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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2501305

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2501305

lundi 31 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2501305
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 17 février 2025 refusant un titre de séjour à Mme C, ressortissante congolaise, et l'obligeant à quitter le territoire. La requête a été jugée manifestement irrecevable car aucun recours en annulation n'avait été enregistré au greffe, condition préalable à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre surabondant, le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, la requérante ne pouvant se prévaloir de la présomption d'urgence applicable au refus de renouvellement d'un titre de séjour, et n'ayant pas justifié de circonstances particulières.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2025, Mme C, représentée par Me Moutsouka, demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté en date du 17 février 2025 par lequel la préfète de l'Aisne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est réputée satisfaite, s'agissant d'un refus de renouvellement de son titre de séjour qui porte en tout état de cause, par lui-même, une atteinte grave et immédiate à la cellule familiale qu'elle constitue avec son compagnon, titulaire d'une carte de résident, et leur enfant mineur ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A, ressortissante de la République du Congo née le 28 août 1994 demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 17 février 2025 par lequel la préfète de l'Aisne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Si la requérante joint à sa demande à fin de suspension la copie d'un recours en annulation de cet arrêté présenté par son conseil, il résulte de l'examen des données de l'application Télérecours, toutefois, qu'aucun recours à l'encontre de l'arrêté de la préfète de l'Aisne n'a été enregistré, à ce jour, au greffe du tribunal. Par suite, la requête de Mme A devant le juge des référés, qui ne satisfait pas aux prescriptions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et ne peut qu'être rejetée.

4. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que Mme A, après s'être vu délivrer une carte pluriannuelle de séjour portant la mention " étudiant ", a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur un fondement différent, ce qui lui a été refusé par l'arrêté litigieux. Elle ne peut dès lors se prévaloir de la présomption d'urgence qui est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour et ne fait valoir dans sa requête aucune circonstance particulière tenant aux conséquences qui résulteraient à court terme de l'exécution de cet arrêté, notamment sur la cellule familiale qu'elle a constituée en France, qui caractériserait la nécessité pour elle de bénéficier en urgence d'une mesure autorisant son séjour, alors, en outre, qu'il lui est loisible d'introduire un recours en annulation de l'obligation de quitter le territoire français dont elle est l'objet qui fera obstacle à la mise à exécution de cette mesure d'éloignement jusqu'à ce qu'il y soit statué.

5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative citées au point 2 et de rejeter les conclusions de la requête de Mme A.

O R D O N N E :

Article1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.

Fait à Amiens, le 31 mars 2025.

Le juge des référés,

signé

C. Binand

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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