lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202078 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ORATIO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) JMG Immo, représentée par Me Bézier, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible qu'elle a mentionné sur sa déclaration relative à l'année 2021, pour un montant de 35 249 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle détient un crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2016 ;
- elle a réparé son omission déclarative en déclarant ce crédit le 30 décembre 2019, dans le délai requis par le I de l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts ;
- elle était fondée à demander le remboursement de ce crédit lors du dépôt de sa déclaration annuelle au titre de l'année 2021, effectué le 3 mai 2022, en application des articles 208, 242-0 A et 242-0 C de la même annexe.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL JMG Immo exerce l'activité de location immobilière depuis le 1er janvier 2016. Elle est assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée selon le régime simplifié d'imposition. Le 30 décembre 2019, elle a déposé une déclaration de taxe sur la valeur ajoutée rectificative relative à l'année 2016, faisant apparaître un crédit de taxe déductible d'un montant de 38 595 euros dont elle a demandé le remboursement. L'administration a rejeté sa demande le 17 janvier 2020. Elle a contesté ce rejet devant le tribunal qui a rejeté sa requête par un jugement n° 2000895 du 17 janvier 2022, confirmé par un arrêt n° 22MA00848 rendu le 3 mars 2023 par la cour administrative d'appel de Marseille. Dans l'intervalle, la SARL JMG Immo a présenté une nouvelle demande de remboursement de crédit de taxe déductible dans sa déclaration relative à l'année 2021, déposée le 3 mai 2022, pour un montant de 35 249 euros dont 34 930 euros correspondant au crédit détenu au titre de l'année 2016. L'administration ayant rejeté sa demande le 30 mai 2022, la requérante demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit.
Sur les conclusions à fin de remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée :
2. Aux termes du IV de l'article 271 du code général des impôts : " La taxe déductible dont l'imputation n'a pu être opérée peut faire l'objet d'un remboursement dans les conditions, selon les modalités et dans les limites fixées par décret en Conseil d'Etat ".
3. Aux termes de l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts : " I. - Le montant de la taxe déductible doit être mentionné sur les déclarations déposées pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, à condition qu'elle fasse l'objet d'une inscription distincte, la taxe dont la déduction a été omise sur cette déclaration peut figurer sur les déclarations ultérieures déposées avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'omission. () / II. - Lorsque, sur une déclaration, le montant de la taxe déductible excède le montant de la taxe due, l'excédent de taxe dont l'imputation ne peut être faite est reporté, jusqu'à épuisement, sur les déclarations suivantes. Toutefois, cet excédent peut faire l'objet de remboursements dans les conditions fixées par les articles 242-0 A à 242-0 J ".
4. Il résulte de ces dispositions que le délai imparti pour réparer une omission de déclaration de la taxe sur la valeur ajoutée déductible court à compter de la date d'exigibilité de la taxe chez le redevable et expire le 31 décembre de la deuxième année suivant la date à laquelle la déclaration devait être effectuée.
5. Aux termes de l'article 242-0 A de l'annexe II au code général des impôts : " Le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée déductible dont l'imputation n'a pu être opérée doit faire l'objet d'une demande des assujettis. Le remboursement porte sur le crédit de taxe déductible constaté au terme de chaque année civile ". Selon le I de l'article 242-0 C de la même annexe : " 1. Les demandes de remboursement doivent être déposées au cours du mois de janvier (). / 2. Pour les assujettis placés sous le régime simplifié d'imposition, le crédit de taxe déductible résulte des énonciations de leur déclaration annuelle. La demande de remboursement est déposée avec cette déclaration () ".
6. S'il résulte des dispositions précitées des articles 242-0 A et 242-0 C que le redevable ne peut demander le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont il dispose que dans des délais déterminés, ces dispositions n'ont ni pour objet, ni pour effet de faire obstacle à ce que ce redevable puisse ultérieurement, si ce crédit demeure, non seulement procéder à son imputation sur une taxe due, mais encore, le cas échéant, en demander le remboursement au cours du mois de janvier de l'année suivante ou, pour les assujettis placés sous le régime simplifié d'imposition, lors du dépôt de leur déclaration annuelle.
7. Enfin, selon le 3 de l'article 287 du code général des impôts : " Les redevables placés sous le régime simplifié d'imposition () déposent au titre de chaque exercice une déclaration qui détermine la taxe due au titre de la période () ". L'article 242 sexies de l'annexe II au code général des impôts précise que : " Les entreprises placées sous le régime simplifié souscrivent chaque année, au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai la déclaration mentionnée au 3 de l'article 287 du code général des impôts suivant le modèle prescrit par l'administration () ".
8. Il résulte de l'instruction que la SARL JMG Immo, soumise au régime simplifié d'imposition, devait déposer sa déclaration de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2016 avant le 3 mai 2017. Dès lors, le délai imparti pour réparer une omission de déclaration de taxe déductible au titre de l'année 2016 expirait le 31 décembre 2019. La société a déposé une telle déclaration rectificative, incluant le crédit de taxe déductible qu'elle détenait au titre de l'année 2016, le 30 décembre 2019. A cette date, le droit à déduction n'était pas périmé. Par conséquent, la SARL JMG Immo détient un crédit de taxe déductible au titre de l'année 2016 dont elle pouvait ultérieurement demander le remboursement lors du dépôt de ses déclarations annuelles. En l'espèce, la société a régulièrement présenté une telle demande de remboursement dans sa déclaration relative à l'année 2021 déposée le 3 mai 2022 soit dans le délai requis. Par suite, c'est à tort que l'administration a rejeté sa demande de remboursement au motif qu'elle serait tardive. L'administration ne justifie pas d'un autre motif de refus opposable à cette demande, ni dans son principe ni dans son montant.
9. Il s'ensuit que la requérante est fondée à demander que lui soit accordé le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible qu'elle a mentionné sur sa déclaration relative à l'année 2021, pour un montant de 35 249 euros.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la SARL JMG Immo en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à la SARL JMG Immo le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible qu'elle a mentionné sur sa déclaration relative à l'année 2021, pour un montant de 35 249 euros.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL JMG Immo une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée JMG Immo et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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