jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401217 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | STEPIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Stepien, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner au maire de la commune de Chantilly, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui communiquer l'ensemble des documents relatifs à sa carrière et sollicités aux termes des demandes qu'elle a présentées les 31 janvier et 12 mai 2023, dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner au maire de la commune de Chantilly de procéder à la rectification de sa carrière auprès de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), sous les mêmes conditions de délais et d'astreinte;
3°) d'ordonner au maire de la commune de Chantilly de communiquer à la CNRACL son dossier de retraite, sous les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Chantilly une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie, dès lors que l'absence de communication des documents qu'elle sollicite l'empêche de faire valoir ses droits à la retraite et la prive de ressources financières suffisantes pour faire face à ses charges quotidiennes, alors qu'elle est placée à la retraite depuis le 1er janvier 2022 ;
- les mesures qu'elle sollicite sont utiles, dès lors qu'elle a sollicité en vain ces documents ainsi que la communication de son dossier à la CNRACL auprès de la commune de Chantilly ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. En premier lieu, par des courriers des 12 avril et 17 juillet 2023, le maire de la commune de Chantilly a, d'une part, procédé à la communication d'une partie des documents relatifs à la carrière de Mme A sollicités par l'intéressée, et, d'autre part, indiqué qu'il n'était pas en mesure de faire de même s'agissant d'une autre partie de ces documents. En admettant même que certains des documents réclamés par la requérante n'auraient été ni visés ni communiqués aux termes de ces décisions, le maire de la commune de Chantilly n'en a pas moins implicitement mais nécessairement opposé une décision de refus de communication au surplus de ses demandes, et notamment celles portant sur les documents visés en dernier lieu par son courrier du 12 mai 2023. Dans ces conditions, les conclusions de l'intéressée tendant à ce que soit ordonnée la communication de ces documents ont manifestement pour objet et auraient nécessairement pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette dernière décision administrative.
3. En deuxième lieu, il en va de même des conclusions par lesquelles Mme A demande à ce que soit ordonné au maire de la commune de Chantilly de procéder à la rectification des éléments récapitulant la carrière de l'intéressée auprès de la CNRACL, dès lors que, par ses décisions évoquées ci-dessus des 12 avril et 17 juillet 2023, le maire de la commune de Chantilly a expressément refusé de faire droit à cette demande.
4. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la commune a fait parvenir le 10 août 2022 à Mme A un formulaire de demande de liquidation de pension à renvoyer complété par ses soins, auquel l'intéressée a répondu par un courrier du 28 novembre 2022 aux termes duquel elle contestait les éléments récapitulatifs de sa carrière, lequel a d'ailleurs donné lieu aux décisions de rejet évoquées au point précédent. Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction que la requérante ait donné suite à la proposition de la commune de Chantilly, résultant de son courrier du 17 juillet 2023, de transmettre son dossier de pension de retraite à la CNRACL si l'intéressée le demandait. Dans ces conditions, la demande de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de la commune de Chantilly de procéder à cette transmission, à laquelle la requérante fait en réalité elle-même obstacle à raison de sa contestation des éléments récapitulatifs de sa carrière, ne présente manifestement pas de caractère d'utilité, faute d'opposition de la commune sur son principe et alors qu'il appartiendra notamment à la requérante, à supposer même ses prétentions fondées, de contester la décision liquidant sa pension en cas de litige sur ces éléments.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont manifestement mal fondées et doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du même code. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions que l'intéressée présente sur le fondement de son article L. 761-1.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Amiens, le 11 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.