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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2502604

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2502604

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2502604
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCASTELLOTE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B C épouse A. Celle-ci demandait d’enjoindre à la commune d’Agnetz de contraindre les héritiers de M. D E à arracher ou élaguer des arbres menaçants situés sur leur propriété. Le juge a estimé que la demande se heurtait à la décision implicite de rejet née du silence de la commune, à laquelle il ne pouvait faire obstacle dans le cadre de cette procédure. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans audience ni instruction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2025, Mme B C épouse A, représentée par Me Castellote, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la commune d'Agnetz de prendre un arrêté tendant à ce que les héritiers de M. D E assurent l'arrachage ou, à défaut, l'élagage de l'ensemble des plantations situées dans leur propriété, sous peine que la commune procède d'office à l'exécution des travaux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Agnetz une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- de son vivant, M. D E n'entretenait pas sa propriété, en particulier une grande rangée d'arbres situés en bordure de la propriété de la requérante ;

- la présence et la dangerosité de ces arbres ne sont pas sérieusement contestables ;

- il résulte du rapport d'expertise établi le 19 mars 2025 que la commune d'Agnetz s'est engagée à mettre en demeure le notaire pressenti pour régler la succession de prendre les mesures nécessaires à l'élagage et à l'abattage des arbres encore menaçants ;

- la commune n'a pas donné suite au courrier de son conseil en date du 17 mars 2025 lui demandant de déclencher la procédure prévue à l'article L. 2213-25 du code général des collectivités territoriales.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il est constant que, par lettre recommandée avec avis de réception du 17 mars 2025, Mme A a, par l'intermédiaire de son conseil, demandé au maire de la commune d'Agnetz de déclencher la procédure prévue à l'article L. 2213-25 du code général des collectivités territoriales. En l'absence de réponse dans un délai de deux mois, une décision implicite de rejet est née antérieurement à l'introduction de sa requête. A supposer que Mme A, qui ne précise pas le fondement de sa demande, puisse être regardée comme ayant entendu saisir le tribunal en application de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, le juge des référés, statuant dans le cadre des dispositions de cet article, ne peut faire obstacle à la décision implicite de rejet de sa demande née du silence gardé par la commune d'Agnetz.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C épouse A.

Copie en sera adressée à la commune d'Agnetz.

Fait à Amiens, le 30 juin 2025.

Le président de la 1ère chambre,

Signé

S. Lebdiri

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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