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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2404364

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2404364

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2404364
TypeDécision
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSHEBAVOK

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de Mme B, ressortissante marocaine, qui contestait un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et lui interdisant le retour pour un an. Le tribunal a notamment substitué à la base légale erronée de l'article L. 435-1 du CESEDA (inapplicable aux Marocains) le pouvoir général de régularisation du préfet, sans que cela ne change l'issue du litige. Il a estimé que les moyens soulevés, tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de l'insuffisance de motivation, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et des articles L. 423-23 et L. 612-6 du CESEDA, n'étaient pas fondés. La décision a été rendue au visa de la convention européenne des droits de l'homme, de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 novembre , 26 novembre et 23 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Shebabo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le Maroc comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire bénéficiait pour ce faire d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été pris à l'issue d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;

- il est entaché d'une erreur de droit ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'elle exerce une activité professionnelle sous couvert d'un contrat à durée indéterminée depuis quatre années et qu'elle réside sans interruption depuis plus de douze années sur le territoire français où elle dispose d'attaches familiales, notamment sa sœur et son beau-frère, qui sont titulaires d'une carte de résident, ainsi que sa nièce ;

- pour les mêmes raisons, et dès lors que son parcours académique reflète sa volonté de s'intégrer en France et qu'elle ne dispose plus d'aucune attache significative dans son pays d'origine, il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- pour les mêmes raisons, il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- pour les mêmes raisons, il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- pour les mêmes raisons, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée de disproportion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2024, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 18 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 6 janvier 2025.

Par un courrier du 14 janvier 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale, l'arrêté attaqué se fondant à tort, pour refuser d'admettre Mme B au séjour en qualité de salariée à titre exceptionnel, sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, inapplicable aux ressortissants marocains, en lieu et place du pouvoir général de régularisation de la préfète.

Par un mémoire non communiqué, enregistré le 16 janvier 2025, Mme B conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que, dans l'hypothèse où le tribunal procéderait d'office à cette substitution de base légale, il conviendrait d'accueillir le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure dans la mesure où la consultation de la commission du titre de séjour, dont l'avis lui fait grief, n'était, dès lors, pas obligatoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Harang, rapporteur,

- et les observations de Me Dumortier, assistant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 8 novembre 1991, déclare être entrée en France le 29 août 2010 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a sollicité, le 21 novembre 2022, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 421-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 octobre 2024, dont Mme B demande l'annulation, la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le Maroc comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature de la préfète de l'Oise en date du 30 octobre 2023 régulièrement publiée le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de Mme B, énonce avec une précision suffisante les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, de sorte que l'intéressée, à sa seule lecture, a été mise à même d'en connaître les motifs et, le cas échéant, de les contester utilement. À cet égard, si la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, qui comporte plus particulièrement des éléments relatifs à la durée de sa présence sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et à la circonstance qu'elle a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, ne vise pas l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les considérations de fait exposées aux termes de cette décision étaient, dans les circonstances de l'espèce, dépourvues de toute ambiguïté sur les considérations de droit et la disposition dont l'autorité administrative a fait application.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B.

5. En quatrième lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière et serait entaché d'une erreur de droit ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

7. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

8. Il s'ensuit que la préfète de l'Oise ne pouvait légalement refuser l'admission au séjour de Mme B à titre exceptionnel en qualité de salariée en se fondant sur la circonstance que cette dernière ne remplissait pas les conditions mentionnées par les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a, dès lors, lieu de substituer, dans cette mesure, à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir dont dispose l'autorité administrative de régulariser ou non la situation d'un étranger dès lors que cette substitution n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans sa mise en œuvre et que les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur ce point.

9. Par ailleurs, d'une part, il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme B ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation du refus de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, si Mme B est entrée sur le territoire français le 29 août 2010 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 13 août 2011 avant d'être mise en possession de trois cartes de séjour temporaires portant la même mention, respectivement valables du 14 août 2011 au 13 août 2012, du 15 septembre 2012 au 14 septembre 2013 et du 1er septembre 2014 au 31 août 2015, ces titres de séjour ne lui donnent néanmoins pas vocation à s'installer durablement en France. En outre, l'intéressée, dont la demande de renouvellement de son titre de séjour a été rejetée par une décision du préfet de l'Hérault en date du 16 septembre 2016, s'est soustraite à la mesure d'éloignement concomitamment prise à son encontre et s'est ainsi maintenue sur le territoire français malgré l'irrégularité de sa situation administrative. S'il est constant que sa sœur et son beau-frère résident régulièrement en France sous couvert d'une carte de résident avec sa nièce, la requérante ne justifie toutefois pas de la nécessité de leur présence à ses côtés, alors qu'il n'est au demeurant pas établi qu'elle serait dépourvue de toute attache familiale dans son pays d'origine, où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où résident, à tout le moins, ses parents. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'elle justifie de ses efforts d'intégration professionnelle par l'exercice d'une activité salariée de vendeuse sous couvert d'un contrat à durée indéterminée depuis le 23 septembre 2020, Mme B, qui est célibataire et sans enfant, n'est pas fondée à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'usage de son pouvoir général de régularisation, en ce qui concerne la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou au regard des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qui concerne la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ; / () ". Aux termes de l'article L. 435-1 de ce code : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".

12. Dès lors que les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, applicables à Mme B en tant qu'elles concernent la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", l'intéressée ne saurait, en tout état de cause, utilement soutenir que le choix de la préfète de l'Oise de soumettre, à titre facultatif, son cas pour avis à la commission du titre de séjour vicierait la procédure ayant aboutie à l'édiction de l'arrêté attaqué.

13. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ou dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle de sa décision portant obligation de quitter le territoire français.

15. En dernier lieu, d'une part, Mme B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'a pas été prise sur ce fondement.

16. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

17. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.

18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- M. Wavelet, premier conseiller,

- M. Harang, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.

Le rapporteur,

signé

J. HarangLe président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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