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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2304258

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2304258

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2304258
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. A..., professeur des universités-praticien hospitalier, qui contestait la décision du directeur de l'UFR de médecine de l'université de Picardie Jules Verne lui retirant la présidence de la commission locale de coordination de la spécialité d'urologie. Le requérant soutenait notamment que cette décision constituait une sanction déguisée, insuffisamment motivée, et entachée d'erreur de droit et de détournement de pouvoir. Le tribunal a jugé que les éléments invoqués par M. A... ne permettaient pas d'établir le caractère de sanction déguisée, rendant inopérant le moyen tiré du défaut de motivation. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes, sur le fondement des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et R. 632-14 du code de l'éducation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 décembre 2023 et 7 mars 2025, M. B... A..., représenté par l’AARPI Quennehen et Tourbier, demande au tribunal :

d’annuler la décision du 20 juin 2023 par laquelle le président de l’unité de formation et de recherche (UFR) de médecine de l’université de Picardie Jules Verne lui a retiré la présidence de la commission locale de coordination de la spécialité d’urologie pour la subdivision d’Amiens, ensemble la décision du 12 septembre 2023 par laquelle le directeur de l’UFR de médecine de l’université a rejeté son recours gracieux ;

de mettre solidairement à la charge de l’université de Picardie Jules Verne la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d’une erreur de droit au regard des dispositions de l’article
R. 632-14 du code de l’éducation ;
- elle sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elles constituent une sanction déguisée ;
- elle sont entachées d’un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, le président de l'université de Picardie Jules Verne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

La requête a été communiqué à M. D... C..., qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- l’arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Cousin, première conseillère,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Niquet, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., exerçant en tant que professeur des universités-praticien hospitalier au sein du service d’urologie - transplantation du centre hospitalier régional d’Amiens, avait été nommé coordonnateur de la commission locale de coordination de la spécialité pour l’urologie pour l’unité de formation et de recherche (UFR) de médecine de l’université de Picardie Jules Verne. Par une décision du 20 juin 2023, le directeur de cette UFR l’a informé du retrait de cette nomination, ainsi que de son remplacement à cette fonction par M. C..., praticien hospitalier et chef du service d’urologie - transplantation. Par un courrier du 12 juillet 2023, M. A... a alors exercé un recours gracieux auprès du président de l’université de Picardie Jules Verne. Ce recours a donné lieu à une décision de rejet du directeur de l’UFR de médecine du 12 septembre 2023. Par la présente requête, M. A... demande au tribunal l’annulation de ces deux décisions.

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / (…) /2° Infligent une sanction (…) ».

Si le requérant se prévaut de difficultés qu’il aurait rencontrées par le passé au sein du service d’urologie-transplantation pour la programmation d’un patient au bloc ou de tensions au sein du management médical du centre hospitalier régional d’Amiens, ces éléments ne sont pas de nature à établir que les décisions contestées constitueraient une sanction déguisée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation sur le fondement du 2ème alinéa de l’article L. 211-2 précité est inopérant et doit, dès lors, être écarté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 632-14 du code de l’éducation : « Il est institué pour chaque spécialité mentionnée à l'article R. 632-17 au niveau de la subdivision : /1° Une commission locale de coordination de la spécialité chargée de s'assurer du respect de la formation suivie par l'étudiant et de son accompagnement à l'appui, notamment, du contrat de formation mentionné à l'article R. 632-26./ Elle assure la coordination des enseignements et le contrôle des connaissances avec le collège des directeurs des unités de formation et de recherche (UFR) qui comprend, le cas échéant, le collège des directeurs d'UFR de pharmacie. / Elle élabore des propositions relatives à l'organisation des enseignements et à l'évaluation de la formation de la spécialité concernée et les transmet à la commission régionale de coordination de la spécialité mentionnée à l'article R. 632-13. / Elle est présidée par un coordonnateur local et comprend, notamment, des représentants étudiants. Sa composition, les modalités de désignation de ses membres ainsi que son fonctionnement sont définis par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé ; / 2° Un coordonnateur local dont la désignation et les missions sont définies par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. /Les missions des commissions et des coordonnateurs mentionnés aux 1° et 2° sont définies par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. ». Aux termes de l’article 11 de l’arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle de études de médecine : « Conformément à l'article R. 632-14, il est institué une commission locale de coordination de la spécialité au niveau de la subdivision. / I. - Composition : Elle comprend : / 1° Le coordonnateur local de la spécialité, président (…). / 2° Deux autres personnels enseignants et hospitaliers titulaires ou enseignants titulaires pour la médecine générale dont un d'une autre spécialité, nommés par le directeur d'unité de formation et de recherche ; (…) /3° Un représentant de la spécialité, désigné par le conseil régional de l'ordre des médecins, pour le suivi des étudiants en phase de consolidation ; / (…)/ Nomination : / Les membres sont nommés par le directeur d'unité de formation et de recherche de médecine ou le président du comité de coordination des études médicales de la subdivision en cas de pluralité d'unité de formation et de recherche de médecine et du directeur de l'unité de formation et de recherche de pharmacie, le cas échéant, sur proposition de la commission régionale de coordination de la spécialité. / Le coordonnateur local et les coordonnateurs adjoints sont nommés parmi les enseignants de la spécialité concernée. / (…) / Les membres de la commission sont nommés, pour une durée de cinq ans, à l'exception du représentant étudiant nommé pour un an. /(…)/ ».

Par la décision attaquée du 20 juin 2023, confirmée sur recours gracieux le 12 septembre 2023, M. A... s’est vu retirer la présidence de la commission locale de coordination de la spécialité, en application des dispositions citées au point précédent. Si le requérant soutient que la nomination de son successeur est entachée d’illégalité, ses conclusions tendent exclusivement à l’annulation des décisions susmentionnées des 20 juin 2023 et 12 septembre 2023. Dès lors, M. A... ne peut utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article R. 632-14 du code de l’éducation à l’encontre de la décision de nomination de son successeur, laquelle est distincte et divisible des décisions de retrait de fonctions qu’il a entendues déférer au tribunal.

En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision de retrait de la nomination du requérant en qualité de président de la commission locale de coordination de la spécialité est motivée, d’une part, par son absence aux réunions et aux commissions d’évaluation des besoins, d’adéquation et de répartition, et aux commissions d’agrément chargées de proposer à l’agence régionale de santé des terrains de stage susceptibles d’accueillir les internes en formation et, d’autre part, par son implication insuffisante en matière d’encadrement et de formation des internes pendant leur stage ou à l’occasion de leur passage de thèse ou de la rédaction de leur mémoire. Si M. A... fait valoir que ces allégations ne sont étayées par aucun élément et s’il a versé au dossier des comptes-rendus de réunions de la commission de coordination régionale et de réunions de la commission de coordination locale auxquelles il était présent, ces pièces ne permettent pas d’établir qu’il a bien participé aux commissions d’évaluation des besoins, d’adéquation et de répartition et aux commissions d’agrément mentionnées dans les décisions litigieuses. Par ailleurs, M. A... ne conteste pas sa faible participation aux jurys de thèse des internes. Enfin, il produit peu d’éléments concernant l’encadrement pédagogique des internes, beaucoup d’entre eux étant postérieurs aux décisions litigieuses. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le président de l’UFR de médecine aurait entaché ses décisions retirant à M. A... la présidence de la commission locale de coordination de la spécialité d’une erreur manifeste d’appréciation.

En quatrième et dernier lieu, comme exposé au point 3, le requérant n’établit pas que les décisions contestées constitueraient une sanction déguisée. De même, il n’établit pas que ces décisions seraient entachées d’un détournement de pouvoir. Dès lors, ces deux moyens doivent être écartés.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. A... doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



































D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à M. D... C... et à l'université de Picardie Jules Verne.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Lebdiri, président,
M. Richard, premier conseiller,
Mme Cousin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2021.



Le président,


signé

S. Lebdiri





La rapporteure,


signé

C. Cousin

La greffière,


signé


A. Ribière

La République mande et ordonne à l'université de Picardie Jules Verne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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