Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... contestant une décision de la CAF des Deux-Sèvres lui accordant une remise partielle de dette de prime d'activité (384,16 euros restant dus). Le juge a considéré que la requête, qui ne comportait que des allégations générales sur l'incapacité de payer, était insuffisamment motivée. Malgré une invitation à régulariser via un formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative, le requérant n'a fourni aucun élément précis sur sa situation financière. En application du 7° de l'article R. 222-1 du même code, la requête a été rejetée comme ne permettant pas d'en apprécier le bien-fondé.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 16 octobre 2025 par laquelle la directrice de la caisse d’allocations familiales des Deux-Sèvres ne lui a accordé qu’une remise partielle d'une dette de prime d’activité, laissant à sa charge la somme de 384,16 euros.
Par une lettre du 6 novembre 2025, M. B... a été invité à régulariser sa requête en complétant sa motivation, à l’aide notamment du formulaire pré-rempli prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ». Aux termes de l’article R. 611-8-2 même code : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 dudit code : « (…) Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a ainsi été adressé, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai (…) ».
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse de l’indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
4. En l’espèce, la requête présentée par M. B... tend à l’annulation de la décision du 16 octobre 2025 par laquelle la directrice de la caisse d’allocations familiales des Deux-Sèvres ne lui a accordé qu’une remise partielle d'une dette de prime d’activité, laissant à sa charge la somme de 384,16 euros. Toutefois, si le requérant fait état de son incapacité à payer cette dette, il n’apporte aucun élément précis sur sa situation, notamment financière. Par un courrier du 6 novembre 2025, transmis par l’application « Télérecours », il a été invité à régulariser sa requête, dans un délai de quinze jours, à l’aide du formulaire pré-rempli prévu à cet effet, par application de l’article R. 772-6 du code de justice administrative. M. B..., qui est réputé avoir eu connaissance de cet envoi, en l’absence d’accusé de réception, le 8 novembre suivant en application de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, n’a produit, ni à l’expiration du délai qui lui était imparti ni même après celui-ci, aucun document susceptible de compléter la motivation de sa demande. Par suite, sa requête, qui ne comporte pas suffisamment de précision pour permettre au tribunal d’en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Poitiers, le 7 janvier 2026.
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE