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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203885

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203885

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203885
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantMERIAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Meriau, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de certificat de résidence algérien l'autorisant à travailler, et ce dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 100 euros par jour de retard au titre des dispositions de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, passé un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour venu à expiration le 2 juin 2020, que le dernier des récépissés qui lui ont été délivrés est venu à expiration le 10 octobre 2022 et qu'il n'a reçu aucune réponse à ses démarches répétées tendant à son renouvellement ;

- il a besoin d'un récépissé afin de pouvoir justifier de la régularité de son séjour et faire valoir ses droits sociaux, et notamment continuer de percevoir l'allocation pour adulte handicapé dont le versement a été interrompu à partir du mois de novembre 2022 ;

- le délai d'instruction de sa demande est anormalement long dès lors que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration saisi de sa situation a rendu son avis aux services préfectoraux depuis le mois d'avril 2021 ;

- la mesure qu'il sollicite est utile dans la mesure où elle lui permettra de justifier de son droit au séjour et donc de mettre fin à la précarité sociale et économique dans laquelle il se trouve, faute notamment de pouvoir exercer une activité professionnelle.

Par un mémoire enregistré le 16 janvier 2023 la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que M. B est convoqué le 16 janvier 2023 pour se voir remettre un récépissé de demande de titre de séjour valable du 13 janvier 2023 au 12 avril 2023 et poursuivre l'instruction de sa demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 15 mai 1973 demande qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de statuer sur cette demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté, que, à la date de la présente ordonnance, la préfète de l'Oise a délivré à M. B un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour, valable jusqu'au 12 avril 2023, justifiant du caractère régulier de sa présence en France et l'autorisant à exercer une activité professionnelle et l'a invité en outre à porter à sa connaissance les éléments utiles à l'instruction de cette demande en lui remettant le formulaire prévu à cette fin. Aussi, la situation dont M. B se prévaut ne présente pas un caractère d'urgence justifiant, en tout état de cause, que le juge des référés fasse application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui doit être regardé comme la partie perdante, le versement à M. B d'une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. B sont rejetées.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.

Le juge des référés,

Signé :

C. Binand

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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