mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304195 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | VERFAILLIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2023, M. A D, représenté par Me Verfaillie, demande au juge des référés, de :
1° prescrire une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en présence du centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens Picardie et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise en vue d'évaluer à la suite de sa consolidation, son exact et définitif préjudice lié à l'accident médical dont il a été victime ;
2° dire que l'expert pourra se faire assister d'un sapiteur en cas de nécessité ;
3° de toutes les observations et conclusions, rédiger un rapport qui sera déposé au greffe du tribunal administratif d'Amiens pour être ensuite statué ce qu'il appartiendra ;
4° réserver les éventuels dépens.
Il soutient que :
- son état de santé est désormais consolidé comme l'indique le certificat médical produit aux débats ;
- la mesure d'expertise sollicitée est utile afin que soit évalué à la suite de sa consolidation, son exact et définitif préjudice lié à l'accident médical dont il a été victime en 2013.
Par un mémoire, enregistré le 21 décembre 2023, le centre hospitalier universitaire Amiens Picardie, représenté par la SCP Lebègue Pauwels, demande au juge des référés, de lui donner acte de ce qu'il ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée par le requérant, de compléter la mission de l'expert telle que demandé dans le corps des présentes, et dire que l'expert ne devra pas convoquer les parties tant que le relevé des débours de l'organisme social ne lui aura pas été fourni et diffusé contradictoirement.
Par des mémoires, enregistrés les 3 janvier 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise informe le juge des référés, qu'elle ne s'oppose pas à la demande de désignation d'un expert, et qu'il n'y a pas lieu d'enjoindre à l'expert de solliciter la communication du relevé de créance avant les opérations de l'expertise, que l'expert convoquera les parties et sollicitera le jour de l'expertise auprès de son médecin conseil, les éléments complémentaires qui s'avéreraient nécessaires au bon accomplissement des opérations d'expertise, conformément à l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Par une décision du 22 novembre 2023, M. A D a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
La présidente du tribunal a désigné, M. Bertrand Boutou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Les mesures d'expertise demandées par M. A D sont utiles et entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de production du relevé de ses frais et débours par la caisse primaire d'assurance maladie :
3. En l'état de l'instruction, la production du relevé détaillé des débours et frais médicaux de la caisse primaire d'assurance maladie ne présente pas un caractère d'utilité eu égard à la mission de l'expert telle que fixée par la présente ordonnance. Il appartiendra à l'expert de la solliciter, s'il l'estime nécessaire. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à la communication de ce relevé.
Sur la demande de désignation d'un sapiteur :
4. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander à la présidente du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.
Sur les dépens :
5. Dans le cas d'une expertise ordonnée en référé, il appartient au président du tribunal de désigner, par ordonnance, la partie qui assumera la charge des frais et honoraires en application du premier alinéa de l'article R. 621-3 du code de justice administrative. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur B C exerçant service de chirurgie digestive groupe hospitalier Saint Joseph - 185 rue Raymond Losserand à Paris (75014) est désigné pour procéder, en présence de M. A D, le centre hospitalier universitaire
Amiens-Picardie, et la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à une expertise médicale à l'effet de :
1°) Se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de sa mission, procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. A D ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de M. D et dire si son état de santé est consolidé et à quelle date ;
3°) donner tous éléments permettant au tribunal d'apprécier la nature et l'étendue des préjudices résultant de l'accident médical dont a été victime M. D en les distinguant de son état antérieur et des préjudices qui pourraient résulter d'autres éléments ;
4°) déterminer les préjudices éventuels résultant de l'accident médical dont a été victime M. D, à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes, et en particulier :
A) Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) : perte de gains professionnels futurs, incidence professionnelle, préjudice scolaire, universitaire ou de formation, dépenses de santé futures, assistance par tierce personne ;
B) Préjudices extra-patrimoniaux permanents (après consolidation) : déficit fontionnel permanent, préjudice d'agrément, souffrances endurées préjudice esthétique en les évaluant sur une échelle de 1 à 7, préjudice sexuel, préjudice d'agrément ;
5°) Fournir, de manière générale, au tribunal tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur un éventuel recours en responsabilité et s'il y a lieu, faire toutes autres constatations nécessaires.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires dont un par voie électronique, dans les six mois suivant la notification de la présente ordonnance dont, en application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies seront notifiées aux parties par l'expert. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 4 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par la présidente du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, au centre hospitalier universitaire Amiens Picardie, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, et au docteur B C, expert.
Fait à Amiens, le 21 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé :
B. Boutou
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2304195