lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CALMELS-MOTARD-POUZIEUX-ROBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2021, la SAS Vegetarian Gourmet, représentée par Me Pouzieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle la préfète de la Charente a rejeté les demandes d'autorisation de travail sollicitées pour M. G F et M. B D ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Charente d'accorder les autorisations de travail sollicitées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la décision a été prise par une autorité incompétente ;
-elle est entachée d'erreurs manifestes d'appréciations.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2022, la préfète de la Charente conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thévenet-Bréchot,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la décision contestée du 22 mars 2021, la préfète de la Charente a rejeté les demandes d'autorisation de travail sollicitées par le gérant de la SAS Vegetarian Gourmet pour M. G F et M. B D, ressortissants marocains titulaires de cartes de séjour italiennes.
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, M. C H, directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Nouvelle Aquitaine (DIRECCTE) a donné subdélégation de signature à Mme E A, directrice du travail, dans le champ de l'emploi et des entreprises et dans le champ du travail pour les actions autres que celles de l'inspection de la législation du travail. En outre, M. C H avait lui-même reçu délégation de signature de la préfète de la Charente par un arrêté du 24 août 2020, aisément accessible sur le site internet de la préfecture. Par suite, la décision attaquée n'est entachée d'aucun vice d'incompétence.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. () ". Aux termes de l'article R. 5221-20 du même code : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ; / 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule ; () / 3° le respect par l'employeur, l'utilisateur mentionné à l'article L. 1251-1 ou l'entreprise d'accueil de la législation relative au travail et à la protection sociale ; () ".
4. La société Vegetarian Gourmet soutient que M. F et M. D ne travaillaient pas sur le site de l'usine lors de la visite de l'inspecteur du travail et n'y sont pas domiciliés. Elle fait valoir qu'elle a effectué de bonne foi les démarches pour régulariser ces deux salariés qu'elle employait dans son usine en Italie et qu'elle a fait venir en France.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que lors de la visite de l'inspecteur du travail le 22 février 2021, M. F et M. D travaillaient dans l'entreprise alors qu'ils ne possédaient pas de titre de séjour les y autorisant, le gérant reconnaissant lui-même qu'ils l'aidaient à monter une chambre froide. En outre, il n'est pas contesté que M. F et M. D n'ont pas suivi les formations requises en hygiène alimentaire. Enfin, si lors du contrôle, l'employeur a affirmé héberger les intéressés à son domicile à Roullet-Saint-Estèphe, les demandes d'autorisation de travail mentionnent une domiciliation à l'adresse de l'entreprise Vegetarian Gourmet à Nersac, sur le site de laquelle se trouvent cependant deux caravanes habitées. Par suite, la préfète de la Charente était fondée à refuser de délivrer les autorisations de travail sollicitées par la société Vegetarian Gourmet au profit de M. G F et de M. B D.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par la société Végetarian Gourmet doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société Végetarian Gourmet est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Vegetarian Gourmet et à la préfète de la Charente.
Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLe président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026