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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2504736

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2504736

vendredi 14 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2504736
TypeOrdonnance
Avocat requérantFIGUEROA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l’arrêté du préfet de l’Oise refusant le renouvellement du titre de séjour de Mme B..., ressortissante chilienne. La requérante invoquait l’urgence en raison de la perturbation de ses études, mais le juge constate qu’elle a saisi le tribunal cinq mois après l’édiction de l’arrêté, ce qui renverse la présomption d’urgence. En application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d’urgence n’étant pas remplie, la requête est rejetée sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Figueroa, demande au juge des référés :


1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 26 mai 2025 par lequel le préfet de l’Oise lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de cette mesure ;

3°) d’enjoindre au préfet de l’Oise de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.



Elle soutient que :

- l’urgence est présumée s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour ; l’arrêté litigieux met gravement en péril le bon déroulement de ses études universitaires ;


- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué, dès lors que :
cet arrêté est insuffisamment motivé ;
il est entaché d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
il méconnaît les dispositions des articles L. 422-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
il méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu :
- la requête n° 2502804, enregistrée le 4 juillet 2025, par laquelle la requérante demande l’annulation de l’arrêté susvisé ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal par intérim a désigné M. Lebdiri, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B..., ressortissante chilienne, déclare être entrée sur le territoire français en janvier 2022 sous couvert d’un visa de long séjour portant la mention « étudiant ». Par un arrêté du 26 mai 2025, le préfet de l’Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de cette mesure. Par la présente requête, Mme B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

3. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci.

4. Afin de justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de l’arrêté du 26 mai 2025 portant rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, Mme B... soutient que cet arrêté met gravement en péril le bon déroulement de ses études universitaires. Toutefois, la requérante n’a saisi le juge des référés que le 5 novembre 2025, soit environ cinq mois après l’édiction de l’arrêté attaqué, démontrant ainsi que ce recours ne présentait pas, à ses propres yeux, le caractère d’urgence exigé à l’article L. 521-1 du code de justice administrative précité. Dans ces conditions, la présomption d’urgence est renversée.

5. Par suite, eu égard aux motifs exposés au point précédent, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie. Ainsi, sans qu’il soit nécessaire d’examiner s’il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté en litige, il y a lieu de rejeter sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative les conclusions aux fins de suspension et d’injonction présentées par Mme B....

Sur les frais liés au litige :

6. Eu égard à ce qui a été dit au point 4 et dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’admettre la requérante au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, ni de mettre à la charge de l’Etat une quelconque somme au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et
L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Mme B... n’est pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et à Me Figueroa.

Fait à Amiens le 14 novembre 2025.


Le juge des référés,
Signé
S. Lebdiri





La République mande et ordonne au préfet de l’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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