lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203272 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2022, la préfète de l'Oise demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de Mme A D et tous occupants de son chef, occupants de l'appartement situé 4, rue du Maine, appartement 479, à Beauvais (60000) relevant du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) Coallia situé 172 avenue Marcel Dassault à Beauvais (60000) ;
2°) d'autoriser le concours de la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;
3°) d'autoriser la préfète à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du foyer Coallia afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de la famille D.
Elle soutient que :
- Mme D se maintient sans droit ni titre dans un logement mis à sa disposition par Coallia Beauvais dont les places sont strictement réservées à des demandeurs d'asile en cours de procédure ;
- les conditions tenant à l'urgence et à l'utilité de sa demande sont remplies.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 octobre 2022, Mme D, représentée par Me Pereira, conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient qu'elle a remis les clés du logement qu'elle occupait.
Par un mémoire enregistré le 7 novembre 2022, la préfète de l'Oise indique au tribunal que Mme D et ses enfants ont quitté le local relevant C qu'ils occupaient de manière indue.
Vu :
- la décision par laquelle Mme B a été désignée comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 7 novembre 2022 à 14 h, en présence de
Mme Grare, greffière, ont été entendus :
- le rapport de Mme Galle, juge des référés ;
- les observations de Me Pereira, représentant Mme D, qui reprend les termes de son mémoire.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / () / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Il résulte de ces dispositions que, saisi par l'autorité préfectorale d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête,
Mme D a quitté le local qu'elle occupait avec ses enfants relevant C géré par Coallia à Beauvais. Par suite, la requête de la préfète de l'Oise, tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion de Mme D et de ses enfants de ce lieu d'hébergement, a perdu son objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de la préfète de l'Oise.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et à Mme A D.
Copie en sera transmise à la préfète de l'Oise, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Amiens, le 7 novembre 2022.
La juge des référés,
Signé :
C. B
La greffière
Signé :
S. Grare La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220327