jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300011 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP LEBEGUE DERBISE |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n°2300011, enregistrée le 3 janvier 2023, Mme E B épouse D, représentée par Me Donnette demande au juge des référés, de :
1°) prescrire une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en présence du centre hospitalier universitaire Amiens Picardie et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, en vue de déterminer les conditions et conséquences de sa prise en charge par l'établissement de santé précité à compter du mois de février 2016 ;
2°) dire que l'expert pourra s'adjoindre tout sapiteur psychologue afin de quantifier le stress post-traumatique qu'elle a subi et le syndrome anxio-dépressif important qui nécessitent actuellement une prise en charge psychothérapique générée par les constantes douleurs subies depuis l'opération ;
Elle soutient que :
- elle a subi en urgence une coelioscopie en février 2016 au centre hospitalier universitaire Amiens Picardie qui a pratiqué une électro coagulation du mérosalphygien ; cette intervention a eu des conséquences dommageables ;
- le rapport d'expertise qui a été déposé par le professeur C n'a pas été, comme souvent lors des expertises de CCI, véritablement contradictoire et comporte des erreurs factuelles et d'analyse;
Par un mémoire, enregistré le 19 janvier 2023, le centre hospitalier universitaire Amiens Picardie, représenté par la SCP Lebègue Derbise, demande au juge des référés de rejeter la requête présentée par Mme E D au motif qu'elle sollicite ni plus ni moins une contre-expertise qui relève de la compétence des juges du fond.
Par un mémoire, enregistré le 23 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise a agissant par délégation de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aisne, informe le juge des référés de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande de nomination d'un expert et précise que si la responsabilité du centre hospitalier d'Amiens est retenue par le tribunal administratif d'Amiens, elle sollicitera le remboursement de ses débours augmentés de toutes dépenses ultérieures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné, M. Bertrand Boutou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Dans l'hypothèse où une telle expertise a déjà été ordonnée et que le juge des référés se trouve saisi d'une nouvelle demande portant sur le même objet, cette recherche porte sur l'utilité qu'il y aurait à compléter ou étendre les missions faisant l'objet de la première expertise. Si la nouvelle demande a en réalité pour objet de contester la manière dont l'expert a rempli sa mission ou les conclusions de son rapport, elle relève du tribunal administratif saisi du fond du litige, à qui il reste loisible d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, toute mesure d'instruction.
3. Il ressort des pièces du dossier que le président de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux a désigné le professeur A C, qui a examiné Mme D le 10 septembre 2018 et qui a rendu son rapport le 15 septembre suivant. Cette expertise a été diligentée dans le cadre d'une procédure contradictoire qui présente les mêmes garanties procédurales et a le même objet que celle engagée par la requérante dans le cadre de la présente instance. La requérante se borne à soutenir que cette expertise n'a pas été contradictoire, sans en apporter la preuve, et conteste les conclusions du rapport du 15 septembre 2018. Il appartiendra donc au tribunal administratif, s'il est saisi du fond du litige, de se prononcer sur ces critiques et d'ordonner tout supplément d'instruction s'il l'estime nécessaire. Il résulte de ce qui précède que la demande d'une nouvelle expertise ne présente pas, en l'état, de caractère d'utilité et doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E B épouse D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E B épouse D, au centre hospitalier universitaire Amiens Picardie, et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Le juge des référés,
Signé :
B. Boutou
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2300011