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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401973

Tribunal Administratif d Amiens — Décision N° TA80-2401973

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d Amiens
SectionTribunal Administratif d Amiens
N° DossierTA80-2401973
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE PRESIDENT

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la demande de Mme B... visant à obtenir l'annulation de la décision de la MDPH de l'Oise lui refusant la carte "mobilité inclusion" mention "stationnement". Le juge a rappelé que cette carte est réservée aux personnes dont le handicap réduit de manière importante et durable leur capacité de déplacement à pied (périmètre de marche inférieur à 200 mètres) ou nécessitant une aide humaine ou technique systématique. Après examen des pièces du dossier, il a estimé que Mme B... ne justifiait pas remplir ces critères stricts définis par le code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017. La requête a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 mai 2024 et 14 mars 2025, Mme C... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 22 mars 2024 notifiée le même jour par laquelle la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Oise a rejeté sa demande de lui délivrer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement ».

Trop jeune pour subir une prothèse des genoux, Mme B... soutient que son handicap est invalidant et nécessite de multiples infiltrations justifiant l’attribution de la CMI « Stationnement ». Dans le dernier état de ses écritures, elle indique que son époux n’est plus en état de l’assister dans ses démarches.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2024, le département de l’Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, après l’appel de l’affaire, le rapport de M. Truy a été entendu et les observations de M. A..., dûment habilité, représentant le département de l’Oise, qui déclare s’en remettre à ses écritures, puis la clôture de l’instruction a été prononcée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Par une décision du 22 mars 2024 de la MDPH de l’Oise, notifiée le même jour par la présidente du conseil départemental de l’Oise, a refusé de lui délivrer une carte de mobilité inclusion mention « stationnement pour personnes handicapées ». Mme B... en demande l’annulation.

2. En vertu des dispositions combinées de l’article L. 241-6, de l’article L. 146-9 et du 3° du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles, le président du conseil départemental, au vu de l’appréciation de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, attribue, à titre définitif ou pour une durée déterminée, la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » à toute personne physique atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Les critères d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement sont définis, conformément au IV de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles, par l’arrêté du 3 janvier 2017 visé ci-dessus. Il résulte de l’article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 visé ci-dessus que la carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement » est délivrée uniquement aux personnes atteintes d'un handicap qui réduit de manière importante et durable, pour les déplacements extérieurs à pied, leur capacité et leur autonomie ou qui impose qu'elles soient accompagnées par une tierce personne. Ils correspondent, d’une part, aux personnes dont le périmètre de marche est inférieur à 200 mètres ou qui ne peuvent se déplacer sans recours systématique à une aide humaine en raison d’un besoin de surveillance régulier ou d’un risque de danger, d’autre part, à celles qui recourent à une aide technique (canne par exemple) ou une oxygénothérapie pour tous leurs déplacements extérieurs ou encore qui sont appareillées, soit avec une prothèse de membre inférieur, soit avec tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, et enfin à celles qui se déplacent avec un véhicule pour personnes handicapées (fauteuil roulant par exemple). La perte d’autonomie dans le déplacement peut être également appréciée en cas de difficulté grave lors d’un tel déplacement, au sens ci-dessus exposé, en particulier chez des personnes présentant un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Enfin, la réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées.

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne en matière d’aide ou d’action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d’emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l’intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte « mobilité inclusion » mention « stationnement pour personnes handicapées », le juge doit se prononcer lui-même sur la demande en recherchant, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait dont il est justifié par l’une et l’autre des parties si cette délivrance est justifiée à la date à laquelle il rend sa propre décision. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

4. Mme B... ne produit aucune pièce établissant que son périmètre de marche serait inférieur à 200 mètres, en l’occurrence le certificat produit faisant même mention d’un périmètre de marche de 500 mètres, ou qu’elle aurait systématiquement recours à l’une des aides prévues par les dispositions précitées de l’arrêté du 3 janvier 2017, cette aide n’étant, selon ces mêmes certificats, nécessaire qu’à l’occasion des épisodes de crises. Dès lors, en refusant de lui attribuer la carte « mobilité inclusion » mention « stationnement pour personnes handicapées » qu’elle sollicitait, la Maison départementale des personnes handicapées de l’Oise n’a pas commis d’erreur d’appréciation dans l’application qu’elle a faite des dispositions précitées du code de l’action sociale et des familles et de l’arrêté du 3 janvier 2017, les conditions d’attribution étant celles appréciées à la date de la décision. Par suite, Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision attaquée en date du 22 mars 2024.



















D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... B... et à la présidente du conseil départemental de l’Oise.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2025.


Le magistrat désigné,

signé

G. Truy
La greffière,

signé

M-A. Boignard




La République mande et ordonne au préfet de l’Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







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