mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403274 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | EL MOUTAOUKIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août à 17h20, M. B A, représenté par Me El Moutaoukil, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour formée le 25 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 25 janvier 2023 qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet quatre mois plus tard, qu'il risque de perdre son emploi en l'absence délivrance d'un titre de séjour, son employeur lui ayant signifié son intention de mettre fin à son contrat de travail en l'absence de régularisation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle n'est pas motivée, en l'absence de réponse de la préfète à sa demande de communication de motifs.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. Pour demander au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite rejetant la demande d'admission exceptionnelle au séjour en tant que salarié présentée par M. A le
25 janvier 2023, l'intéressé soutient que l'urgence est constituée dès lors qu'il risque de perdre son emploi en cas d'absence de régularisation de sa situation. Toutefois, il est constant que la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par le requérant le 25 janvier 2023 ne tendait pas au renouvellement d'un titre de séjour. Et si, d'autre part, M. A produit des pièces relatives à sa présence sur le territoire français depuis 2016, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce séjour ait été régulier depuis cette date. Dans ces conditions, si l'intéressé se prévaut de ce que l'exécution de la décision attaquée entraînerait des risques de perte de son emploi salarié, il résulte de ce qui vient d'être dit que ces circonstances sont exclusivement imputables au caractère irrégulier du maintien de l'intéressé sur le territoire français, alors qu'il s'est sciemment exposé aux risques qu'il invoque et s'est ainsi lui-même placé dans la situation d'urgence dont il se prévaut. Dans ces conditions, M. A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de tout qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si l'un au moins des moyens soulevés est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux, que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Amiens, le 13 août 2024.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.