vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404983 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LABRIKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Labriki, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de l'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) d'ordonner au préfet de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et/ou le renouvellement de sa carte de résident de 10 ans sans délai ;
3°) d'ordonner au préfet de l'Oise de lui attribuer un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence et d'utilité est remplie, dès lors qu'elle est dans l'attente d'une décision du préfet de l'Oise en l'absence de laquelle sa situation est précaire financièrement alors qu'elle est mère d'enfants français ;
- sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une decision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande fondée sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " .
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. L'urgence justifie que soit enjoint à l'administration de prendre une mesure utile lorsque le comportement de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions en ce sens d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant qu'il soit enjoint à l'administration de prendre une mesure utile.
4. La demande de Mme A tend, pêle-mêle, à enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et/ou le renouvellement de sa carte de résident de 10 ans sans délai, de lui attribuer un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour , sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Or, il ressort des écritures de la requérante que sa carte de résident est expirée depuis 2022. Elle soutient avoir fait une demande de renouvellement de ce titre en décembre 2023 mais ne produit à ce sujet qu'un courrier qui paraît avoir été reçu le 13 décembre 2023. A supposer que, comme elle le soutient, ce courrier comportait en annexe une demande complète de titre de séjour, ce qui n'est nullement établi, il serait donc né une décision de refus de séjour en avril 2024. Il en résulte d'une part, que Mme A, qui a déposé une demande de titre de séjour plus d'un an après l'expiration de son précédent titre et ne saisit le juge de son litige que très tardivement, s'est elle-même mise dans la situation d'urgence qu'elle invoque désormais et que d'autre part, sa demande ferait en tout état de cause obstacle à l'exécution d'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, à supposer qu'elle ait envoyé une demande complète en ce sens en décembre 2023 comme elle le soutient. Les conditions posées par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative relative à l'urgence et tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ne sont donc pas satisfaites. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées comme manifestement infondées, comme seront rejetées ses conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par voie de conséquence.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Amiens, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés
Signé :
B. Boutou
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.