mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2403486 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | KUCHARZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, la société VIB, représentée par Me Kucharz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2024 par laquelle la communauté d'agglomération Amiens métropole a classé son offre en seconde position à l'issue de la procédure de passation du lot n°7 "Clôtures, portails, pare-ballons" du marché référence "n°23050_AO" d'accords-cadres multi-attributaires de travaux programmables d'entretien et de petits aménagements de bâtiments ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Amiens métropole, si elle entend poursuivre la procédure de passation litigieuse, de la reprendre au stade de l'analyse des offres ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Amiens métropole une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'offre de la société MSTS retenue en première position aurait dû être rejetée en raison de son irrégularité ;
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation des garanties et capacités techniques présentées par la société MSTS ;
- les critères n'ont pas été appliqués lors de l'évaluation des offres de manière objective et uniforme aux soumissionnaires ;
- le pouvoir adjudicateur a dénaturé son offre dès lors qu'il n'a pas retenu l'ensemble des mesures qu'elle proposait ;
- le pouvoir adjudicateur a dénaturé son offre dès lors qu'il a retenu des mesures qu'elle n'a pas exposé dans son mémoire.
Par un mémoire, enregistré le 3 septembre 2024, la communauté d'agglomération Amiens métropole conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est irrecevable, dès lors que le contrat litigieux a été signé le 26 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique ./(). Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs conférés au juge du référé précontractuel ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. Par suite, une requête en référé précontractuel présentée après la signature de celui-ci est irrecevable.
4. Il résulte de l'instruction que l'acte d'engagement du contrat dont la procédure de passation est contestée par la société VIB a été signé le 26 août 2024, soit avant que cette dernière n'introduise sa requête en référé précontractuel. Par suite, cette requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société VIB est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société VIB, à la communauté d'agglomération Amiens métropole et à la société MSTS.
Fait à Amiens, le 10 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.