mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2301820 |
| Type | Décision |
| Formation | 1ère chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 juillet 2023 et le 8 février 2024, M. C B et Mme A B, représentés par Me Echard, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2022 à raison de l'ensemble immobilier dont ils sont propriétaires situé 14, rue Gallieni à Rochefort (Charente-Maritime) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les logements qu'ils mettent en location sont affectés à une usage professionnel exclusif au 1er janvier 2022 et ils ne se réservent pas la possibilité de jouir de ces appartements ; la circonstance que la gestion ne soit pas déléguée à un tiers ne saurait les priver de l'exonération de taxe d'habitation ; en décidant d'inscrire les logements à l'actif du bilan de loueur en meublé, ils ont, de jure, par application de la théorie jurisprudentielle de l'acte anormal de gestion, renoncé à toute usage privatif ;
- ils sont fondés à se prévaloir des énonciations des paragraphes nos 20, 30 et 40 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TH-10-20-20 et des paragraphes nos 30 et 40 de la documentation administrative référencée BOI-BIC-CHG-10-10-30.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 janvier 2024 et le 16 février 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pipart, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer seul sur les litiges énumérés par cet article.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Pipart a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B et Mme A B ont été assujettis à la taxe d'habitation au titre de l'année 2022 pour un montant de 3 739 euros, à raison de l'ensemble immobilier dont ils sont propriétaires situé 14, rue Gallieni à Rochefort (Charente-Maritime). Par une réclamation du 11 décembre 2022, rejetée le 3 mai 2023, ils ont contesté ladite imposition. Par la présente requête, M. et Mme B demandent la décharge de l'imposition litigieuse.
Sur la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation est due : 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation (). II. - Ne sont pas imposables à la taxe : 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables () ". L'article 1408 de ce code dispose : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Selon l'article 1415 du même code, la taxe d'habitation est établie pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition.
3. Il résulte de ces dispositions qu'est en principe redevable de la taxe d'habitation le locataire d'un local imposable au 1er janvier de l'année d'imposition. Toutefois, par dérogation à ce principe, lorsqu'un logement meublé fait l'objet de locations saisonnières ou de courte durée, le propriétaire du bien est redevable de la taxe d'habitation dès lors qu'au 1er janvier de l'année de l'imposition, il peut être regardé comme entendant en conserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année. En effet, dans ce dernier cas, le bien doit être regardé comme constituant une habitation personnelle du propriétaire. Dans pareil cas, le propriétaire est redevable tant de la taxe d'habitation que de la cotisation foncière des entreprises, sauf s'il en est exonéré par ailleurs.
4. Lorsqu'un propriétaire met son logement en location saisonnière ou de courte durée sans intermédiaire ou par des intermédiaires qui, comme des plateformes en ligne, se bornent à mettre en relation des propriétaires et des locataires, il conserve, juridiquement, la possibilité d'occuper le bien ou de le faire occuper gracieusement par des tiers, comme de la famille ou des proches. Il doit alors être regardé comme entendant en conserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année.
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe d'habitation.
6. M. et Mme B soutiennent qu'ils mettent leurs biens en location par le biais des plateformes " Airbnb ", " Le bon coin " et de l'office de tourisme de la ville de Rochefort, qu'ils ne les occupent pas et qu'ils les mettent en location tout au long de l'année. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des estimations non contestées réalisées par le service sur la base des relevés de taxe de séjour, que le taux d'occupation moyen annuel des appartements des requérants se situerait entre 20 % et 75 %. De surcroît, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait une contrainte juridique, telle par exemple que la passation d'un mandat exclusif de gestion par une agence ou une plateforme qui ferait obstacle à ce que les requérants puissent en jouir lorsqu'ils ne sont pas occupés. Par ailleurs, la circonstance que les 11 logements soient inscrits à l'actif du bilan de l'entreprise individuelle de Mme B est sans incidence sur la capacité des requérants à disposer et jouir des biens en question en dehors des périodes de location. Dans ces conditions, et quelle que soit la bonne foi des contribuables, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que M. et Mme B, au 1er janvier 2022, conservaient la possibilité de disposer du logement lorsqu'il était libre de toute occupation et qu'elle les a assujettis à la taxe d'habitation à raison des appartements qu'ils possèdent à Rochefort.
Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :
7. Si M. et Mme B se prévalent des énonciations des énonciations des paragraphes nos 20, 30 et 40 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TH-10-20-20 et des paragraphes nos 30 et 40 de la documentation administrative référencée BOI-BIC-CHG-10-10-30 qui, toutefois, ne font pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle qui en a été faite aux points 2 à 6 du présent jugement dans la mesure, notamment, où les requérants conservent la disposition et la jouissance de leurs logements en dehors des périodes de location.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demandent M. et Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. PIPARTLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302969
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. A... tendant au dégrèvement partiel de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023. Le requérant invoquait ses revenus modestes et sa fille étudiante à charge pour bénéficier du plafonnement prévu à l'article 1391 B ter du code général des impôts. Le tribunal a jugé que son revenu fiscal de référence de 17 015 euros ne pouvait être réduit de la somme liée à un plan d'épargne retraite, faute de justifier de versements effectifs. Par conséquent, la condition de revenus n'étant pas remplie, la demande de dégrèvement a été rejetée.
13/01/2026
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2400088
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation du refus implicite de communication de la décision ayant ordonné sa fouille à nu. La juridiction a considéré que l'administration pénitentiaire avait démontré l'absence d'un document formalisé correspondant à la demande, en raison d'une évolution informatique, et avait fourni des explications suffisantes sur les motifs de la fouille. Le tribunal a ainsi jugé que le refus de communication n'était pas illégal, en application des articles L. 300-1 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration, combinés aux articles L. 225-1 et R. 225-1 du code pénitentiaire.
13/01/2026
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2303347
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. B... tendant à la décharge de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires à laquelle il a été assujetti au titre de 2023 pour un logement meublé situé à Puymoyen. Le tribunal a jugé que, bien que le bien soit loué occasionnellement via une plateforme en ligne, le propriétaire en conserve la disposition personnelle une partie de l'année, ce qui le rend redevable de la taxe en application des articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts. La solution retenue est fondée sur le fait que la location saisonnière n'exclut pas l'usage personnel du logement par le propriétaire.
13/01/2026