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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2001630

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2001630

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2001630
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS RENAUDIE LESCURE BADEFORT COULAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés le 9 novembre 2020, le 3 décembre 2020, le 1er avril 2021, et le 26 février 2024 l'Office public de l'habitat Brive habitat, représenté par la Selarl Renaudie Lescure Badefort Coulaud, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Qualiconsult immobilier à lui verser une somme totale de 101 080,60 euros, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises par cette société dans l'exécution d'un marché portant sur la réalisation d'une mission de diagnostic immobilier, préalable à une opération de démolition portant sur deux immeubles situés sur le territoire de Brive-la-Gaillarde.

2°) de mettre à la charge de la société Qualiconsult immobilier la somme de 5 500 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la condamner aux entiers dépens, y compris ceux du référé et de l'expertise judiciaire.

Il soutient que :

- la société Qualiconsult immobilier a commis une faute lors de l'exécution du marché qui lui a été confié, dès lors qu'une quantité plus importante de matériaux à traiter a été détectée par cette société au mois de novembre 2018, faisant suite à un premier rapport réalisé au mois d'avril 2018 ; il ressort du rapport d'expertise réalisé que la société n'a pas respecté la norme professionnelle qui lui était applicable ; les insuffisances entachant le rapport de diagnostic amiante constituent un manquement aux obligations contractuelles de la société ;

- il sollicite la condamnation de la société à lui verser les sommes de 38 566 euros et 10 812 euros au titre de la garde du chantier et de l'immobilisation du matériel, la somme de 7 851,36 euros au titre de l'obturation du hall d'entrée et des fenêtres du rez-de-chaussée du bâtiment, la somme de 8 600 euros au titre du dossier de gestion des déchets repris à la suite de l'oubli d'éléments amiantés et pollués, la somme de 4 560 euros correspondant à un complément de diagnostic de substitution, la somme de 9 981,40 euros correspondant au coût de la résiliation du marché, la somme de 13 610 euros au titre du repli du matériel facturé par la société AD, la somme de 2 500 euros correspondant à un complément de mission du coordinateur sécurité, la somme de 3 500 euros au titre du nettoiement du terrain et la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice d'image ;

- il sollicite par ailleurs la somme de 3 727 euros au titre des frais correspondant à l'expertise judiciaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 janvier 2021 et le 23 février 2021, la société Qualiconsult immobilier demande :

1°) à titre principal, le rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, que la société Avenir déconstruction la garantisse de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

3°) que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de l'Office public de l'habitat Brive habitat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la recherche d'amiante obéit à une méthodologie fixée par un décret du 7 février 1996 modifié par un décret du 3 juin 2011 ; l'expert n'a procédé qu'à une brève réunion et n'a pas procédé à la réalisation d'un diagnostic amiante ; l'expert s'est évertué à relever ses manquements sans relever aucune erreur dans son second rapport de diagnostic ; il est au courant que plusieurs diagnostics sont nécessaires et qu'ils évoluent ;

- les frais de désamiantage incombent seulement à l'OPH Brive habitat ;

- les frais d'arrêt de chantier ne sauraient être pris en compte puisque le second rapport du 5 novembre 2018 était complet ; à cette date, l'OPH a décidé unilatéralement d'interrompre le chantier ; le même raisonnement doit conduire au rejet de l'indemnisation des factures correspondant à l'obturation du hall et des fenêtres ainsi que du repli du matériel ;

- le diagnostic portant sur l'immeuble situé allée Simonet ne concerne pas le présent litige ;

- l'état du bâtiment n'étant pas nouveau, l'OPH ne démontre pas l'existence d'un préjudice d'image ;

- la responsabilité au titre des opérations de désamiantage n'incombe qu'à la société Avenir déconstruction bien que le diagnostic amiante soit inclus dans la liste des documents à prendre en considération, cette entreprise restant seule responsable de la détection des produits et matériaux amiantés.

Par une ordonnance du 25 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 février suivant.

Des pièces demandées en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative ont été produites par l'Office public de l'habitat Brive habitat le 26 février 2024 et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner,

- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure publique,

- les observations de Me Guyonvarch, pour la société Qualiconsult immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. L'Office public de l'habitat Brive habitat (ci-après OPH Brive habitat), a signé le 11 septembre 2017 avec la société Qualiconsult immobilier un acte d'engagement portant sur la réalisation de diagnostics immobiliers de son patrimoine, en vue d'une opération de démolition de deux immeubles situés rue Courteline, et allée Simonet, sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde. Un premier rapport a été rendu le 19 avril 2018 par la société Qualiconsult immobilier, puis un marché public de déconstruction a été conclu avec la société Avenir déconstruction, comprenant l'enlèvement et la gestion des déchets amiantés. Après le début des travaux, la société Avenir déconstruction a signalé des difficultés quant au repérage de l'amiante et sollicité une nouvelle campagne de repérage, qui a été réalisée le 1er novembre 2018. Le chantier a été interrompu à compter du 5 novembre 2018. L'Office public de l'habitat Brive habitat demande au tribunal de condamner la société Qualiconsult immobilier à lui verser une somme totale de 101 080,60 euros, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises par cette société dans l'exécution d'un marché portant sur la réalisation d'une mission de diagnostic immobilier, préalable à une opération de démolition portant sur deux immeubles situés sur le territoire de la commune de Brive-la-Gaillarde.

En ce qui concerne la responsabilité contractuelle pour faute de la société Qualiconsult immobilier :

2. En premier lieu, si l'exécution de l'obligation du débiteur d'une prestation d'étude prend normalement fin avec la remise de son rapport et le règlement par l'administration du prix convenu, sa responsabilité reste cependant engagée, en l'absence de toute disposition ou stipulation particulière applicable à ce contrat, à raison des erreurs ou des carences résultant d'un manquement aux diligences normales attendues d'un professionnel pour la mission qui lui était confiée, sous réserve des cas où, ces insuffisances étant manifestes, l'administration aurait, en payant la prestation, nécessairement renoncé à se prévaloir des fautes commises.

3. Il résulte du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) applicable au marché conclu entre l'OPH et la société Qualiconsult immobilier que les opérations de diagnostic d'amiante réalisées par la société Qualiconsult dans le cadre de l'acte d'engagement signé le 11 septembre 2017 sont régies par le décret n° 96-97 du 7 février 1996 modifié par un décret n° 2011-629 du 3 juin 2011 et soumises à la norme NF X46-020. Cette norme, dont les dispositions ont été produites par la société Qualiconsult immobilier, précise, d'une part au point D.2, que " dans des cas très exceptionnels, qui doivent être justifiés, certaines parties d'un ouvrage ne sont pas accessibles. L'opérateur de repérage doit indiquer les investigations complémentaires qui devront être réalisées et les raisons pour lesquelles ces investigations n'ont pas été réalisées ". D'autre part, la norme définit, au point 5.1, la notion de " pré-rapport ", en précisant qu'un tel document doit être établi dans le cas d'une mission de repérage non achevée ". Au point 5.1.1, la norme indique qu' " en cas d'inaccessibilité () ou d'obligation d'investigations destructives qu'il ne peut réaliser, l'opérateur de repérage précise dans son pré-rapport les interventions que doit faire réaliser le donneur d'ordre ou les moyens à mettre en place ", puis au point 5.1.2 que lorsque les locaux ou ouvrages restent inaccessibles, " l'opérateur de repérage en informe le donneur d'ordre et lui demande par écrit de prendre les mesures nécessaires pour pouvoir y accéder ", avant d'ajouter " si au moment de la rédaction du pré-rapport le donneur d'ordre n'a toujours pas résolu ce problème, l'opérateur de repérage doit l'indiquer et définir les actions précises à entreprendre pour que la mission puisse s'achever (). Dans ce cas, un avertissement mentionne clairement qu'il y a lieu de compléter le repérage ".

4. Il résulte de l'instruction que la société Qualiconsult immobilier a réalisé un premier rapport le 19 avril 2018, puis un second rapport le 1er novembre 2018 à la suite des sollicitations de la société Avenir déconstruction. La société Qualiconsult immobilier indique qu'il s'agissait d'un rapport correspondant à une " première phase ", qu'il est courant que les diagnostics évoluent et que les rapports soient complétés. Toutefois, le rapport établi le 19 avril 2018 concernant l'immeuble rue Courteline, ne comporte pas l'intitulé " pré-rapport ", lequel figure au contraire dans le rapport ultérieur établi par la société le 1er novembre 2018. Si le rapport établi au mois d'avril 2018 comprend, en page 40, une réserve relative aux conduits et éléments enterrés inaccessibles le jour de la visite, dont il est mentionné qu'ils resteront non évalués, et en page 43, un avertissement au terme duquel " il est possible que des revêtements de sol anciens () n'aient pas été détectés car masqués par un autre revêtement qu'il aura été impossible d'arracher ou enlever le jour de la visite ", cette formulation générale ne faisait pas état, de façon précise, d'une situation caractérisant une inaccessibilité d'une certaine partie des locaux, et la société en charge du diagnostic ne démontre pas avoir fait état d'une action à entreprendre pour que la mission puisse s'achever dans le rapport établi au mois d'avril 2018. Dans ces conditions, la société Qualiconsult immobilier ne démontre pas qu'elle aurait, de façon claire, entendu réaliser sa mission en deux étapes, si bien que le premier rapport établi le 19 avril 2018, dont il ressort du rapport d'expertise judiciaire que certains éléments amiantés ont échappé au contrôle (bardage en fibro ciment, dalles vinyles bleues, joins de bride de chaudière) et dont la société Avenir déconstruction a signalé la présence dès le début du chantier, n'avait pas vocation à être complété. En outre, dans son rapport établi le 5 juin 2020, l'expert, dont il ne ressort d'aucun élément qu'il aurait dû lui-même procéder à la réalisation d'un diagnostic amiante, précise que le rapport complémentaire établi au mois de novembre 2018 par la société a fait état de quantités plus importantes de matériaux amiantés à traiter (page 4) et qu'ont échappé au repérage initial la présence de dalles vinyliques bleues plus leur colle situées sous des dalles vinyles non amiantées, et que " les deux rapports ne font pas état de la vêture extérieure du bâtiment " (page 4). En ce qui concerne le fait de ne pas avoir alerté l'OPH Brive habitat quant à l'existence de matériaux devant être considérés comme implicitement pollués par l'amiante, l'expert indique en page 7 que l'opérateur " se devait d'effectuer des prélèvements sur toute l'épaisseur du composant () et sur toute l'enveloppe extérieure " et que " les attendus de la norme n'ont pas été respectés ". Concernant les dalles de revêtement de sol et les accessoires de chaudière, il ajoute à nouveau que " les attendus de la norme n'ont pas été respectés ". L'expert indique également, en page 8, à propos des dalles vinyles bleues présentes sous les dalles vinyles non amiantées que ces éléments " auraient dû être signalés " et " ont échappé au repérage initial ". A propos du bardage en plaque fibro-ciment utilisé pour créer une isolation du bâtiment par l'extérieur, l'expert indique " qu'il est clair que ce matériau devrait être mentionné dans le rapport et faire l'objet d'une analyse ". Il résulte de ces éléments que de nombreuses insuffisances, tenant tant à la quantité qu'aux matériaux amiantés dont la présence devait être détectée, affectaient non seulement le premier rapport établi par la société Qualiconsult immobilier, mais également, contrairement à ce que soutient cette société, son second rapport établi au mois de novembre 2018, dès lors que le rapport de l'expert précise en page 4 qu'aucun des deux rapports ne fait état de la vêture extérieure du bâtiment. Au regard des missions de diagnostic qui incombaient à la société Qualiconsult immobilier conformément à la norme NF X46-020, ces insuffisances constituent un manquement de la société à ses obligations contractuelles et engagent sa responsabilité à l'égard de l'OPH Brive habitat, qui est donc fondé à demander sa condamnation à réparer les préjudices présentant un lien de causalité directe avec ces fautes.

En ce qui concerne les préjudices de l'OPH Brive habitat :

5. En premier lieu, l'OPH demande à être indemnisé des préjudices correspondant aux frais de garde du chantier et à l'immobilisation du matériel du 1er novembre 2018 au 31 juillet 2019, puis du 1er août 2019 au 15 octobre 2019, ainsi que de l'obturation du hall d'entrée et des fenêtres du bâtiment rue Courteline. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expert, que la prise en compte d'une éventuelle présence d'amiante en amont de travaux est " cruciale " compte-tenu des enjeux liés à sa présence sur la santé des travailleurs, les délais et les surcoûts qu'elle peut entraîner. Si la société Qualiconsult immobilier soutient que l'arrêt du chantier n'est pas justifié après le 5 novembre 2018, dès lors que les conclusions de son second rapport n'ont pas été contestées, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'expert a souligné qu'aucun des deux rapports ne fait état de la vêture extérieure du bâtiment. En outre, si cette société ajoute que l'OPH a décidé unilatéralement d'interrompre le chantier et que rien ne justifie l'arrêt du chantier pendant près d'un an, il résulte de l'instruction, en particulier des courriers échangés entre les parties ou leurs représentants, que l'OPH a envisagé une reprise des travaux au mois de janvier 2019, laquelle a été retardée à la demande de la société Qualiconsult immobilier et de son assureur afin de procéder à des investigations sur le site. A la suite de ces investigations au regard du désaccord persistant entre les parties concernant la faute commise par Qualiconsult immobilier et dans l'attente du dépôt du rapport de l'expertise judiciaire sollicitée dès le mois de juin 2019 par le requérant, le chantier est resté à l'arrêt, lequel a donc pour principale origine les manquements précités de la société Qualiconsult immobilier. Le rapport d'expertise comporte, en annexes, deux factures de la société Avenir déconstruction correspondant aux sommes de 38 566 euros et de 10 812 euros. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce poste de préjudice en attribuant la somme de 49 378 euros TTC à l'OPH pour ce qui concerne la garde de chantier et l'immobilisation du matériel. Pour les mêmes motifs, il sera fait une exacte appréciation du préjudice lié à l'obturation du hall d'entrée et des fenêtres du rez-de-chaussée du bâtiment situé rue Courteline en attribuant la somme totale de 7 851,36 euros TTC à l'OPH justifié par la production de deux factures de société de menuiserie.

6. En deuxième lieu, l'OPH demande à être indemnisé du préjudice en lien avec les manquements précités commis par la société Qualiconsult immobilier correspondant au coût de la réalisation de diagnostics complémentaires, réalisés sur les deux immeubles rue Courteline et allée Simonet. Toutefois, le rapport d'expertise ne fait pas état de désordres relatifs au diagnostic réalisé sur le bâtiment allée Simonet, et le rapport de diagnostic daté du mois d'avril 2018 produit par le requérant au soutien de ses demandes concerne également le seul immeuble situé rue Courteline. Il sera donc fait une exacte appréciation de ce chef de préjudice en attribuant à l'OPH la somme totale de 4 800 euros TTC correspondant au seul immeuble de la rue Courteline.

7. En troisième lieu, l'OPH demande à être indemnisé du préjudice correspondant à la résiliation du marché conclu avec la société Avenir déconstruction. Il résulte de l'instruction que la résiliation de ce marché est intervenue principalement en raison de l'arrêt du chantier, qui a lui-même pour origine les manquements de la société Qualiconsult immobilier. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en accordant à l'OPH la somme demandée à ce titre de 9 981,40 euros, soit les frais de résiliation du marché hors taxe (5% du montant du marché non exécuté) figurant sur la facture du 31 décembre 2019 présentée par l'OPH.

8. En quatrième lieu, si l'OPH demande à être indemnisé des coûts correspondant au complément de mission du coordinateur sécurité et protection de la santé, elle ne justifie pas du montant du préjudice dont la réparation est sollicitée. Pour les mêmes motifs, il n'y a pas lieu d'attribuer à l'OPH la somme sollicitée au titre du nettoiement du terrain.

9. En cinquième lieu, si l'OPH demande à être indemnisé du coût correspondant à plusieurs factures de diagnostic " sur la gestion des déchets issus de la démolition ", il ne résulte d'aucune précision du rapport d'expertise, ni d'un autre élément produit par le requérant, que les manquements commis par la société Qualiconsult immobilier seraient en lien avec la partie du diagnostic relatif à la gestion des déchets. En l'absence de faute établie sur ce volet du diagnostic et d'explications du requérant concernant ce chef de préjudice, il n'y a pas lieu d'attribuer à l'OPH la somme demandée au titre du dossier de gestion des déchets repris.

10. En sixième lieu, si l'OPH demande à être indemnisé du coût du repli du matériel qui apparait sur le devis initial de la société Avenir déconstruction, toutefois il se borne à faire référence au devis initial de la société Avenir déconstruction et à indiquer que ce coût n'aurait pas dû lui être facturé dans le cadre du marché initial, sans étayer cette allégation et sans permettre au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ce chef de préjudice. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'accorder à l'OPH la somme demandée au titre de ce chef de préjudice.

11. En septième lieu, il sera fait une exacte appréciation du préjudice d'image subi par l'OPH en lui accordant la somme de 500 euros au titre de ce poste de préjudice.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Qualiconsult immobilier doit être condamnée à verser à l'OPH Brive habitat une somme totale de 72 510,76 euros.

Sur l'appel en garantie de la société Avenir déconstruction :

13. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la société Avenir déconstruction, à propos de laquelle le rapport de l'expert souligne qu'elle a répondu, comme les autres soumissionnaires, à un appel d'offres comportant diverses pièces dont le diagnostic repérage d'amiante, n'a commis aucune faute qui ait contribué à l'inexécution des obligations contractuelles de la société Qualiconsult immobilier à l'égard du maître d'ouvrage. En outre, l'expert précise que si, lors de leur intervention, ces sociétés peuvent, lors de la visite des lieux, " constater de visu l'étendue des travaux à réaliser elles n'ont ni la possibilité ni le droit de procéder à des prélèvements ou sondages destructifs ". Par suite, l'appel en garantie formé par la société Qualiconsult immobilier à l'égard de la société Avenir déconstruction doit être rejeté.

Sur les frais d'expertise :

14. Il y a lieu de mettre à la charge de la société Qualiconsult immobilier les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Limoges, liquidés et taxés à la somme de 3 727,05 euros TTC par une ordonnance du 30 juin 2020. Il appartiendra à la société Qualiconsult immobilier de rembourser à l'OPH la somme de 3 727,05 euros sur présentation du justificatif de son paiement.

Sur les frais du litige :

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Qualiconsult immobilier, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 800 euros à verser à l'OPH Brive habitat. En revanche, les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OPH Brive habitat la somme d'argent sollicitée par la société Qualiconsult immobilier au titre des frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er: La société Qualiconsult immobilier est condamnée à verser à l'Office public de l'habitat Brive habitat la somme totale de 72 510,76 euros (soixante-douze mille cinq cent dix euros et soixante-seize centimes).

Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 3 727,05 euros (trois mille sept cent vingt-sept euros et cinq centimes) TTC par ordonnance du président du tribunal administratif de Limoges du 30 juin 2020 sont mis à la charge définitive de la société Qualiconsult immobilier.

Article 3 : La société Qualiconsult immobilier versera à l'Office public de l'habitat Brive habitat la somme de 1 800 (mille huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5:Le présent jugement sera notifié à l'Office public de l'habitat Brive habitat, à la société Qualiconsult immobilier et à la société Avenir déconstruction.

Délibéré après l'audience du 19 mars 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

N. GAULLIER-CHATAGNER

Le président,

N. NORMAND

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef

A. BLANCHON

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