mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301635 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL GUEVENOUX-GLORIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2023, Mme C D représentée par Me Guevenoux Glorian, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, en présence du rectorat de l'académie d'Amiens et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, une expertise sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, en vue de déterminer les conséquences dommageables de la chute dont son fils A B a été victime le 9 février 2021 au sein de l'école Jules Verne à Amiens ;
2°) de condamner l'Etat à verser à Mme C D la somme de 2 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice moral pour résistance abusive ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat français la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise et honoraires d'expert.
Elle soutient que :
- son fils, A B, alors scolarisé au sein de l'école Jules Verne à Amiens a glissé le
9 février 2021 sur une plaque de verglas dans la cour de récréation ce qui lui a causé un traumatisme crânien et deux dents cassées ;
- aucune mesure n'a été mise en place pour remédier au danger alors que celui-ci avait été signalé antérieurement ;
- l'enfant a gardé de nombreuses séquelles physiques et psychologiques de cet accident ;
- la mesure d'expertise sollicitée présente un caractère d'urgence compte tenu de la charge financière importante résultant du coût des traitements qui demeurent en cours ;
- aucune faute de la victime susceptible d'exonérer l'Etat de sa responsabilité n'est établie, contrairement aux assertions du recteur de l'académie d'Amiens ;
- la mesure d'expertise sollicitée s'avère donc urgente, utile et nécessaire à la préservation de ses droits et de ceux de son enfant.
Par un mémoire, enregistré le 19 juin 2023, le recteur de l'académie d'Amiens demande au juge des référés de rejeter la demande présentée par Mme D.
Il est fait valoir que Mme D n'est pas recevable à saisir le juge des référés d'une mesure d'expertise sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative dont elle se prévaut, ni davantage d'un litige indemnitaire et qu'aucune circonstance particulière ne confère à la mesure d'expertise sollicitée un caractère d'utilité différent de celui que pourrait prononcer le juge du fond déjà saisi.
Par un mémoire, enregistré le 20 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise informe le juge des référés, de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande de nomination d'un expert.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. En premier lieu, Mme D demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner une mesure d'expertise afin de déterminer les conséquences dommageables de la chute dont son fils, A B a été victime à la suite d'une glissade sur une plaque de verglas, survenue dans la cour de récréation de l'école Jules Verne à Amiens le 9 février 2021 ainsi que les préjudices de tous ordres qui en ont résulté. Toutefois, les pièces se rapportant aux soins dentaires prodigués à son enfant à la suite de cet accident, sans aucune précision permettant d'apprécier les ressources et charges du foyer, ne suffisent à justifier ni de la situation d'urgence alléguée tenant à l'incapacité financière dans laquelle la requérante se trouverait à brève échéance d'assumer le coût de la prise en charge appropriée à l'état de santé de son enfant non remboursé par les organismes de sécurité sociale, ni de l'utilité particulière que cette mesure d'expertise serait susceptible de présenter par rapport à celle pouvant être ordonnée par le juge du fond qu'elle a saisi d'une requête indemnitaire tendant à ce que l'Etat soit condamné à réparer l'entier préjudice causé par cet accident. Par suite, les conclusions qu'elle présente à fin d'expertise doivent être rejetées.
5. En second lieu, ainsi qu'en disposent les dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative rappelées au point 1, le juge des référés n'est pas saisi du principal et ne peut statuer que par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires de la requérante, qui tendent à voir la responsabilité de l'Etat engagée, ne sont pas au nombre de celles qui peuvent être présentées au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, en ce compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles relatives à la mise à la charge de l'Etat des dépens de la présente instance.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D, à la caisse primaire d 'assurance maladie de l'Oise et au recteur de l'académie d'Amiens.
Fait à Amiens, le 3 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé :
C. BINAND
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N2°2301635