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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403195

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403195

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403195
TypeDécision
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande d'expulsion de la communauté de communes de la Plaine d'Estrées (CCPE) visant des occupants sans droit ni titre installés sur une parcelle à Francières. Le juge a constaté que la parcelle en cause, qualifiée de dépendance du domaine privé de la commune, relevait de la compétence de la juridiction judiciaire et non administrative. En application de l'article L. 522-3 du même code, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2024, la communauté de communes de la Plaine d'Estrées (CCPE), demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de tous les occupants sans droit ni titre, présents sur une parcelle cadastrée section C n°814, rue de l'Eglise, à Francières (Oise), dans un délai de

48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour et par personne à compter de la notification de la décision à venir ;

2°) de mettre à la charge des occupants sans droit ni titre, le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens, dont le coût du procès-verbal de constat s'élevant à la somme de 525,53 euros.

Elle soutient que :

- plusieurs véhicules avec occupants appartenant aux gens du voyage se sont installés depuis le 5 août 2024, date du procès-verbal, rue de l'Eglise, sur la parcelle cadastrée section C n°814 qui constitue une dépendance du domaine privé de la commune de Francières ;

- en vertu d'une délibération du 22 juin 2023, la communauté de communes a l'administration des immeubles situés dans son ressort, dont l'espace situé rue de l'Eglise à Francières ;

- il existe une urgence à autoriser l'expulsion de ces occupants dès lors que des branchements non autorisés ont été réalisés sur le réseau public de distribution d'électricité ainsi que sur le réseau d'alimentation en eau de telle sorte que cette occupation irrégulière du domaine public emporte également des risques en matière de salubrité et de sécurité publiques et d'interruption du service public qu'il convient de faire cesser au plus vite ;

- la mesure sollicitée est utile afin de mettre un terme à un trouble manifeste à l'ordre public ;

- aucune constatation sérieuse ne peut être opposée à la mesure d'expulsion sollicitée ;

- dans ces conditions, il convient que soit ordonnée l'expulsion des 33 véhicules et caravanes mentionnés dans le constat d'huissier, ainsi que de tous occupants sans droit ni titre non identifiés lors du rapport de constatation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ". Les demandes présentées au juge des référés, saisi sur le fondement de, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne doivent pas être manifestement insusceptibles de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative.

2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le présent code s'applique aux biens et aux droits, à caractère mobilier ou immobilier, appartenant à l'Etat, aux collectivités territoriales et à leurs groupements, ainsi qu'aux établissements publics. ". Aux termes de l'article L. 2111-1 de ce code : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public. ". Aux termes de l'article

L. 2211-1 du même code : " Font partie du domaine privé les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui ne relèvent pas du domaine public par application des dispositions du titre Ier du livre Ier. / Il en va notamment ainsi des réserves foncières et des biens immobiliers à usage de bureaux, à l'exclusion de ceux formant un ensemble indivisible avec des biens immobiliers appartenant au domaine public. () "

3. Il résulte de l'instruction que la parcelle cadastrée C 814, sur laquelle se sont installés des occupants sans droit ni titre, appartient à la commune de Francières et qu'elle est qualifiée à plusieurs reprises par la communauté de communes de la Plaine d'Estrées dans sa requête comme relevant du domaine privé de cette commune. Aucune pièce du dossier ne contredit l'appartenance de cette parcelle au domaine privé de la commune. Dès lors, le litige relatif à l'expulsion de cette parcelle relève de la compétence de la juridiction judiciaire et les conclusions de la communauté de communes de la Plaine d'Estrées tendant à l'expulsion des occupants sans droit ni titre de ce terrain doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre, en application des dispositions précitées de l'article

L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de la communauté de communes de la Plaine d'Estrées est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes de la Plaine d'Estrées.

Fait à Amiens, le 8 août 2024.

La juge des référés,

Signé :

C. Galle

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

N°2403195

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