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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2500324

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2500324

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2500324
TypeDécision
Avocat requérantLEDEUX

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Poitiers a été saisi en référé-suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative par M. D, voisin immédiat, contestant la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable délivrée à M. C pour un hangar, ainsi que le refus du maire de Muron de retirer cette décision et d’exercer ses pouvoirs de police. Le requérant invoquait l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, en raison de l’insuffisance du dossier de déclaration, d’un changement de destination non déclaré, et de nuisances sonores affectant sa santé et celle de sa famille. La commune de Muron a opposé l’irrecevabilité de la requête et l’absence d’urgence, arguant de l’achèvement des travaux et de l’absence de preuve de l’impact sanitaire des nuisances. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que la condition d’urgence n’était pas remplie, les travaux étant achevés et les nuisances sonores invoquées ne présentant pas un caractère suffisamment grave pour justifier une suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 6, 17 et 24 février 2025, M. E D, représenté par Me Ledeux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du maire de la commune de Muron de non opposition à la déclaration préalable déposée par M. C, intervenue tacitement le 11 août 2024 et confirmée le 20 août suivant, ainsi que de la décision du 9 décembre 2024 par laquelle le maire a refusé de retirer cette décision et de mettre en œuvre ses pouvoirs de police ;

2°) d'enjoindre au maire de Muron ou, en cas de carence, au préfet de la Charente-Maritime, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, d'une part, de faire dresser un procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme à l'encontre de M. C et d'en transmettre copie au ministère public, d'autre part, de prendre toute mesure nécessaire pour faire cesser les nuisances sonores subies par lui-même et sa fille mineure ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative

Il soutient que :

- sa requête est recevable car il a intérêt à agir en tant que voisin immédiat du hangar qui a fait l'objet de la déclaration préalable contestée ; en outre, le délai de recours contentieux contre la décision de non opposition, qui n'a pas fait l'objet d'un affichage, n'a pas commencé à courir ; par ailleurs, au regard du prix du recommandé, il est établi que le recours gracieux a été notifié à M. C ; enfin, il n'avait pas l'obligation de notifier son recours contentieux au préfet ;

- la condition d'urgence est remplie car d'une part, elle est présumée en matière d'urbanisme et les travaux ne peuvent pas être regardés comme achevés dès lors qu'aucune déclaration d'achèvement et de conformité des travaux n'a été produite, d'autre part le refus du maire de faire usage de ses pouvoirs de police générale, sur le fondement de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, et spéciale sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, porte gravement atteinte à ses intérêts et à ceux de sa famille car il les expose à des nuisances sonores d'un niveau tel qu'il porte atteinte à leur santé ; si le maire fait valoir qu'il a mis en demeure M. C de remédier aux nuisances constatées, la situation n'a pas évolué à ce jour ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision de non opposition pour les motifs suivants :

* le dossier de déclaration préalable est insuffisant au regard des exigences de l'article R. 421-17 de l'urbanisme et entaché de fraude car M. C n'y fait pas état de sa qualité de professionnel et ne mentionne pas le changement de destination du bâtiment qui, dès lors qu'il est une annexe à la maison principale à usage d'habitation, est réputé avoir la même destination ; au vu des éléments produits par la commune, le hangar n'avait une vocation artisanale que partielle ;

* la décision contestée méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme car elle autorise une activité artisanale de menuiserie / ébénisterie, à l'origine de nuisances importantes, dans un secteur Ub, dont la vocation est purement résidentielle et qui se trouve en outre en zone rurale ;

* pour les mêmes motifs, le projet autorisé ne s'insère pas dans les lieux avoisinants, et la décision contestée méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

* pour les mêmes motifs, le projet autorisé méconnaît l'article U1 du règlement du PLU, qui interdit les projets " qui ne sont pas compatibles avec le caractère de la zone " ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision du maire refusant d'utiliser ses pouvoirs de police spéciale de l'urbanisme car, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, celui-ci a l'obligation de constater les infractions aux règles d'urbanisme, notamment dans le cas d'un changement de destination opéré sans déclaration préalable ; en l'espèce, le maire de la commune était informé de ce changement de destination au plus tard depuis mars 2024 ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision du maire refusant d'utiliser ses pouvoirs de police générale dès lors que le trouble à la tranquillité publique résultant des nuisances sonores provoquées par l'activité de la société est amplement démontré et a été porté à sa connaissance à plusieurs reprises depuis mars 2024 ; les actions que le maire revendique avoir entrepris face à cette situation auraient dû être engagées plus rapidement.

Par un mémoire enregistré le 17 février 2025, la commune de Muron, représentée par Me Viel, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. D la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est dépourvue d'objet, et donc irrecevable, en ce qu'elle demande la suspension de la déclaration préalable alors que les travaux qui font l'objet de cette autorisation ont été entièrement exécutés ;

- la requête au fond est irrecevable car il n'est pas établi que la décision de non opposition n'aurait pas été affichée ; en outre, la notification du recours gracieux au pétitionnaire était incomplète car elle ne comportait pas de copie du recours gracieux, et le recours contentieux n'a pas été notifié au préfet ;

- il n'y a pas d'urgence à suspendre la décision de non opposition car les travaux autorisés ont été entièrement exécutés ; en outre, les requérants ne démontrent pas l'impact des nuisances sonores qu'ils dénoncent sur leur santé ; enfin, il y a lieu de prendre en compte les intérêts économiques qui s'attachent à la poursuite de l'activité de l'entreprise de M. C ;

- il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision de non opposition contestée car, en tant que propriétaire de la parcelle, M. C était légitime à déposer la demande, en outre, il n'y a pas eu de changement de destination puisqu'il ressort de l'application gouvernementale DVF comme des mentions figurant sur le relevé cadastral que la parcelle de M. C a une double destination, à usage d'habitation pour la maison et de local industriel et commercial pour le hangar ; du reste le hangar était utilisé à des fins commerciales par l'ancien propriétaire, qui exerçait une activité de mécanicien automobile, et par M. C depuis qu'il est devenu acquéreur en 2022 ; par ailleurs, le projet autorisé, qui ne prévoit pas de construction nouvelle ou d'extension d'un bâtiment existant et qui porte uniquement sur un changement d'aspect de façade, le remplacement d'une menuiserie et la création d'une ouverture, ne méconnaît pas les articles R. 111-2 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ni le règlement de la zone Ub du PLU ;

- il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision refusant de dresser procès-verbal d'une infraction car, en l'absence de changement de destination, il n'existe pas d'infraction à la réglementation d'urbanisme ;

- aucune carence ne peut être reprochée au maire de la commune qui a effectué des diligences pour remédier à la situation dénoncée par le requérant et mis M. C en demeure de remédier à la situation dans un délai de deux mois par un courrier du 23 décembre 2024, après avoir fait établir le 18 novembre 2024 un procès-verbal de constat.

La requête a été communiquée à M. C, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2500322 par laquelle M. D demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 26 février 2025 en présence de Mme Gibault, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu les observations de :

- Me Ledeux, pour M. D, présent à l'audience, qui reprend les moyens développés dans sa requête et soutient que sa demande de suspension conserve un objet puisque l'infraction aux règles d'urbanisme ainsi que les nuisances perdurent ; que, dès lors qu'aucun document d'urbanisme n'atteste de la destination à usage professionnel du hangar, M. C était tenu de régulariser la situation dans sa déclaration préalable ; qu'en tout état de cause, les informations produites par la commune n'attestent de la vocation artisanale du hangar que pour un quart de sa surface ; que la commune n'établit pas sérieusement que la zone Ub où se trouve sa maison serait à usage mixte habitation/activités professionnelles ; que la commune ne l'a pas informé de ce qu'elle avait adressé une mise en demeure à M. C ; que cette mise en demeure n'était pas nécessaire puisqu'une première mise en demeure lui avait déjà été adressé auparavant ; que dans ces conditions, les mesures prises, au regard des nuisances existantes, ne peuvent pas être regardées comme suffisantes ;

- Me Viel, pour la commune de Muron, qui reprend l'argumentation développée dans ses mémoires et soutient que l'environnement sonore de la maison du requérant est également affecté par le bruit de la route située à proximité, que la maire de la commune, qui ne compte que 1 350 habitants, n'est pas restée inactive et s'efforce de trouver une solution qui respecte les droits et intérêts de M. D comme de M. C ; qu'elle a fait dresser un constat par un commissaire de justice, mais que celui-ci lui a indiqué que le matériel dont il disposait pour évaluer le niveau sonore n'était pas de niveau professionnel, et qu'elle a en conséquence déposé une requête en référé expertise auprès du tribunal administratif.

A la suite de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au 28 février à 12h00 par une ordonnance du 26 février 2025.

Par un mémoire enregistré le 27 février 2025, la commune de Muron conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens.

Par un mémoire enregistré le 28 février 2025 à 11h15, M. D conclut aux mêmes fins que précédemment par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. D est propriétaire d'une maison d'habitation située 4ter rue des Vallées, sur le territoire de la commune de Muron. Son voisin, M. C, exerce depuis l'année 2022 une activité de menuiserie / ébénisterie dans un hangar situé sur la même parcelle que sa maison d'habitation. En février 2024, M. C a acquis de nouvelles machines et fait installer dans le hangar un système d'aspiration industriel. M. D, estimant que cette modification de l'activité de son voisin générait des nuisances sonores dépassant ce qui est acceptable, a écrit à la maire de la commune les 5 et 17 mars 2024 pour l'informer de cette situation et lui demander d'intervenir. Le 11 juillet 2024, M. C a déposé une déclaration préalable portant sur le changement d'aspect de la façade du hangar, le remplacement d'une menuiserie et la création d'une ouverture. Une décision tacite de non-opposition est née à expiration d'un délai d'un mois, et la commune a délivré à l'intéressé un certificat en ce sens le 20 août 2024. Par un courrier du 15 octobre 2024, M. D a formé un recours gracieux contre cette décision de non-opposition et il a demandé à la maire de Muron de faire usage de ses pouvoirs de police prévus par l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme pour constater l'infraction aux règles d'urbanisme commise par M. C, et de faire usage de ses pouvoirs de police générale pour faire cesser les nuisances résultant de l'activité de ce dernier. Ce recours a été rejeté dans son ensemble par une décision de la maire de Muron du 9 décembre 2024. M. D demande au juge des référés de suspendre l'exécution, d'une part, de la décision de non opposition à la déclaration préalable déposée par M. C, d'autre part, du refus de la maire de la commune de Muron de dresser un procès-verbal d'infraction sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme et de faire usage de ses pouvoirs de police générale prévus par l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne la décision de non opposition à déclaration préalable :

3. Il résulte de l'instruction que M. C a déposé une déclaration préalable le 11 juillet 2024 pour régulariser des modifications sur son hangar qui avaient déjà été effectuées et que, par suite, les travaux autorisés par la décision de non opposition en litige était entièrement exécutés à la date de la demande de suspension présentée par M. D. Dans ces conditions, en dépit du fait que la déclaration d'achèvement des travaux n'a pas été déposée, cette demande de suspension est dépourvue d'objet et, dès lors, irrecevable.

En ce qui concerne le refus de dresser un procès-verbal d'infraction sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : () / 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; () ".

6. Il résulte de l'instruction que le hangar dans lequel M. C exerce son activité a été utilisé par l'ancien propriétaire pour une activité de mécanique automobile et poids lourd entre 1989 et 2007 et qu'il a été déclaré, au moins pour partie, comme local à usage professionnel dans une demande présentée par cet ancien propriétaire qui a donné lieu à la délivrance d'un permis de construire le 28 novembre 1979. Dans ces conditions, l'argumentation présentée par M. D quant à la non-conformité aux dispositions du code de l'urbanisme du changement de destination dont aurait fait l'objet ce hangar n'est pas de nature à faire naître, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision par laquelle la maire de Muron a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction en application des dispositions citées au point 4 de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de cette décision.

En ce qui concerne le refus de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser les nuisances sonores :

7. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, y compris les bruits de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique () ". Il appartient au maire, en vertu de ces dispositions citées de prendre les mesures appropriées pour empêcher ou faire cesser, sur le territoire de sa commune, les bruits excessifs de nature à troubler le repos des habitants.

8. Il résulte de l'instruction que la maire de Muron, après avoir été saisie du recours formé par M. D le 15 octobre 2024, a mandaté un commissaire de justice qui s'est déplacé le 18 novembre 2024 et a réalisé des relevés acoustiques à l'aide d'un sonomètre d'usage courant. Ces relevés ont permis de constater que l'usage des machines installées dans le hangar de M. C est à l'origine d'un niveau d'émergence sonore supérieur aux limites fixées par les articles R. 1336-6 et suivant du code de la santé publique. La maire a donc adressé à ce dernier, le 23 décembre 2024, un courrier le mettant en demeure de remédier à cette situation dans un délai de deux mois et lui indiquant qu'à défaut, elle serait contrainte de dresser un procès-verbal d'infraction et de la transmettre au procureur de la République. Dans la mesure où, à la date de la présente ordonnance, le délai ainsi donné à M. C avait expiré depuis moins de deux semaines, le moyen invoqué par M. D, tiré de la carence de la maire de Muron à faire usage de ses pouvoirs de police pour remédier aux nuisances qu'il dénonce, n'est pas de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de cette décision.

Sur les frais de l'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Muron, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ce dernier la somme demandée au même titre par la commune.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Muron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D, à la commune de Muron et à M. B C.

Fait à Poitiers, le 5 mars 2025.

La juge des référés,

signé

I. A

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière

Signé

D. MADRANGE

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