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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400183

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400183

mardi 22 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400183
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantCOMBRADET MARTIAL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme C, dirigeante d’une SASU en liquidation judiciaire, qui contestait des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales pour 2018 et 2019. La requérante invoquait l’insuffisance de motivation de la décision de rejet de sa réclamation préalable, faute de transmission au liquidateur judiciaire. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, rappelant que les vices propres à la décision de rejet sont sans incidence sur le bien-fondé de l’imposition. La demande de décharge a donc été rejetée, de même que celle relative aux frais de justice, l’État n’étant pas la partie perdante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2024, Mme B C, représentée par Me Combradet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme à définir en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 29 novembre 2023 par laquelle l'administration a rejeté sa réclamation est insuffisamment motivée en ce qu'elle n'a pas été transmise au liquidateur judicaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-ouest conclut au rejet de la requête.

Il soutient les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées :

- le rapport de M. Crosnier,

- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C est la présidente et l'associée unique de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Br Auto, placée depuis le 6 octobre 2023 en liquidation judiciaire. L'entreprise a fait l'objet en 2021 d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a procédé à l'évaluation d'office des bénéfices imposables à l'impôt sur les sociétés des exercices clos en 2018 et 2019, qui ont été réputés distribués au profit de sa dirigeante, et les a taxés au titre de ces mêmes années à l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux de Mme C. L'administration a adressé une proposition de rectification à l'intéressée le 29 juillet 2021 et a admis partiellement le 29 novembre 2023 sa réclamation à hauteur de 863 euros pour l'année 2018. Mme C demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux d'un montant global de 42 115 euros, en droits et pénalités, auxquels elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 qui procèdent de ce chef de rectification.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

2. Aux termes de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales : " () En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée. / Les décisions de l'administration sont notifiées dans les mêmes conditions que celles prévues pour les notifications faites au cours de la procédure devant le tribunal administratif. ".

3. Les moyens tirés des vices propres entachant les décisions de l'administration fiscale rejetant la réclamation d'un contribuable sont sans influence sur la régularité ou le bien-fondé de l'imposition contestée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet de la réclamation préalable du 29 novembre 2023, au motif qu'elle n'aurait pas été transmise au liquidateur judiciaire de la société Br Auto alors, au demeurant, que la procédure de rectification concerne l'imposition sur le revenu et les cotisations sociales de la requérante, ne peut qu'être écarté comme inopérant.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la direction spécialisée de contrôle fiscal sud-ouest. Une copie sera transmise à Me Combradet.

Délibéré après l'audience du 8 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

M. Artus, président,

M. Crosnier, premier conseiller,

M. Martha, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2025.

Le rapporteur,

Y. CROSNIER

Le président,

D. ARTUS Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la

souveraineté industrielle et numérique en ce qui

le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun contre les

parties privées, de pourvoir à l'exécution de

la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. A

jb

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