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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403005

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403005

vendredi 28 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403005
TypeDécision
PublicationC
FormationJU2

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a statué sur la demande de la SCI Sainte Agathe, qui contestait le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023. L'administration ayant déjà accordé une réduction partielle de 1 997 euros, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur cette partie. Pour le surplus, le juge a rejeté la demande de la SCI, estimant que les surfaces de parking et voiries, relevant de l'affectation principale du local, ne pouvaient bénéficier des coefficients de pondération réduits prévus à l'article 324 Z de l'annexe III du code général des impôts, conformément à la jurisprudence du Conseil d'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, la SCI Sainte Agathe, représentée par la société Fiscallia, dûment habilitée, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la taxe foncière résiduelle sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 à raison de l'ensemble immobilier situé 9 B, rue Sainte Agathe à Crépy en Valois (Oise) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

La SCI Sainte Agathe soutient que ses locaux, en fonction de leur utilisation, ne doivent être retenus qu'à hauteur d'une surface de 847 m² et que les surfaces non couvertes doivent être affectés du coefficient de 0,2.

Par mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au non-lieu à statuer à hauteur de la réduction accordée de 1 997 euros et au rejet du surplus de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les conclusions de M. Menet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la SCI Sainte Agathe sollicite la réduction de la taxe foncière résiduelle sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 dans les rôles de la commune de Crépy en Valois (Oise).

Sur l'étendue du litige :

2. Par décision en date 16 octobre 2024, postérieure à l'introduction de la requête, non contredite par la SCI Sainte Agathe, la directrice départementale des finances publiques de la Somme a accordé une réduction de l'imposition contestée sur Crépy en Valois à hauteur de la somme de 1 997 euros au titre de 2023. A concurrence de ce montant, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions de la requête.

Sur le surplus des conclusions aux fins de décharge

3. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. () C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II à ce code : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : () / Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : / Catégorie 1 : lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel. / Catégorie 2 : lieux de dépôt couverts. / Catégorie 3 : parcs de stationnement à ciel ouvert. Catégorie 4 : parcs de stationnement couverts. () ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire ".

4. Ainsi que l'a jugé le Conseil d'Etat dans un arrêt n° 476025 du 26 avril 2024, il résulte de ces dispositions que, pour le calcul de la valeur locative d'une propriété bâtie relevant de l'article 1498 du code général des impôts, les coefficients de pondération de superficie mentionnés à l'article 324 Z de l'annexe III précité ne sont pas applicables aux surfaces utilisées pour une activité correspondant à l'affectation principale de ce local, appréciée au regard de la catégorie dans laquelle il est classé.

5. Il est constant qu'au stade de la réclamation contentieuse, l'administration a accordé une réduction des impositions émises par la prise en compte des superficies et la consistance exacte du bien. Si la SCI Sainte Agathe soutient que les surfaces à usage de parking et les voiries doivent se voir appliquer un coefficient atténuateur, il n'y a pas lieu d'attribuer à ces parties d'immeuble une valeur réduite d'utilisation, l'ensemble des sols et terrains, qui font partie du même groupement topographique et étant normalement destinés à être utilisés par un même occupant ayant pu conduire l'administration à considérer qu'il s'y exerçait l'activité principale justifiant l'application du barème de la catégorie DEP 4 avec abattement de 0,5 pour les parkings et espaces de circulation dont il n'est pas établi qu'elles auraient eu une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale des terrains en dehors des espaces engazonnés ayant donné lieu à la réduction visée au paragraphe 2.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Sainte Agathe n'est pas fondée à demander la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties, autres que celles accordées au stade de la réclamation préalable et l'instruction de la présente requête, à laquelle elle a été assujettie. Dans les circonstances de l'espèce, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions de la requête de la SCI Sainte Agathe à hauteur de la réduction accordée de 1 997 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Sainte Agathe est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Sainte Agathe et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

G. Truy La greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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