mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400885 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, M. B A, représenté par Me Guillou, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à l'office français de l'immigration et de l'intégration de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial au profit de son épouse, sous astreinte de 20 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande présente un caractère d'urgence, dès lors que sa demande de regroupement familial a été réceptionnée par l'administration le 19 décembre 2023, que les démarches qu'il a réalisées afin d'obtenir l'attestation qu'il sollicite sont restées sans réponse, qu'il souhaite s'établir sur le territoire français avec son épouse et que l'éloignement avec cette dernière porte atteinte à leur vie privée ;
- la mesure qu'il sollicite est utile, dès lors que l'attestation de dépôt permet d'établir la réalité de sa demande de regroupement familial et fait courir le délai de recours à l'issue duquel il pourra contester l'éventuelle décision implicite de rejet de l'administration ;
- il a produit les pièces nécessaires à l'instruction de sa demande de regroupement familial ;
- la mesure qu'il sollicite ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration a été mis en demeure de produire ses observations par un courrier du 17 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. En second lieu, la requête de M. A a été communiquée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui, mis en demeure de produire ses observations par un courrier du 17 avril 2024 rappelant les dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, n'a pas produit d'observations. Il s'ensuit que l'Office français de l'immigration et de l'intégration est réputé avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par le requérant, qui soutient avoir transmis l'ensemble des documents nécessaires à l'instruction de sa demande de regroupement familial, ce qui n'est par ailleurs contredit par aucune pièce du dossier.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer ".
5. Compte tenu de ce que la demande de M. A a été réceptionnée par l'administration le 19 décembre 2023 et du délai d'instruction déjà écoulé, ainsi que du défaut de réponse de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le requérant justifie de l'urgence et l'utilité de la mesure qu'il demande au juge des référés de prononcer. Enfin, la délivrance d'une attestation de dépôt de demande de regroupement familial ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration la délivrance à M. A de l'attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial prévue par les dispositions de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de délivrer à M. A l'attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Amiens, le 10 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
" signé "
S. Thérain La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.