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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2502503

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2502503

mardi 17 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2502503
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantFARRAJ

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 27 mai 2025 refusant un titre de séjour à M. B et l'obligeant à quitter le territoire français. La requête a été jugée manifestement irrecevable car le requérant n'a pas joint la copie de sa requête au fond, en méconnaissance de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Le juge a donc fait application de l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la demande sans examiner la condition d'urgence ou les moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2025, M. A B, représenté par Me Farraj, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 mai 2025 par lequel la préfète de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a abrogé son document provisoire de séjour, a ordonné la remise de ses documents d'identité aux services de police, l'a obligé à se présenter deux fois par semaine auprès des services de la gendarmerie de Condé-en-Brie, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Aisne de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que, d'une part, l'urgence est présumée s'agissant d'une décision d'expulsion d'un étranger et, d'autre part, il réside sur le territoire français depuis quatorze ans et justifie de la nature et de l'ancienneté de ses liens sur le territoire français ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, dès lors que les services instructeurs ne pouvaient s'abstenir de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour alors qu'il a produit les documents prévus par l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté contesté méconnait l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;

- il méconnait les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, dès lors qu'il exerce la profession de plombier chauffagiste climatiseur ;

- il méconnait la présomption d'innocence garantie par l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dès lors que l'arrêté contesté se fonde sur des faits n'ayant pas fait l'objet de poursuite judiciaire et que son casier judiciaire est vierge ;

- il méconnait sa liberté d'aller et venir, dès lors qu'il l'expose à un risque d'interpellation et d'exécution de la mesure d'éloignement au-delà du délai de trente jours qui lui a été imparti afin de quitter le territoire français et qu'il l'empêche de se rendre sur son lieu de travail au regard de l'obligation de se rendre deux fois par semaine à la gendarmerie de Condé-en-Brie ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il était marié à la date du dépôt de sa demande, qu'il est hébergé chez un proche et qu'il a tissé des liens sociaux et amicaux sur le territoire français où il réside depuis quatorze ans ;

- il méconnait son droit au travail, dès lors qu'il a pour effet de l'empêcher de se rendre sur son lieu de travail alors qu'il exerce un métier en tension.

La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président pour statuer sur les demandes de référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes, d'une part, du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Selon son article R. 522-1 : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait joint à sa demande de suspension une copie de la requête au fond tendant à l'annulation de l'arrêté contesté. Par suite, la requête de M B, qui méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable. Il y a lieu de la rejeter en application de la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens, le 17 juin 2025.

Le président de la 3ème chambre,

Juge des référés

Signé

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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