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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403563

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403563

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403563
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait une provision de 55 000 euros à la CAF de l'Oise et de 8 000 euros à la CAF de l'Isère. Le juge a constaté que le requérant n'avait pas justifié avoir formé une demande préalable auprès de l'administration, comme l'exige l'article R. 421-1 du code de justice administrative pour toute action en paiement d'une somme d'argent. Malgré une demande de régularisation, M. B n'a pas produit cette réclamation préalable, rendant sa requête manifestement irrecevable en application du 4° de l'article R. 222-1 du même code. La solution retenue est donc le rejet de l'intégralité des conclusions de M. B.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 9 septembre 2024, le président du tribunal administratif de Grenoble a, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête présentée par M. B, enregistrée le 21 juillet 2024.

Par cette requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif d'Amiens les 10 et 11 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner les caisses d'allocations familiales de l'Oise et de l'Isère à lui verser une provision d'un montant de, respectivement, 55 000 euros et 8 000 euros ;

2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Oise le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des frais et dépens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du même code : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

4. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.

5. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas joint à sa requête la demande qu'il aurait dû adresser à l'administration avant la saisine du tribunal et tendant à ce que lui soient versées les sommes qu'il estime lui être dues. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par un courrier du 13 septembre 2024 et dont il a accusé réception le 18 septembre 2024, M. B n'a pas, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, produit une telle réclamation préalable, ni justifié de l'impossibilité de la produire. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant doivent être rejetées comme entachées d'une irrecevabilité manifeste par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Enfin, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur la légalité de l'ordonnance de renvoi rendue le 9 septembre 2024 par le président du tribunal administratif de Grenoble, alors en outre que le requérant soutient avoir interjeté appel de cette ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B,

Fait à Amiens, le 4 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

Juge des référés,

Signé :

F. Demurger

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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