janvier à avril, juillet et août 2018, M. B A aurait dû percevoir une rémunération calculée sur la base d'un taux horaire au moins au moins égal à 45 % du SMIC horaire brut, soit un taux horaire de 4,446 euros pour l'année 2018. Ainsi, compte tenu du nombre d'heures travaillées, le salaire brut de l'intéressé s'élevait pour les mois de janvier à avril, juillet et août 2018, respectivement à 204,516 euros, 168,948 euros, 311,22 euros, 222,3 euros, 240,084 euros et 204,516 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé au point 4, M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme de

170,10 euros en janvier 2018, 140,51 euros en février 2018, 258,84 euros en mars 2018,

184,89 euros en avril 2018, 199,68 euros en juillet 2018 et 170,10 euros en août 2018. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de ces périodes, la somme totale qui lui était due pour l'ensembles des mois en litige s'élève à 1 124,11 euros, au lieu de la somme de 734,91 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2018 s'élève à 389,20 euros.

En ce qui concerne l'année 2019 :

12. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant les mois de juillet et août 2019, M. B A aurait dû percevoir une rémunération calculée sur la base d'un taux horaire au moins égal à 45 % du SMIC horaire brut, soit un taux horaire de 4,51 euros pour l'année 2019. Ainsi, compte tenu du nombre d'heures travaillées, le salaire brut de l'intéressé s'élevait pour les mois de juillet et août 2019, respectivement à 451 et 487,08 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé au point 4, M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme de 375,10 euros en juillet et 405,10 euros en août 2019. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de ces périodes, la somme totale qui lui était due pour l'ensemble des mois en litige s'élève à 780,20 euros, au lieu de la somme de 521,75 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2019 s'élève à 258,45 euros.

En ce qui concerne l'année 2020 :

13. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant les mois de janvier à mars, juin, août et septembre 2020, M. B A aurait dû percevoir une rémunération calculée sur la base d'un taux horaire au moins égal à

45 % du SMIC horaire brut, soit un taux horaire de 4,56 euros pour l'année 2020. Ainsi, compte tenu du nombre d'heures travaillées, le salaire brut de l'intéressé s'élevait pour les mois de janvier à mars, juin, août et septembre 2020, respectivement à 291,84, 401,28, 428,64, 269,04, 437,76 et 483,36 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé au point 4, M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme de 253,29 en janvier 2020, 348,28 euros en février 2020, 372,02 euros en mars 2020, 233,50 euros en juin 2020, 379,94 euros en août 2020 et 419,51 euros en septembre 2020. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de ces périodes, la somme totale qui lui était due pour l'ensemble des mois en litige s'élève à 2 006,54 euros, au lieu de la somme de 1 574,53 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2020 s'élève à 432,01 euros.

En ce qui concerne l'année 2021 :

14. Il résulte de l'instruction qu'eu égard à l'emploi, sur une activité de production, occupé par le requérant durant le mois de septembre 2021, M. B A aurait dû percevoir une rémunération calculée sur la base d'un taux horaire au moins égal à 45 % du SMIC horaire brut, soit un taux horaire de 4,61 euros pour l'année 2021. Ainsi, compte tenu du nombre d'heures travaillées, le salaire brut de l'intéressé s'élevait pour le mois de septembre 2021 à

58,78 euros. Toutefois, après retranchement des sommes dues au titre de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, de la CSG et de la CRDS conformément au principe rappelé au point 4,

M. B A aurait dû percevoir, au titre de son salaire net, une somme 51,01 euros en septembre 2021. Par suite, compte tenu des salaires effectivement perçus par l'intéressé au titre de cette période, la somme totale qui lui était due pour cette période s'élève à 51,01 euros, au lieu de la somme de 21,29 euros effectivement perçue. Par suite, la somme correspondant au reliquat des salaires non perçus durant l'année 2021 s'élève à 29,72 euros.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B A est fondé à soutenir que l'administration reste redevable, au titre de ses arriérés de salaire, de la somme de 2 475,15 euros, laquelle correspond à une créance non sérieusement contestable. Par suite, il y a seulement lieu de condamner l'Etat à lui verser une provision de ce montant.

Sur les frais liés au litige :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement combiné des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Etat versera à M. B A la somme de 2 475,15 euros à titre de provision.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B A, à Me Dormieu, et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Amiens, le 29 novembre 2022.

La juge des référés

Signé :

C. C

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2201364

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