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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403478

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403478

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403478
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantSERHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de traiter sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse et de sa fille, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande est urgente, car l'OFII n'a toujours pas traité son dossier de regroupement familial, alors qu'il a répondu en son temps au courrier par lequel il lui a été demandé de produire des pièces complémentaires, et que son avocat a relancé l'OFII à deux reprises ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

La requête a régulièrement été communiquée à l'OFII, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Lebdiri, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 4 février 2031, a déposé une demande de regroupement familial au profit de son épouse et de sa fille. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance par l'OFII d'une attestation de dépôt de dossier est conditionnée à l'envoi d'un dossier complet par l'étranger qui formule une demande de regroupement familial.

4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 13 avril 2023, les services de l'OFII, estimant incomplet le dossier de regroupement familial de M. B, ont sollicité des pièces complémentaires, afin de pouvoir enregistrer sa demande et lui délivrer l'attestation de dépôt de dossier prévue à l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en lui impartissant un délai de trente jours. Le requérant affirme avoir transmis à l'OFII l'ensemble des pièces réclamées dans le délai requis. Par ailleurs, il fait valoir que son avocat a relancé, en vain, l'OFII quant au sort réservé à sa demande de regroupement familial par des courriers du 9 mai 2023 et du 4 septembre 2023, et produit, à cet égard, l'avis de réception du second courrier.

5. Les faits ainsi invoqués ne sont nullement contredits par l'OFII, auquel la requête de M. B a été communiquée et qui n'a pas produit d'observation en défense. Par conséquent, le requérant doit être regardé comme ayant procédé à la régularisation de sa demande, suite à la demande de pièces complémentaires adressée par l'OFII le 13 avril 2023 aux fins de voir son dossier complété. Dans ces conditions, le recours en référé de M. B tendant à obtenir une attestation de dépôt d'une demande de regroupement familial présente un caractère d'urgence et d'utilité.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à l'OFII de délivrer à l'intéressé une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse et de sa fille, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à l'OFII de délivrer à M. B une attestation de dépôt de sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse et de sa fille, dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'OFII versera à M. B une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Amiens, le 7 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé :

S. Lebdiri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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