lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400882 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PEREIRA EMMANUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'ordonner à la préfète de l'Oise, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enregistrer sans délai sa demande de naturalisation ;
2°) de condamner l'Etat à verser à son avocat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions du 13 mars et 22 septembre 2023 ayant classé sans suite sa demande de naturalisation préjudicient gravement à sa situation, dès lors qu'elles ne lui permettent pas de postuler à des emplois de la fonction publique ;
- ces circonstances créent une situation d'urgence, dès lors que sa demande de naturalisation, complète, a été déposée en 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Les demandes successives de naturalisation de Mme B ont été classées sans suite par des décisions de la préfète de l'Oise du 13 mars 2023 puis du 22 septembre 2023, laquelle a fait l'objet d'un recours gracieux présenté le 13 octobre 2023 et qui a également été implicitement rejeté. Dans ces conditions, il appartient à l'intéressée, si elle s'y croit fondée, soit de contester le sens de ces décisions, soit de déposer une nouvelle demande de naturalisation. Par suite sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise d'enregistrer sa demande de naturalisation, outre qu'elle serait nécessairement de nature à faire obstacle, si elle était satisfaite, à l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative s'est déjà prononcée sur cette demande, ne présente manifestement pas de caractère d'utilité.
3. Il résulte de ce qui précède que Mme B que les conclusions qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées par application des dispositions de l'article L. 522-3. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Amiens, le 18 mars 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.