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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2504545

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2504545

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2504545
TypeDécision
Avocat requérantSZYMANSKI

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Amiens, statuant en référé, a été saisi par Mme B... d’une demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 29 mai 2025 lui notifiant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. La requérante invoquait l’urgence liée à son activité professionnelle et un doute sérieux sur la légalité de la décision, faute d’information préalable. Le juge des référés a constaté que le relevé d’information intégral du 13 novembre 2025 faisait apparaître un solde de points positif, établissant que la décision d’invalidation avait été rapportée. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension, devenues sans objet, et a rejeté les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée au greffe du tribunal le 24 octobre 2025, sous le n° 2504545,
Mme A... B..., représentée par Me Szymanski, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision modèle 48 SI en date du 29 mai 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié la perte de la totalité des points de son permis de conduire, la perte de validité dudit permis et lui a enjoint de restituer son permis de conduire dans un délai de dix jours francs ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 29 juin 2025 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B... soutient :
- que les conditions d’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu’elle a besoin de son permis de conduire pour l’exercice de son activité professionnelle ainsi que les nécessités de la vie quotidienne s’agissant d’une mère célibataire ;
- qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors qu’elle n’a pas bénéficié de l’information requise et que la réalité de l’une des infractions imputées n’est pas encore établie.

Par mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer s’agissant des conclusions aux fins de suspension et au rejet du surplus.




Vu la décision attaquée.

Vu :
- la requête n° 2504447 enregistrée le 17 octobre 2025 par laquelle M.me B... demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

Par une décision, le président du tribunal par intérim a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement convoquées à l’audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l’audience publique qui s’est tenue le
19 novembre 2025 à 14 heures 00, en présence de M. Verjot, greffier, les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Après avoir prononcé la clôture de l’instruction à 14 heures 30.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ". Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l ’urgence de l’affaire ".

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

3. Il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé d’information intégral du
13 novembre 2025, relatif à la situation de Mme B... extrait du fichier national du permis de conduire, produit par le ministre de l’intérieur, que le solde positif du capital suppose que la décision portant invalidation du permis de conduire a été rapportée. Par suite, il y a lieu de considérer que la décision du ministre de l’intérieur est devenue sans objet ainsi que les conclusions de la requête de Mme B... aux fins de suspension de celle-ci. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B... tendant à la suspension de la décision du ministre de l’intérieur portant invalidation de son permis de conduire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... B... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Amiens, le 19 novembre 2025.



Le juge des référés, Le greffier,

Signé

Signé

G. Truy N. Verjot


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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