vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2500292 |
| Type | Décision |
| Formation | étrangers JU |
| Avocat requérant | TREBESSES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2025, et un nouveau mémoire du 17 février 2025, Mme D A, représentée par Me Trebesses, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2025 notifié le 31 suivant, par lequel le préfet de la Gironde a décidé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer l'attestation correspondante ou à défaut de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été adopté par une autorité incompétente, faute de preuve d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas justifié qu'elle ait reçu, dans une langue qu'elle comprend, l'ensemble des informations concernant la procédure ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel a été mené par une personne qualifiée, dans une langue comprise par la requérante et dans le respect du principe de confidentialité ;
- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet s'est abstenu de faire application de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2025, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cristille, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cristille, magistrat désigné a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue en présence de Mme Berland, greffière d'audience.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est une ressortissante bangladaise née le 31 décembre 1995. Elle déclare être entrée sur le territoire français le 15 novembre 2024. Elle s'est présentée à la préfecture de police de Paris le 9 décembre 2024 afin d'y déposer une demande d'asile. Le relevé de ses empreintes décadactylaires et leur comparaison au moyen du système " Visabio " a révélé qu'elle avait franchi les frontières de l'Espace Schengen muni d'un visa délivré par les autorités espagnoles valables du 12 novembre 2024 au 26 décembre 2024. Les autorités de ce pays ont été saisies le 8 janvier 2025 d'une demande de prise en charge sur le fondement de l'article 12-2 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Elles ont explicitement accepté la prise en charge le 14 janvier 2025 sur la base de ce même article. Par un arrêté du 23 janvier 2025, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de la Gironde a alors prononcé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B C, cheffe du bureau de l'asile, qui disposait par arrêté du 30 septembre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2024-216 de la préfecture, librement accessible sur le site internet de la préfecture de la Gironde d'une délégation de signature du préfet de la Gironde à l'effet de signer " toutes décisions () pris[es] en application du livre V (partie législative et réglementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ( CESEDA) ", au nombre desquelles figurent les décisions de transfert. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative () ". Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, et qui indique les éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers, " et notamment ses articles 7-2 et suivants " compris dans un chapitre III intitulé " critères de détermination de l'Etat membre responsable " ainsi que l'article 18 relatif aux " obligations de l'Etat membre responsable ". L'arrêté motive la décision de transfert vers l'Espagne par le fait que la consultation du fichier Visabio a permis d'établir qu'à la date de sa demande d'asile déposée en France, l'intéressée était en possession d'un visa en cours de validité, délivré par les autorités espagnoles, avant d'ajouter que les autorités espagnoles, lesquelles ont explicitement accepté sa prise en charge, " doivent donc être regardées comme étant responsables de la demande d'asile () ". Il résulte de ce qui précède que l'arrêté de transfert est suffisamment motivé en droit et en fait. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de la motivation de l'arrêté en litige que le préfet de la Gironde n'aurait pas procédé à un examen sérieux et approfondi de la situation de la requérante. Par suite le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".
7. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement susvisé doit se voir remettre, dès que le préfet est informé qu'il est susceptible d'entrer dans son champ d'application et, en tout cas, avant la décision par laquelle il refuse l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, dans une langue qu'il comprend. Eu égard à la nature de cette information, la remise de la brochure prévue par ces dispositions constitue une garantie pour l'intéressé. Toutefois, lorsque l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement n° 604/2013 a eu lieu, mais que la brochure commune devant être communiquée à la personne concernée en exécution de l'obligation d'information prévue à l'article 4 de ce règlement ou à l'article 29, paragraphe 1, sous b), du règlement n° 603/2013 ne l'a pas été, le juge national chargé de l'appréciation de la légalité de la décision de transfert ne saurait prononcer l'annulation de cette décision que s'il considère, eu égard aux circonstances de fait et de droit spécifiques au cas d'espèce, que le défaut de communication de la brochure commune a, nonobstant la tenue de l'entretien individuel, effectivement privé cette personne de la possibilité de faire valoir ses arguments dans une mesure telle que la procédure administrative à son égard aurait pu aboutir à un résultat différent.
8. Il ressort des pièces produites en défense que Mme A s'est vu remettre, le 9 novembre 2024, lors de son entretien individuel à la préfecture de police de Paris la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quels pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Ces deux brochures, incluant l'ensemble des informations nécessaires aux demandeurs d'asile, lui ont été délivrées contre signature, en langue bengali, langue que la requérante a déclaré comprendre. Par ailleurs, le résumé de l'entretien, produit par l'administration, précise que l'intéressée a été informée de la procédure engagée à son encontre et ne fait apparaître aucune difficulté de compréhension ou de communication entre Mme A et l'agent de la préfecture ayant conduit cet entretien. Il s'ensuit que la requérante n'a pas été privée des garanties prévues par l'article 4 du règlement précité. En conséquence, le moyen tiré de ce que l'arrêté de transfert contesté serait entaché d'un vice de procédure au regard de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 5. L'entretien a lieu dans les conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national () ". Il ne résulte pas de ces dispositions que devrait figurer sur le compte-rendu de l'entretien individuel la mention de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien. Toutefois, il appartient à l'autorité administrative, en cas de contestation sur ce point, d'établir par tous moyens que l'entretien a bien, en application des dispositions précitées de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national.
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a bénéficié, le 9 décembre 2024, de l'entretien individuel prévu par les dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé avec le concours d'un interprète de la société ISM Partenariat en langue bengali, ainsi qu'en atteste sa signature apposée sans réserve au bas du résumé de l'entretien. Cet entretien, dont rien ne permet de penser qu'il n'a pas eu lieu dans des conditions garantissant sa confidentialité, et dont le résumé comporte le cachet de la préfecture de police de Paris précisant le bureau, à savoir celui de l'accueil et de la demande d'asile, a été mené par un agent de la préfecture de police de Paris, dont le nom complet est d'ailleurs révélé dans la fiche établie par ISM Interprétariat versée au dossier et qui doit être présumé comme qualifié en vertu du droit national. La requérante ne fournit aucun élément pertinent de nature à renverser cette présomption alors que le résumé de cet entretien atteste par l'ensemble de ses mentions de la qualité de cet entretien au regard du processus de détermination de l'État membre responsable. En signant ce résumé sans émettre aucune objection, Mme A est réputée avoir obtenu les explications et les précisions nécessaires. Dans ces conditions, dès lors qu'elle ne conteste sérieusement ni l'exactitude ni l'exhaustivité des mentions portées sur le résumé de cet entretien qui retranscrit notamment ses déclarations sur sa situation personnelle, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé.
11. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3 du règlement du 26 juin 2013 : " () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable () ". Aux termes de l'article 17, paragraphe 1, du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Selon l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. / Une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7. Elle mentionne la procédure dont il fait l'objet. Elle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat. / Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'Etat d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre Etat. ".
12. Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
13. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.
14. Si Mme A se prévaut de sa vulnérabilité, intrinsèque à son statut de demandeur d'asile, il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier qu'elle présenterait une vulnérabilité particulière faisant obstacle à son transfert vers l'Espagne.
15. La requérante évoque, ensuite, le risque d'être renvoyée dans son pays d'origine qui l'exposerait par ricochet à des risques de mauvais traitements dans son pays d'origine et contraires aux stipulations précitées des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, la décision de transfert vers l'Espagne n'a ni pour objet ni pour effet de reconduire l'intéressée vers son pays d'origine. En outre, elle n'établit pas que sa propre demande d'asile serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que l'Espagne est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Gironde, en ne faisant pas application de la clause dérogatoire, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet se serait placé en situation de compétence liée. Le moyen doit également être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D É C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Gironde
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025
Le magistrat désigné,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
C. BERLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. MADRANGE
N°2500292
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2600895
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant sur un recours pour excès de pouvoir, a annulé les arrêtés préfectoraux du 5 mars 2026 ordonnant l'éloignement, l'interdiction de retour et l'assignation à résidence de M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu une méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne (article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux), privant l'intéressé de la possibilité de présenter utilement ses observations avant l'adoption des mesures. Le tribunal a également accordé à M. B... l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle en raison de l'urgence de statuer.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2600887
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête d'un ressortissant tunisien visant à suspendre une obligation de quitter le territoire français (OQTF) de 2023 et à annuler une assignation à résidence de 2026. Le tribunal a jugé que l'assignation à résidence, prise en application des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), constitue une mesure d'exécution de l'OQTF et non une nouvelle décision attaquable en tant que telle. Il a estimé que le requérant n'établissait pas de changement de circonstances de droit ou de fait de nature à faire obstacle à son éloignement, et a rejeté ses autres moyens, y compris l'invocation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2600830
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. C... visant à annuler son assignation à résidence de 45 jours. Le tribunal a jugé que le préfet était compétent pour signer l'arrêté, que le droit d'être entendu avait été respecté, et que la mesure était légalement fondée sur les articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les autres moyens, notamment ceux relatifs à la motivation et à la situation personnelle, ont également été écartés.
23/03/2026
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2501600
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir d'un ressortissant turc, a rejeté ses demandes d'annulation d'un arrêté de refus d'attestation de demandeur d'asile et d'une obligation de quitter le territoire (OQTF), ainsi que d'un arrêté d'assignation à résidence. La juridiction a jugé que l'OQTF était légale, notamment car le réexamen de la demande d'asile était irrecevable, et que l'assignation à résidence était justifiée par le risque de fuite. Les décisions s'appuient sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
20/03/2026