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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300380

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300380

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300380
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCRECY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée au greffe du tribunal le 7 février 2023, sous le

n° 2300380, M. B A, représenté par Me Crécy, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Seine Maritime en date du 29 janvier 2023 portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il indique :

- que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu'il a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son activité de gérant d'une entreprise unipersonnelle ne comportant d'autre salarié que lui-même alors que seul le bénéfice du sursis est susceptible de garantir le respect des dispositions de l'article

b13 de la CEDH ;

- qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée prise avant que le préfet n'ait été destinataire des résultats de l'analyse effectuée alors qu'il est seulement consommateur de CBD au vu des documents qu'il produit.

Par mémoire en défense enregistré le 1er mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il rappelle les circonstances de l'affaire dans le cas d'un contrôle routier effectué le

25 janvier 2023 ayant révélé, par dépistage salivaire, l'existence, chez le requérant, d'une consommation de stupéfiants justifiant la rétention de son permis de conduire à titre conservatoire puis la décision contestée de suspension pour une durée de 6 mois.

Il considère que l'urgence n'est pas établie eu égard à la gravité de l'infraction commise et la dangerosité de ce conducteur déjà verbalisé pour des faits de l'espèce outre diverses infractions pour excès de vitesse.

Vu la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2300381 enregistrée le 7 février 2023 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, dans les fonctions de juge des référés.

Les parties ayant été régulièrement convoquées à l'audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le

8 mars 2023 à 14 heures, en présence de Mme Grare, greffière ainsi que les observations de

Me Crécy et M. A ;

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à 14 heures 15.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ()". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : "La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l 'urgence de l'affaire".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte des pièces du dossier que, par décision en date du29 janvier 2023, le préfet de la Seine-Maritime a suspendu le permis de conduire d'un véhicule automobile de M. A. Si l'exécution de la décision litigieuse porte atteinte aux conditions d'exercice de l'activité de M. A, elle répond, d'une part, eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route commise par l'intéressé, a des exigences de sécurité routière. D'autre part, le requérant n'apporte pas, à l'appui de ses allégations, de justification de nature à établir le caractère indispensable pour l'exercice de son activité de la conduite, par lui-même, d'un véhicule automobile. Dès lors, la condition d'urgence laquelle doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie dans une situation où il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des contestations relatives à la matérialité d'une infraction au code de la route ainsi que la régularité de la verbalisation établie à la suite et alors que M. A n'a pas jugé utile d'amender son comportement alors qu'il avait déjà été sanctionné pour des faits de l'espèce de celle à l'origine de la suspension contestée. Par suite, les conclusions de la requête de M. A tendant à la suspension de la décision qu'il conteste doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Amiens, le 8 mars 2023.

Le magistrat désigné, La greffière ,

Signé : Signé :

G. Truy S. Grare

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300380

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