Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant par ordonnance, a rejeté la requête d'un agent contractuel de La Poste contestant le recouvrement d'un trop-perçu de salaire. La juridiction a estimé que le litige, né de l'exécution d'un contrat de droit privé, relevait manifestement de la compétence de l'ordre judiciaire et non de la juridiction administrative. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et sur le statut de société anonyme de La Poste défini par la loi du 2 juillet 1990.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, et un mémoire complémentaire enregistré le 28 janvier 2026, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 10 novembre 2025 par laquelle la direction des ressources humaines, direction de la paie, de La Poste Groupe (CSRH Méditerranée) lui réclame un trop-perçu de salaire d’un montant de 527,50 euros à la suite du recalcul des indemnités journalières de sécurité sociale effectué lors d’une régularisation en septembre 2025 de son arrêt de travail en lien avec un accident de travail du 1er au 12 janvier 2023 ;
2°) d’ordonner, le cas échéant, la restitution de toute somme déjà prélevée ;
3°) de mettre les dépens à la charge de La Poste.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l’organisation du service public de La Poste et à France Télécom, modifiée notamment par la loi n° 2010-123 du 9 février 2010 relative à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...).
2. D’autre part, en vertu de l’article 1-2 de la loi du 2 juillet 1990 modifiée, relative à l'organisation du service public de La poste et des télécommunications, La Poste est une société anonyme à participation majoritaire de l’Etat. En vertu de l’article 31 de cette loi, modifié par l’article 11 de la loi n° 2010-123 du 9 février 2010, la société La Poste emploie librement des agents contractuels sous le régime des conventions collectives.
3. Il résulte de l'instruction que M. B... a été recruté par le directeur de La Poste, en vertu d’un contrat à durée indéterminée conclu à compter du 2 juillet 2007, en qualité d’agent rouleur distribution relevant du niveau de classification I-2, en application des dispositions légales, réglementaires et conventionnelle en vigueur à La Poste. Ce contrat, qui a été conclu entre ce dernier et la société La Poste est un contrat de droit privé. Il appartient en principe à l’autorité judiciaire de se prononcer sur les litiges nés de la conclusion, de l’exécution et de la rupture d’un tel contrat, même si l’employeur est une personne publique gérant un service public à caractère administratif. Il lui appartient à ce titre de se prononcer sur les litiges relatifs aux salaires versés au titre de ces contrats. Par suite, la requête de M. B... doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Toulon, le 12 mars 2026.
La présidente de la 4ème chambre,
Signé
M. C...
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.