mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400819 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2024, M. A C, représenté par Asea avocats par l'intermédiaire de Me Sevino, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas à lui verser la somme provisionnelle de 8 762, 81 Euros brut au titre de la rémunération de Monsieur C pour les mois écoulés de janvier et février 2024, soit la somme de 32 380, 52 euros net, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- Placé en arrêt maladie à compter du 19 novembre 2023 et jusqu'au 1er avril 2024, excepté une reprise le 27 novembre 2023, à l'occasion de la procédure de licenciement de l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas, initiée publiquement à son encontre et achevée par sa radiation des cadres le 1er mars 2024, sa rémunération ne lui a pas été intégralement versée, notamment au titre de son traitement des mois de janvier et février 2024, ainsi que de ses heures supplémentaires, de la prime de partage de la valeur, de ses frais de déménagement, ainsi que d'une garantie prévoyance qui est payée à l'Office du tourisme et qui couvre 85% de sa rémunération ;
- Au titre de sa rémunération annuelle, il n'a perçu que 2 911, 95 euros brut pour janvier 2024 et rien pour février 2024, alors qu'il aurait du percevoir 5 837, 38 euros brut par mois ; il a donc droit à 2 925, 43 euros brut pour janvier et 5 837, 38 euros brut pour février, soit 8 762, 81
euros brut soit 7 7 47 euros net ;
- Au titre de ses heures supplémentaires, sa rémunération aurait dû être de 8 409, 81 euros net, calculé sur la base des heures effectuées en 2023, en application de l'article 3 de l'accord collectif d'entreprise car il bénéficie de l'annualisation de son temps de travail, car il a un nombre d'heures supplémentaires de 198, 16 heures ; le nombre d'heures supplémentaires réalisées par
-
Monsieur C est étayé par le relevé d'information intégral tenu à l'office de tourisme et à mettre à jour auprès du système de comptage ; or, il n'a rien perçu à ce titre ;
- Au titre de ses RTT et congés non pris, il a droit à 15 113, 62 euros brut, soit 12 594, 68 euros net, conformément à la masse horaire justifiant ces droits dans le relevé d'information intégral tenu par l'Office du tourisme lui-même où le reste dû en décembre s'élève à 24, 5 pour passer à 29, 50 en février 2024 ;
- Au titre de ses frais de déménagement, il a également droit, conformément à la délibération n° 22/12/04 du 16 décembre 2022 relative à ses frais, à l'indemnisation des frais de déménagement pour un montant de 2 929, 03 euros net ;
- Au titre de la prime de partage de la valeur, en application de l'article 12 de l'accord collectif d'entreprise qui reprend les dispositions de l'article 1er de la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesure d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat, tout le " personnel " de l'Office du tourisme bénéficie de cette prime. Il bénéficie à ce titre de la prime de partage de la valeur pour un montant de 1 000 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas, représenté par Me Olivier Grimaldi, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, subsidiairement à son rejet au fond et à la condamnation de
M. C à la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- A titre principal, la requête est irrecevable faute de réclamation indemnitaire préalable liant le contentieux, et faute de décision de refus intervenue préalablement, et car le requérant ne peut utilement réclamer la condamnation définitive mais seulement une provision ;
- Subsidiairement, la créance n'est pas certaine car :
- Au titre de sa rémunération, le montant demandé n'est pas précisé ni démontré ; conformément à l'article 7 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, l'agent public a droit au maintien de sa rémunération à plein traitement pendant 30 jours et au maintien du demi-traitement pendant 30 jours ; l'intéressé a donc bénéficié : d'un plein traitement sur la période du 29/11/2023 au 28/12/2023 d'un montant de 6 117.90 euros, d'un demi-traitement sur la période du 29/12/2023 au 30/12/2023 d'un montant de
203.93 euros, d'un demi-traitement sur la période du 1er janvier 2023 au 28/01/2024 d'un montant de 2 911.86 euros brut, en ce qui concerne le mois de février 2024, il a perçu des indemnités journalières à hauteur de 1 499.01 euros brut ;
- l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas n'a perçu aucune rémunération au titre de la garantie de prévoyance ;
- en contrepoint, M. C a perçu 7 7 91, 81 euros, 6 239, 79 euros au titre du préavis non effectué compte tenu des arrêts de travail, outre des congés payés au titre de 2023, la somme de 7 791, 84 euros sur la période du 28 décembre 2023 au 21 février 2024 et
1 113, 12 euros ;
- au titre des heures supplémentaires, l'accord collectif n'est pas applicable à la situation de Monsieur C, lequel dispose du statut d'agent public contractuel et, ne peut donc être soumis aux dispositions de l'accord d'entreprise, ni des dispositions du code du travail ; en outre les prétendues heures supplémentaires n'ont jamais été demandées, validées ni autorisées par le président de l'Office, et ne correspondent pas à celles inscrites dans le logiciel Aloa ;
- au titre des congés payés et des jours RTT, les congés non pris ont été indemnisés sur le bulletin de Mars 2024, alors qu'aucune disposition n'impose le paiement des RTT non pris ;
- au titre des frais de déménagement, le déménagement de Monsieur C n'entre pas dans le cadre d'un changement de résidence administrative, mais est lié à un licenciement ;
-
- au titre de la prime de partage de la valeur, l'accord d'entreprise signé le 18 janvier 2023 entre l'Office de tourisme de la ville de Bormes les Mimosas et ses salariés n'est pas applicable à la situation de Monsieur C, lequel dispose du statut d'agent public contractuel et, ne peut donc être soumis aux dispositions de l'accord d'entreprise, ni des dispositions du code du travail ; sa reconduction n'est pas automatique en 2024 au surplus.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit : Sur la provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Pour demander la condamnation de l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas, établissement public industriel et commercial, au paiement d'une provision,
M. C soutient que, placé en arrêt maladie à compter du 19 novembre 2023 et jusqu'au 1er avril 2024, excepté une reprise le 27 novembre 2023, à l'occasion de la procédure de licenciement de l'office de Tourisme, initiée publiquement à son encontre et achevée par sa radiation des cadres le 1er mars 2024, sa rémunération ne lui a pas été intégralement versée, notamment au titre de son traitement des mois de janvier et février 2024, ainsi que de ses heures supplémentaires, de la prime de partage de la valeur, de ses frais de déménagement, ainsi que d'une garantie prévoyance.
3. Toutefois, il résulte de l'instruction que :
- au titre de sa rémunération, le montant demandé n'est pas démontré, alors que l'office de Tourisme fait valoir que l'article 7 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 susvisé relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dispose que l'agent public a droit au maintien de sa rémunération à plein traitement pendant 30 jours et au maintien du demi-traitement pendant 30 jours, et compte tenu que M. C a perçu diverses sommes au titre de son traitement et d'indemnités journalières ;
- l'office de Tourisme fait valoir en outre sans être contredit n'avoir perçu aucune rémunération au titre de la garantie de prévoyance ;
- au titre des heures supplémentaires, l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas fait valoir que l'accord collectif n'est pas applicable à la situation de Monsieur C ;
-
- au titre des congés payés et des jours RTT, l'office de Tourisme soutient que les congés non pris ont été indemnisés sur le bulletin de paie de mars 2024, alors qu'aucune disposition n'impose le paiement des RTT non pris ;
- au titre des frais de déménagement, le déménagement de Monsieur C n'entre pas dans le cadre d'un changement de résidence administrative, mais est lié à un licenciement ;
- au titre de la prime de partage de la valeur, l'office de Tourisme fait valoir que l'accord d'entreprise signé le 18 janvier 2023 entre l'Office de tourisme de la ville de Bormes les Mimosas et ses salariés n'est pas applicable à la situation de Monsieur C.
4. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation de l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas envers M. C ne présente pas en l'état de l'instruction un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité, de rejeter la requête.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser les frais exposés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la charge des parties les ayants exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à l'office de Tourisme de la commune de Bormes les Mimosas.
Fait à Toulon, le 17 avril 2024.
Le juge des référés, Signé
JF. B
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier