jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2100707 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 2 |
| Avocat requérant | MORA-PRADON VALLANCY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 avril 2021 et le 22 août 2023, Mme D A C, représentée par Me Mora, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 4 430,36 euros pour la période de décembre 2017 à octobre 2018 et pour le mois de février 2019, un indu de RSA majoré d'un montant de 2 869,94 euros pour la période de mars à novembre 2019 et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros pour le mois de décembre 2017 ainsi que la décision du 25 mai 2020 par laquelle la Caf de la Corrèze a complété la décision du 31 décembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire ;
3°) d'annuler la décision du 1er décembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze a mis à sa charge une amende administrative d'un montant de 1 065 euros ;
4°) de mettre à la charge de la Caf de la Corrèze et du département de la Corrèze une somme de 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 25 mai 2020 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte ni le nom ni la signature de son auteur ;
- les décisions du 31 décembre 2019 et du 25 mai 2020 sont entachées d'imprécisions, d'un défaut de motivation en ce qu'elles ne précisent pas les bases de calcul des indus litigieux et d'un vice de procédure en méconnaissance du caractère contradictoire de celle-ci ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation en ce qu'elles intègrent les gains de jeux à ses ressources trimestrielles et en ce qu'elles prennent en compte des sommes d'argent versées par ses grands-parents et son frère alors qu'elle se trouvait dans une situation exceptionnelle ;
- la décision du 1er décembre 2020 est illégale dès lors qu'elle n'a pas souhaité frauder en établissant des déclarations trimestrielles mensongères ; subsidiairement, le montant de l'amende administrative est excessif eu égard aux sommes réellement non déclarées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, la caf de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, le département de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Mme A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Normand, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Normand a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle était présente Me Pradon représentant Mme A C qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions du 31 décembre 2019 et du 25 mai 2020 :
1. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 31 décembre 2019 complétée par une décision du 25 mai 2020, la Caf de la Corrèze a notifié à Mme A C un indu de RSA d'un montant de 4 430,36 euros pour la période de décembre 2017 à octobre 2018 et pour le mois de février 2019, un indu de RSA d'un montant de 3 402,72 euros pour la période de décembre 2016 à novembre 2017, un indu de RSA majoré d'un montant de 2 869,94 euros pour la période de mars à novembre 2019 et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros pour le mois de décembre 2017. Le recours préalable obligatoire contre ces indus, formé le 22 janvier 2021, a été implicitement rejeté par le président du conseil départemental de la Corrèze. Le recours administratif préalable ayant un caractère obligatoire, la décision de rejet implicite s'est substituée aux décisions initiales. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme A C dirigées contre les décisions du 31 décembre 2019 et du 25 mai 2020, les moyens propres dirigés contre ces décisions étant inopérants.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 1er décembre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. ".
3. D'une part, il appartient au juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.
4. D'autre part, il résulte de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles qu'une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu d'apprécier si les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, et de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration ou une omission délibérée.
5. Il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental de la Corrèze a prononcé à l'encontre de Mme A C une amende administrative en se fondant sur la dissimulation d'une partie de ses ressources et l'établissement d'une fausse déclaration. Si l'intéressée soutient que les ressources non déclarées ne sont pas de nature à révéler une fraude en raison des informations que la Caf de la Corrèze lui a transmises et dès lors qu'elle n'a perçu des aides familiales que sur quatre mois, il résulte toutefois de l'instruction et en particulier du rapport d'enquête réalisé par un agent assermenté de la Caf de la Corrèze que l'intéressée a perçu plusieurs sommes d'argent entre les mois de juillet 2017 et juillet 2019. Par suite, Mme A C était passible d'une amende administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A C doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Caf de la Corrèze et du département de la Corrèze, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A C, au ministre des solidarités et des familles et au conseil départemental de la Corrèze. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
N. NORMANDLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
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Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
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Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
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