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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401791

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401791

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401791
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantAKHZAM KHADIJA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Akhzam, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 700 496,60 euros, à titre de provision sur les sommes qui lui sont dues au titre de la réparation par la solidarité nationale de ses préjudices liés à un accident médical non fautif ;

2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- par jugement du 14 mars 2024, le tribunal administratif d'Amiens a reconnu qu'elle était fondée à soutenir que la réparation du dommage subi par elle résultant de l'apparition d'une fistule iléo-vaginale relève de la solidarité nationale en application du II de l'article

L. 1142-1 du code de la santé publique ;

- ses préjudices s'élèvent à la somme totale de 700 496,60 euros soit 1 290,52 euros au titre des dépenses de santé actuelles, 48 052,94 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels, 4 641,15 euros au titre des frais divers avant consolidation, 6 864 euros au titre des frais de tierce personne avant consolidation, 30 714,03 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 30 000 euros au titre des souffrances endurées, 10 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 16 709,07 euros au titre des dépenses de santé futures, 404 024,89 euros au titre des pertes de gains professionnels futurs, 73 200 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 15 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, 60 000 euros au titre du préjudice sexuel.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

2. S'il résulte du jugement du tribunal administratif d'Amiens du 24 mars 2024 que l'obligation à la dette de l'ONIAM pour la réparation des préjudices subis en l'espèce par

Mme B n'est pas sérieusement contestable, il résulte également de ce jugement qu'une expertise avant-dire droit a dû être diligentée précisément pour fixer le montant des préjudices indemnisables. Dans ces conditions, dans l'attente des résultats de cette expertise qui doit être rendue au plus tard le 11 décembre 2024, le montant de l'obligation de l'ONIAM ne peut, en l'état de l'instruction, être fixé avec un degré de certitude suffisant. La demande de provision de Mme B doit par suite être rejetée, ainsi que ses conclusions fondées sur l'article

L. 761-1 du code de justice administrative, par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B

Fait à Amiens, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé :

B. Boutou

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401791

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