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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2201440

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201440

jeudi 13 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201440
TypeDécision
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges rejette la requête de M. A, demandeur d’asile, qui contestait la décision du 30 septembre 2022 de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) mettant fin à sa prise en charge dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) à Uzerche. Le requérant avait quitté l’hébergement après l’avoir accepté, invoquant des motifs d’éloignement des transports et commerces, mais le tribunal estime qu’il ne remet pas sérieusement en cause la légalité de la décision. La solution retenue est fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 et 17 octobre 2022, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) à Limoges a mis fin à sa prise en charge dans le lieu d'hébergement dont il bénéficiait jusqu'alors en qualité de demandeur d'asile au Cada " Le Roc " à Uzerche et lui a indiqué qu'il serait désormais domicilié au Spada situé au 68 rue de Babylone à Limoges ;

2°) d'enjoindre à l'Ofii de lui accorder un nouveau lieu d'hébergement.

Il soutient que :

- il a refusé l'hébergement au Cada " Le Roc " à Uzerche " pour certaines raisons, notamment le manque de transport, d'excellents marchés et le manque d'endroit où prendre de l'argent ", il a constaté dans la maison " des choses étranges " et il attendait depuis le 25 novembre 2021 " un endroit où dormir " ;

- il perçoit une allocation pour demandeur d'asile de 440 euros dont le montant n'est pas suffisant " pour acheter les besoins et tous les prix sont élevés " ;

- il est fondé à demander à ce qu'il soit enjoint à l'Ofii de lui accorder un nouveau lieu d'hébergement.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2023, l'Ofii conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant marocain né le 3 janvier 1990, M. A a déposé une demande d'asile en France le 25 novembre 2021 et s'est vu délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure Dublin. Le 27 septembre 2022, il a accepté, dans le cadre des conditions matérielles d'accueil accordées aux demandeurs d'asile, un hébergement au Cada " Le Roc " à Uzerche. Toutefois, indiquant alors refuser de vivre en colocation, que la gare et les commerces étaient trop loin de son logement, qu'Uzerche était une ville " trop petite " et qu'il se " suiciderait " s'il devait " rester là ", il a finalement quitté cet hébergement le 29 septembre 2022. Par une décision du 30 septembre 2022 la directrice territoriale de l'Ofii à Limoges a mis fin à sa prise en charge dans le lieu d'hébergement au Cada " Le Roc " à Uzerche et lui a indiqué qu'il serait domicilié au Spada situé au 68 rue de Babylone à Limoges. Par cette requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision du 30 septembre 2022.

2. En se bornant à soutenir qu'il a refusé l'hébergement au Cada " Le Roc " à Uzerche " pour certaines raisons, notamment le manque de transport, d'excellents marchés et le manque d'endroit où prendre de l'argent ", qu'il aurait constaté " des choses étranges " dans le logement, qu'il aurait attendu depuis le 25 novembre 2021 " un endroit où dormir " et qu'il percevait une allocation pour demandeur d'asile de 440 euros dont le montant n'aurait pas été suffisant " pour acheter les besoins [alors que] tous les prix sont élevés ", M. A ne remet pas sérieusement en cause la légalité de la décision du 30 septembre 2022 de la directrice territoriale de l'Ofii à Limoges.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Ce jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 18 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Revel, président,

M. Boschet, premier conseiller,

M. Christophe, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025.

Le rapporteur,

J.B. BOSCHET

Le président,

FJ. REVEL

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. C

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