mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2500551 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | MARINE BAUDRY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 25 février, 4, 10, 11 et 12 mars 2025, Mme E A, représentée par Me Rouché, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 5 avril 2024 par laquelle le maire de la commune de Nieul-sur-Mer n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par Mme D pour la réalisation d'une extension sur une maison située 6 rue du Coquier, ainsi que de la décision de non-opposition délivrée le 11 mars 2025 à la suite du dépôt d'une déclaration préalable modificative ;
2°) de mettre à la charge de la commune et de Mme D une somme de 4 000 euros chacune sur le fondement de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 420 euros correspondant aux frais de commissaire de justice ;
Mme A soutient que :
- sa requête en annulation est recevable car le délai de recours contentieux n'a commencé à courir qu'à compter de l'affichage de la décision contestée, fin janvier 2025, et elle a intérêt à agir en tant que voisine immédiate du projet, qui porte atteinte aux conditions d'utilisation et de jouissance de sa maison du fait notamment de sa hauteur, ainsi qu'en justifie le constat réalisé par un commissaire de justice qu'elle verse au dossier ;
- la condition d'urgence est remplie car les travaux ont commencé, ce qui résulte également du constat versé au dossier ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision du 5 avril 2024, qui n'a pas été régularisée par la décision du 11 mars 2025, pour les motifs suivants :
- le signataire des décisions doit justifier de sa compétence ;
- le dossier de la déclaration préalable est insuffisant et entaché de deux contradictions s'agissant de l'abattage de deux arbres et de la modification du réseau d'eaux pluviales existant ;
- la décision méconnaît l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme car le projet relevait d'un permis de construire en application du b) de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il porte sur la création de plus de 20 m2 de surface de plancher et porte la surface totale de la construction à plus de 150 m2 ;
- elle méconnaît les articles R. 421-27 et R. 421-28 du code de l'urbanisme car le projet aurait dû faire l'objet d'un permis de démolir dès lors qu'il implique la démolition de la charpente et de la toiture existante ainsi que la démolition partielle de plusieurs murs de façade ;
- elle méconnaît les articles L. 431-1 et R. 431-2 du code de l'urbanisme car le dossier de demande d'autorisation n'a pas été établi par un architecte ;
- elle méconnaît l'article 2.2 de l'OAP " Construire Aujourd'hui " car le projet génère des ombres portées et ajoute un étage partiel à l'habitation ;
- elle méconnaît les articles 4.4 et 4.5 de l'OAP " Construire Aujourd'hui " car l'extension projetée est mal proportionnée et son volume n'est pas cohérent avec l'existant ;
- elle méconnaît l'article 1.6 des dispositions générales du PLUi relatives à l'aspect extérieur des constructions, notamment parce que les ouvertures et les décrochements multiples de la façade ne sont pas en harmonie avec la construction principale ;
- elle méconnaît l'article 1.11 des dispositions générales du PLUi relatives aux modalités de gestion des eaux pluviales dès lors que le dossier ne comporte aucune indication sur cet aspect ;
- elle méconnaît l'article 1.3.5 de l'OAP " Patrimoine bâti " relatif à la réalisation d'une extension car le projet n'est ni en continuité ni en harmonie avec le bâtiment d'origine, ne présente pas un gabarit moins important, se situe à l'avant et emporte une surélévation partielle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UV 4 du PLUi relatives à l'implantation et l'insertion des extensions de constructions existantes;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UV 5.1 du PLUi relatives au coefficient de biotope exigible ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UV 5.2 du PLUi relatives au traitement des espaces libres et des aires de stationnement ;
- la déclaration préalable aurait dû inclure une demande de régularisation de travaux réalisés antérieurement sans autorisation, à savoir le cloisonnement du porche accolé à la maison principale et la transformation de bâtiments annexes en surface habitable ;
- ces modifications ont été intentionnellement dissimulées dans le dossier de déclaration préalable, ce qui constitue une fraude ;
Par des mémoires enregistrés les 5 et 12 mars 2025, la commune de Nieul-sur-Mer conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante ne démontre pas son intérêt à agir ;
- la requérante ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence car aucune précision n'est apportée sur l'état des travaux ;
- une décision de non-opposition modificative a été délivrée par arrêté du 11 mars 2025, qui régularise la décision initiale, notamment en ce qui concerne l'obligation de demander un permis de construire, puisque la surface du porche n'a pas à être intégrée dans la surface plancher de l'existant ;
- il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté.
La requête a été communiquée à Mme D, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2500549 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 12 mars 2025 en présence de Mme Berland, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Rouché, pour la requérante, qui reprend ses écritures et précise que le porche situé devant la maison est clos par des bardages en bois et crée donc de la surface plancher ; que le projet se trouve au sein du périmètre de l'OAP " Patrimoine bâti ", qui ne concerne pas uniquement les bâtiments identifiés à ce titre ; que la fermeture du porche comme les travaux effectués sur le bâtiment annexe nécessitaient une autorisation d'urbanisme et devaient donc être régularisés à l'occasion de la déclaration préalable contestée ;
- les observations de Me Macé, pour la commune de Nieul-sur-Mer, qui maintient son argumentation et soutient que la pose d'un bardage en bois sur le porche ne crée pas de surface plancher ; que les travaux effectués sur le bâtiment situé en fond de parcelle sont sans rapport avec le présent litige ; qu'il n'y a eu aucune manœuvre frauduleuse sur ce point car ce bâtiment est représenté sur les plans joints au dossier ;
- les observations de Mme D, qui précise qu'elle a retardé la réalisation de son projet pour des raisons indépendantes de sa volonté ; qu'elle a fait arrêter les travaux dès qu'elle a eu connaissance du recours introduit par Mme A ; qu'elle a fait clore le porche accolé à sa maison par des bardages en bois, de part et d'autre, car celui-ci doit permettre d'entrer dans la maison, l'entrée préexistante ayant vocation à être supprimée du fait de la réalisation de l'extension.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour Mme A a été enregistrée le 14 mars 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 avril 2024, le maire de la commune de Nieul-sur-Mer n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par Mme D pour la réalisation d'une extension sur sa maison, située 6 rue du Coquier. Par un nouvel arrêté du 11 mars 2025, intervenu en cours d'instance, le maire a pris une décision de non-opposition modificative à la suite du dépôt par Mme D le 6 mars 2025 d'une demande portant rectification de la surface plancher avant travaux déclarée initialement. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions du 5 avril 2024 et 11 mars 2025.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ( ). ". Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction
4. Il résulte de l'instruction que Mme A est propriétaire d'une maison d'habitation, qui constitue sa résidence principale, située au 4 rue du Coquier à Nieul-sur-Mer. Elle est voisine immédiate du terrain d'assiette du projet, lequel doit s'implanter pour partie en limite séparative et emporte une surélévation de la maison existante qui sera visible depuis sa propriété. Dans ces conditions, Mme A justifie d'un intérêt pour agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme. La fin de non-recevoir opposée par la pétitionnaire doit donc être écartée.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. ".
6. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
7. La commune de Nieul-sur-Mer ne justifie d'aucune circonstance particulière lui permettant de renverser la présomption mentionnée au point précédent, alors qu'il résulte de l'instruction que les travaux autorisés avaient démarré lorsque la requête a été introduite. Par suite, Mme A justifie de la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne les moyens susceptibles de créer un doute sérieux sur la légalité des décisions du 5 avril 2024 et du 11 mars 2025 :
8. Aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : () b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques, les exploitations agricoles ou les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés ; () ".
9. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme : " () la surface de plancher de la construction s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment (). ".
10. Enfin, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, le propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux doit présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation.
11. Il résulte de l'instruction que, dans le dossier initial de déclaration préalable, Mme D a indiqué que la surface plancher existante était de 125 m2 et que la surface plancher créée était de 34,80 m2, ce qui porte la surface plancher totale de la construction au-dessus du seuil de 150 m2 prévu au a) de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme. La demande a été rectifiée sur ce point dans le dossier déposé par la pétitionnaire le 6 mars 2025, qui a donné lieu à la délivrance d'une décision rectificative de non opposition du 11 mars 2025, et qui mentionne une surface plancher existante avant travaux de 104,80 m2. La commune soutient que cette correction était justifiée dès lors que le porche attenant à la construction principale, d'une surface d'environ 20 m2, ne crée pas de surface plancher puisqu'il n'est pas clos. Toutefois, il résulte des photographies produites, ainsi que des déclarations de Mme D à l'audience, que les deux côtés ouverts du porche ont été clos récemment par des bardages en bois, dont l'un comporte une porte, afin de créer une nouvelle entrée principale dans la maison, l'ancienne ayant vocation à disparaître du fait de la construction de l'extension projetée.
12. Il s'ensuit que les moyens tirés de ce que, le projet nécessitant la délivrance d'un permis de construire, les décisions contestées méconnaissent l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme ainsi que les articles L. 431-1 et R. 431-2 du même code, relatifs à l'obligation de recourir à une architecte, apparaissent propres, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions de non-opposition contestées.
13. Par ailleurs, dès lors qu'il n'apparaît pas que la fermeture du porche attenant à la construction principale ait fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme, le moyen tiré de ce que la demande d'autorisation aurait dû inclure la régularisation de ces travaux est également de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité des arrêtés en litige.
14. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
15. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution des arrêtés du 5 avril 2024 et du 11 mars 2025.
Sur les frais de l'instance :
16. D'une part, la production du procès-verbal dressé par commissaire de justice le 14 février 2025 ayant été utile à la résolution du litige, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Nieul-sur-Mer à ce titre le remboursement à Mme A de la somme de 420 euros.
17. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Nieul-sur-Mer au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune la somme de 1 200 euros à verser à la requérante sur le fondement des mêmes dispositions, et de rejeter les conclusions présentées par cette dernière à l'encontre de Mme D.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des arrêtés du maire de Nieul-sur-Mer en date du 5 avril 2024 et du 11 mars 2025 est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
Article 2 : La commune de Nieul-sur-Mer versera à Mme A la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que la somme de 420 euros au titre des dépens de l'instance.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Nieul-sur-Mer présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A, à Mme B D et à la commune de Nieul-sur-Mer.
Fait à Poitiers, le 18 mars 2025.
Le juge des référés,
Signé
I. C
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE