mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401411 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, la communauté d'agglomération du Beauvaisis, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à Mme A B ou tout autre personne occupant initialement l'emplacement de l'aire 04 bleu de quitter l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais dès notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'ordonner qu'à défaut de libération des lieux elle pourra requérir le concours de la force publique ;
3°) de mettre à la charge de Mme B le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la convention d'occupation de l'emplacement 04 bleu de l'aire d'accueil des gens du voyage à Beauvais qui avait été conclue avec Mme B depuis le 16 août 2021 a été résiliée à effet du 16 mars 2024, en raison des nombreux manquements au règlement intérieur commis par l'intéressée ;
- il a été constaté à plusieurs reprises en 2022, 2023 et 2024 que Mme B ne respecte pas le règlement intérieur de l'aire, en installant irrégulièrement un mobil-home sur son emplacement, en dégradants les locaux de l'aire d'accueil ainsi que les espaces verts de l'aire par le dépôt d'encombrants ; l'intéressée a en outre menacé et agressé à deux reprises l'agent délégataire de la société DM service, en charge de la gestion de l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais, ce qui a donné lieu au dépôt de plaintes pénales respectivement le 4 mars et le 5 mars 2024 ;
- l'arrêté du 12 mars 2024 du président de la communauté d'agglomération de la région de Compiègne remis en mains propres le 15 mars 2024, interdisant à Mme B, à raison de ces faits, l'accès à l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais est demeuré sans effet, l'intéressée ayant déplacé ses caravanes sur d'autres emplacements.
Vu :
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 avril 2024 à 9h15 en présence de Mme Grare, greffière :
- le rapport de M. Binand juge des référés ;
- et les observations de Mme C, représentant la communauté d'agglomération du Beauvaisis qui fait valoir que la situation n'a connu aucune évolution favorable à ce jour et que cette occupation compromet la tranquillité de l'aire et ses capacités d'accueil, alors qu'une forte fréquentation est prochainement attendue.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de ces dispositions le juge des référés peut, en cas d'urgence et d'utilité, ordonner l'expulsion des occupants sans droit ni titre du domaine public. En conséquence, lorsqu'il est saisi, sur le fondement des dispositions précitées, d'une demande d'expulsion d'occupants du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. La communauté d'agglomération du Beauvaisis expose, en produisant des pièces étayant ses affirmations qui ne sont pas contredites en retour, qu'il n'a pas été satisfait de façon récurrente par Mme A B, présente depuis le mois d'août 2021, à l'ensemble des obligations auxquelles doivent se conformer les occupants de l'aire d'accueil en application de son règlement intérieur et notamment, que l'intéressée a installé irrégulièrement une résidence mobile en 2022, a procédé aux dépôts d'encombrants dans les espaces verts en 2023 et encore au début de l'année 2024. Elle soutient sans être contredite que l'agent délégataire de la société DM service, en charge de la gestion de l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais, a été agressée et menacée de représailles à deux reprises par Mme B en mars 2024 ce qui a donné lieu à dépôts de plainte les 4 et 5 mars 2024. Elle ajoute, là encore sans être contredite, que Mme B, occupe sans autorisation depuis le 16 mars 2024, les emplacements 02, 03 et 05 bleu de l'aire d'accueil des gens du voyage, en dépit de l'arrêté notifié le 16 mars 2024 mettant un terme à la convention d'occupation temporaire dont elle bénéficiait à titre précaire et révocable et lui interdisant de se maintenir dans l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais à la suite des troubles constatés. La demande d'expulsion de Mme B présentée par la communauté d'agglomération du Beauvaisis ne se heurte dès lors à aucune difficulté sérieuse.
5. Dans ces conditions, qui établissent l'urgence et l'utilité de faire cesser cette occupation irrégulière qui porte atteinte à l'affectation normale du domaine public, au regard des troubles répétés imputables à la présence de l'intéressée, des violences commises et des menaces que cette dernière a proférées très récemment à l'encontre du personnel de l'aire d'accueil, la communauté d'agglomération du Beauvaisis est fondée à demander au juge des référés l'expulsion de Mme B et, le cas échéant, de tous occupants de son chef, de l'aire d'accueil de Beauvais, selon la procédure prévue par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce d'autoriser la communauté d'agglomération du Beauvaisis à recourir au concours la force publique pour assurer l'exécution de cette mesure dans le cas où la libération des lieux ne serait pas effective dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
6. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B le versement d'une somme de 300 euros à la communauté d'agglomération du Beauvais au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Mme A B et toute personne l'accompagnant, doit quitter sans délai le ou les emplacements occupés dans l'aire d'accueil des gens du voyage de Beauvais. A défaut pour l'intéressée d'avoir exécuté la présente ordonnance dans un délai de 48 heures à compter de sa notification, il pourra être procédé à son évacuation par la force publique.
Article 2 : Mme A B versera à la communauté d'agglomération du Beauvaisis une somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du Beauvaisis et à Mme A B.
Fait à Amiens, le 30 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé :
C. BinandLa greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.