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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2501468

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2501468

vendredi 11 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2501468
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie de lui fournir un courrier d'adressage pour une prise en charge dans un autre établissement, invoquant une atteinte grave à son droit à la santé. Le juge a estimé que le droit à la santé ne constitue pas une liberté fondamentale au sens de cet article et que le requérant ne démontrait pas une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits. La demande a donc été rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 avril 2025, M. B A demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie de procéder, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, à la rédaction d'un courrier d'adressage permettant une prise en charge médicale dans l'établissement de santé de son choix ;

2°) à défaut, d'ordonner de toute urgence une expertise médicale indépendante afin d'évaluer l'état actuel de son index et de proposer un protocole de soins adapté.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que victime d'une rupture persistante du tendon extenseur de son index droit, il ne peut obtenir, en l'absence de courrier d'adressage ou d'avis médical actualisé, aucune prise en charge adaptée ce alors que son doigt présente un risque imminent d'infection ou d'amputation ;

- les refus opposés par le centre hospitalier universitaire d'Amiens d'émettre un courrier d'adressage portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la santé ainsi qu'à ses " droits élémentaires en tant que patient " et constituent une rupture de la continuité des soins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Beaucourt, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. En l'espèce, M. A, qui souffre de façon fort regrettable d'une rupture persistante du tendon extenseur de son index droit après avoir été victime d'une morsure par un chat, soutient que les refus opposés par le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie de lui fournir un courrier d'adressage afin qu'il bénéficie d'une prise en charge médicale dans l'établissement de santé de son choix portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la santé. Toutefois, un tel droit, de même que les " droits élémentaires en tant que patient " invoqué en des termes généraux par le requérant, ne présentent pas le caractère d'une liberté fondamentale au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

3. A supposer qu'en retraçant l'historique de sa prise en charge médicale à compter du 7 mars 2025 jusqu'à ce jour et en indiquant ressentir " une douleur intense et persistante, sans prise en compte adéquate de [sa] souffrance ni du caractère évolutif et alarmant de [sa] situation médicale ", M. A ait entendu se prévaloir de son droit à recevoir les traitements et les soins appropriés à son état de santé, l'intéressé ne démontre toutefois pas, par la seule production d'une plainte déposée auprès du procureur de la République, d'une unique photographie de son index au demeurant non datée ainsi que de nombreux courriels qu'il a lui-même rédigés, avoir besoin de soins autres que ceux qui lui ont été proposés par la docteure qui l'a reçu le 2 avril 2025, ni davantage que le centre hospitalier aurait refusé de lui donner accès aux traitements et soins dont il prétend avoir besoin.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, qui ne justifie pas d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative dans l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée, pour information, au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.

Fait à Amiens, le 11 avril 2025.

La juge des référés,

Signé :

P. BEAUCOURT

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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