jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2402176 |
| Type | Décision |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEDEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 août 2024 et le 4 mars 2025, Mme B C, représentée par Me Ledeux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la commission de l'académie de Poitiers a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 11 juin 2024 du directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Charente-Maritime ayant rejeté sa demande d'autorisation d'instruction dans la famille pour sa fille A ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Poitiers de lui octroyer une autorisation d'instruction dans la famille sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 25 juillet 2024 est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute pour l'administration de justifier de la composition régulière de la commission académique ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnait les dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait l'intérêt supérieur de l'enfant dès lors que l'itinérance de la famille est établie.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrés le 13 novembre 2024 et le 10 mars 2025, le recteur de l'académie de Poitiers conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2402177 du 30 août 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Balsan-Jossa,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a sollicité, au titre de l'année scolaire 2024-2025, l'autorisation d'instruire dans la famille son enfant A, née en février 2013. Par une décision du 25 juillet 2024, la commission académique du rectorat de Poitiers a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 11 juin 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale de la Charente-Maritime a rejeté sa demande d'autorisation précitée. Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article D. 131-11-10 du code de l'éducation : " Toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite par les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée par le recteur d'académie. ". Aux termes de l'article D. 131-11-11 du même code : " La commission est présidée par le recteur d'académie ou son représentant. / Elle comprend en outre quatre membres : / 1° Un inspecteur de l'éducation nationale ; / 2° Un inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional ; / 3° Un médecin de l'éducation nationale ; / 4° Un conseiller technique de service social. / Ces membres sont nommés pour deux ans par le recteur d'académie. / Des membres suppléants sont nommés dans les mêmes conditions que les membres titulaires. ".
3. La requérante soutient qu'il n'est pas justifié de la régularité de la composition de la commission académique qui a statué sur son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision de refus d'autorisation du 11 juin 2024.
4. D'une part, si en réponse à une mesure d'instruction qui lui a été adressée en ce sens, le recteur a produit l'arrêté portant désignation des membres de la commission et un extrait du procès-verbal de la réunion de cette commission portant sur la situation de A, ni les noms des membres présents ni leur signature ne figurent sur ce procès-verbal. Dans ces conditions, l'administration n'établit pas que la commission académique qui s'est prononcée sur la demande de Mme C était régulièrement composée au regard de l'article D. 131-11-11 du code de l'éducation et s'est valablement prononcée sur le recours qu'ils ont formé.
5. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. En l'espèce, et alors que la réunion de la commission académique constitue une garantie pour les personnes s'étant vu refuser l'autorisation d'instruire leur enfant en famille, l'absence d'éléments permettant de s'assurer de la régularité de la composition de la commission ne permet pas de vérifier si une éventuelle irrégularité sur ce point aurait pu avoir une incidence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision de rejet opposée à son recours est entachée d'une illégalité.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juillet 2024 par laquelle la commission de l'académie de Poitiers a rejeté son recours préalable contre la décision du 11 juin 2024 du directeur de l'académie de la Charente-Maritime ayant rejeté la demande d'autorisation d'instruction en famille pour sa fille A au titre de l'année scolaire 2024-2025.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
9. Eu égard au moyen d'annulation retenu, et alors qu'aucun autre moyen de la requête n'apparaît de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, il y a lieu, par application de ces dispositions, d'enjoindre au recteur de l'académie de Poitiers de réexaminer la demande de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 juillet 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Poitiers de réexaminer la demande de Mme C à assurer l'instruction en famille de son enfant A au titre de l'année scolaire 2024-2025 dans un délai de deux mois à compter du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Potiers.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 avril 2025.
La rapporteure,
Signé
S. BALSAN-JOSSA
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La greffière,
Signé
D. MADRANGE
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. MADRANGE
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190
Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.
08/04/2026